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Arts de la table : Faïence et porcelaine

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Arts de la table : Faïence et porcelaine

ARTICLEFaïence fine ou porcelaine tendre ? Décor peint ou imprimé ? Dans le domaine vaste et varié des termes de la céramique, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Voici, peint à gros traits, l’essentiel de ce qu’il faut savoir.

La faïence

La faïence, telle que les Français la découvrent, est une poterie à base d’argile, colorée dans la masse, perméable à l’eau, à texture lâche, que l’on recouvre d’un émail opaque fait d’une solution alcalino-plombifère à laquelle est ajouté de l’oxyde d’étain. Cette glaçure, qui dissimule la couleur de la terre, peut recevoir des décorations de couleur, principalement du bleu cobalt. Pendant quatre siècles, les potiers n’ont de cesse d’améliorer la qualité de leurs pièces. Pour cela, ils agissent dans deux directions : la recherche d’une pâte toujours plus fine, plus dure et plus blanche, et le perfectionnement du décor, avec des couleurs les plus variées et des dessins de plus en plus élaborés.

Les premiers faïenciers français, aux XVIe et XVIIe siècles, pratiquent la technique du «grand feu», c’est-à-dire qu’ils peignent directement leur décor sur l’émail cru, appliquent ensuite une couverte et font cuire le tout à température élevée. C’est ainsi que l’on procède dans les grands centres de Nevers, de Rouen, de Môustiers, de Strasbourg et de Marseille, qui tirent le meilleur parti de cette technique malheureusement impuissante à fixer certaines couleurs, notamment les rouges. Mais, à la fin du  XVIIe siècle, Hannong, à Strasbourg invente le «petit feu», qui consiste à appliquer un décor polychrome sur une pièce déjà émaillée et cuite avant de repasser celle-ci dans un four à température modérée. Cette technique permet des décors d’une grande finesse et une large palette de couleurs ne supportant pas les températures élevées, tels le jaune vif ou le pourpre.

La faïence fine

Tandis que les décors deviennent de plus en plus élaborés, les potiers anglais mettent au point la « faïence fine ». Inventée en 1720 dans le Staffordshire, elle est perfectionnée par Josiah Wedgwood vers 1760. C’est une poterie à pâte opaque, blanche ou ivoire, à texture fine, dense et sonore, recouverte d’une glaçure transparente, relativement dure, composée d’un mélange alcalino-plombeux. Sa température de cuisson est d’environ 1100 °C. Les progrès, on le voit, concernent la couleur de la pâte, de plus en plus blanche, sa texture, de plus en plus fine, et sa solidité. Face à l’invasion anglaise de faïence fine, les Français réagissent. Ils sont en cela aidés par les potiers anglais nombreux à émigrer. Tout au long du XIXe siècle, leurs pâtes ne cessent de s’améliorer. C’est d’abord la terre de pipe puis la terre de Lorraine, un peu supérieure, puis le cailloutage à la manière anglaise et, enfin, la faïence feldspathique appelée aussi demi-porcelaine. Sarreguemines, Choisy- le-Roi, Gien, Creil, Montereau se voient attribuer nombre de prix aux expositions de produits industriels qui ont lieu dans la seconde moitié du XIXe siècle.

La porcelaine tendre

Parallèlement, les potiers continuent à rechercher le secret de la porcelaine chinoise. Le premier Français à découvrir une pâte proche de celle des Chinois est le Rouennais Edmé Poterat en 1673. Mais c’est la manufacture de Saint-Cloud, protégée par Philippe d’Orléans, le frère du Roi, puis par son fils, le Régent, qui donne à cette porcelaine dite « tendre » ses titres de noblesse. D’autres fabriques suivent, soutenues, elles aussi, par d’illustres protecteurs : Chantilly, par le prince de Condé, Mennecy, par le duc de Villeroy, Sceaux, par la duchesse du Maine, et Vincennes (qui deviendra la manufacture royale de Sèvres), par le roi. Les privilèges dont elles bénéficient permettent à ces manufactures de travailler à l’abri de la concurrence et de financer leurs recherches. Tout au long du XVIIe siècle, ces fabriques produisent des pièces d’une délicatesse incomparable. La Révolution abolira ces privilèges. La porcelaine tendre est une pâte sans kaolin, composée d’une argile calcaire blanche et d’un mélange de silice, d’alumine, de soude et de potasse. Après une première cuisson à 800 ou 900 °C, la pièce, appelée «biscuit», reçoit une couverte généralement transparente à base de plomb. La matière qui en résulte est translucide, laiteuse, proche de la porcelaine chinoise par son aspect mais moins dure, avec une couverte fragile, qui se raie au couteau, mais qui permet des décors polychromes d’une grande subtilité.

La porcelaine dure

En Saxe, en 1709, le chimiste Boettger, qui travaille dans une manufacture de Meissen met au jour un gisement de kaolin, matière qui entre dans la composition de la porcelaine de Chine, et réalise enfin le rêve de tout potier : façonner une porcelaine aussi belle que celle des Chinois. Cette porcelaine dite « dure » est donc faite à partir d’une pâte fabriquée â base de kaolin, de feldspath et de quartz.

Les manufactures de Strasbourg et de Niderviller sont les premières en France à se mettre à la fabrication de la porcelaine dure à partir de kaolin importé de Saxe. Mais c’est la découverte, en 1768, d’un gisement de kaolin à Saint-Yrieix, non loin de Limoges, par Mme Darnet, l’épouse d’un chirurgien limousin, que la porcelaine dure se développe à grande échelle. Sèvres crée aussitôt une succursale à Limoges. À Paris, au moins quinze manu-factures, en activité entre 1780 et 1840, produisent cette porcelaine d’un blanc très pur. Enfin, Limoges devient un centre porcelainier célèbre dans toute l’Europe et même outre-Atlantique.

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