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Arts de la table : Salières, moutardiers et huiliers

Vous êtes ici : » » Arts de la table : Salières, moutardiers et huiliers ; écrit le: 20 mars 2012 par La rédaction

Arts de la table : Salières, moutardiers et huiliersLe sel, uni au poivre pour le meilleur dans leur double contenant, la moutarde dans son petit pot et l’huile et le vinaigre dans leur bouteille sophistiquée : tels sont, depuis des générations, les ingrédients familiers de nos repas. Aucun contenant n’est, trop beau pour ces incontournables.

Salières

Au Moyen Âge, le sel, qui assure la conservation des viandes et des légumes, est une denrée rare et chère, soumise à un impôt, la gabelle. Il a aussi une valeur symbolique et religieuse: il représente l’alliance de Dieu et de son peuple. De ce fait, il n’est pas envisageable, lorsqu’on occupe une situation importante, de le conserver dans un contenant ordinaire. Les salières sont des objets prestigieux en or, incrustés de pierres précieuses et ornés de symboles.



À partir du XVIe siècle, la salière se désacralise et s’orne de décors davantage liés à son origine qu’à la religion : dieux et symboles marins, poissons… Cette conception trouvera son apothéose dans le style rocaille. Le sel est placé dans des coupelles en forme de coquilles évoquant la faune marine. Le plus célèbre exemple en est donné par Thomas Germain dans le service dit d’« Orléans-Penthièvre » sculpté de crabes, de tortues et de coquilles Saint- Jacques. Marie-Antoinette lance la mode des salières en cristal bleu serties dans une monture en argent ajourée et accompagnées d’un moutardier. Au XIXe siècle apparaît la salière dite « Cérébos » ou « poudrier », petit contenant en cristal uni ou à côtes, si familier aujourd’hui, sur lequel est vissé un bouchon en métal percé de trous.

Poivrières

Cependant depuis le XVIII siècle, le sel et le poivre sont aussi présentés ensemble dans une « salière double », faite de deux récipients jumeaux en argent ou en verre insérés dans une monture d’argent. Le moulin à poivre de table, en cristal ou en argent n’apparaît qu’au XIX siècle. Quant aux épices, très recherchées jusqu’au XVIII siècle, elles sont un peu moins appréciées par la suite. Seules la girofle, la muscade et la cannelle sont présentées à table dans une « épicière », un contenant a plu- sieurs compartiments.

Moutardiers

La moutarde est connue depuis le XIII siècle Au XVIII siècle, elle est vendue dans la rue par des enfants qui la transportent dans des barils posés sur des brouettes. C’est pourquoi les premiers moutardiers de table, qui apparaissent vers 1752, sont en forme de barillet. Un exemple célèbre : la paire de moutardiers en argent de la marquise de pompadour signés de l’orfèvre Antoine-Sébastien Durand. Ils représentent un amour transportant un baril sur une brouette délicatement ciselée avec, près de lui, un lévrier dressé sur ses pattes de derrière.

Au XIX siècle, le moutardier, comme du temps de Marie-Antoinette, se présente sous la forme d’un petit baquet en cristal transparent ou bleu foncé inséré dans une structure en argent, très travaillée, pourvue d’un couvercle qui s’ouvre à l’aide d’une charnière et d’une anse latérale. Certains couvercles sont munis d’une encoche pour la mini-cuillère.

À partir de la fin du XIXe siècle, salières, poivrières et moutardiers, toujours réunis, perdent leur caractère conventionnel. La fantaisie et l’imagination n’ont plus de limites. Les faïenciers et les porcelainiers abordent tous les thèmes en créant des objets bon marché, vivement colorés et souvent humoristiques sur les thèmes des fruits, des légumes, des crustacés, des animaux, des enfants, des métiers, etc.

Huiliers et vinaigriers

Gabrielle d’Estrées, favorite d’Henri IV, aimait beaucoup le vinaigre. C’est elle, la première, qui aurait eu l’idée de le faire figurer sur la table. La première version du couple huilier-vinaigrier s’appelle la « guédoufle ». Elle est formée de deux récipients en verre ou en cristal transparent dont les cols s’enroulent et qui sont réunis sur une cuvette ovale ou un pied large et stable. À partir du XVIIe siècle, l’huile et le vinaigre sont présentés dans des boîtes ou des coffrets ovales ou octogonaux dont la face supérieure comprend quatre orifices, deux pour les flacons, deux pour les bouchons. À la période rocaille, ils deviennent des plateaux ovales munis de montures ajourées et de porte-bouchons dont le décor de vignes et d’olivier souligne la fonction. Sous Louis XVI, la nacelle devient plateau, et les bouteilles sont en cristal bleu.

Au XIXe siècle, les huiliers sont formés d’un support en métal pourvu d’une tige centrale terminée par une poignée et de quatre cercles métalliques, deux destinés à accueillir les flacons et deux, plus petits, servant de support pour les bouchons. Selon le même principe, les ménagères qui apparaissent au début du XIXe siècle, contiennent l’huile et le vinaigre, parfois le sel, le poivre, le sucre en poudre, et même la moutarde et les pickles.

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