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Au détour des chemains de grue

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Au détour des chemains de grue

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« Si vous aimez les espaces verts aux belles perspectives, si vous retrouvez la joie de vivre en renouant avec la nature tout en conservant le confort de la ville, si enfin, dans l’intérêt de la santé physique et morale de vos enfants, vous désirez imprégner leur mémoire de souvenirs heureux, vous apprécierez notre for­mule : “vivre dans un parc”. »

Ce paragraphe extrait d’un dépliant publicitaire pour la vente sur plan des appartements d’une résidence construite en 1955 par Jean Ginsberg résume parfaitement les enjeux réels et mythiques des nouvelles banlieues « agrestes » qui se développent à partir des années cinquante, cités collectives mettant en pratique les principes de l’urbanisme moderne. La promotion immobi­lière partageait alors les mêmes arguments que les technocrates héritiers des thèses hygiénistes…

Aujourd’hui ces mythes sont éteints et, après plusieurs années de critique radicale des grands ensembles, l’urbanisme moderne reste mieux connu dans ses échecs que dans ses réussites. Pourtant, trois ou quatre décennies nous séparent des principales réa­lisations françaises appliquant les principes de l’urbanisme moderne. Le recul semble suffisant pour permettre une mise en perspective historique.

On sait aujourd’hui ce qui ne fonctionne pas. Mal desservis, mal équipés, d une architecture monotone voire indigente et d’une échelle démesurée, les grands ensembles, programmés et financés selon des principes de ségrégation fonctionnelle et sociale, condui­sent à la création de ghettos. Implantés sur des zones périphé­riques de faible valeur foncière, ils voient leurs espaces verts rongés par les parkings… Mais au détour des chemins de grue, certains grands ou « moyens ensembles » de Marcel Lods, René-André Coulon, Jean Ginsberg ou Robert Auzelle nous montrent que les principes de l’urbanisme moderne n’ont pas généré que des catas­trophes, qu’ils fonctionnent lorsque les conditions socio-écono­miques sont viables et qu’ils peuvent créer des espaces collectifs de qualité, appréciés des habitants. Les réussites, discrètes puisque seules les manifestations violentes font parler d’elles, démontrent en silence que le constat de l’échec qualitatif des politiques cen­tralisées visant à résorber la crise du logement n’implique pas a priori la condamnation de tous les principes de l’urbanisme moderne.

Partant de ce constat, nous avons exploré la réalité de l’urba­nisme moderne à travers l’étude comparative de dix-sept ensembles de logements commencés entre 1946 et 1961. Nous avons observé les qualités d’espace et d’usage des différents lieux et confronté leurs caractéristiques morphologiques aux fondements théoriques de l’urbanisme moderne. Au-delà de l’intérêt histo­rique, l’enjeu de ce travail est opérationnel ; il permet de repé­rer de bons dispositifs, utilisables pour l’amélioration des grands ensembles. Pour tous ceux qui doivent travailler à la requalifi­cation des banlieues, il semble important de mieux connaître la nature et les formes de ces quartiers. Or lorsque l’on dépasse l’image réductrice d’un ensemble de tours et de barres posées sur un sol vierge, les compositions et les figures urbaines de ces ensembles sont loin d’être homogènes et présentent des varia­tions sensibles en terme de qualité, qui se retrouvent à l’échelle de la définition concrète des espaces publics.

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Vidéo : Au détour des chemains de grue

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