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la parodie guerriére

Vous êtes ici : » » la parodie guerriére ; écrit le: 1 mars 2014 par La rédaction

la parodie guerriére

Rembrandt van Rijn – Rembrandt du Rhin  de Leyde il  connaît très tôt le succès et le bonheur  les commandes affluent, les prix montent, il épouse Saskia et vil comme un prince dans sa belle maison d’Amsterdam iemplie d’œuvres d’art. Mais brusquement les deuils se suc­raient, sa mère, sa sœur, Saskia meurent.



Dans l’atelier un immense tableau est en voie d’achèvement, la Compagnie du capitaine Frans Banning Cocq désire un portrait de groupe en marche, c’est La Ronde de nuit (en réalité de jour) où les 20 miliciens municipaux vont prendre leurs postes aux remparts.

( )r Rembrandt ne fait pas de portraits qui n’ont pas d’intérêt pour lui, mais un spectacle mouvementé et bigarré entre om­bre et lumière. Ce n’est pas ce qu’attendaient la Compagnie cl leur chef ; ce qui aurait dû être une parade est jugé par les notables d’Amsterdam, délégués à apprécier la toile, comme une balade en désordre, la caricature d’une parodie guerrière.

les commanditaires sont outrés, c’est le scandale.La prise d’armes avec son entrecroisement de hallebardes, d’arquebuses et de mousquets, ressemble plus à un rassemblement hétéroclite de volontaires costumés suivi joyeusement par des enfants, un chien jappant à ses trousses, qu’à une prise d’armes martiale. Les commanditaires refusent le tableau.

Rembrandt contesté c’est le premier coup porté au des­tin, la mise en cause de son génie. Le peintre est seul devant l’œuvre refusée avec le petit Titus, le fils que lui a donné Saskia ,il réfléchit douloureusement sur le renversement du sort. Les amateurs et les amis s’écartent, les collectionneurs achètent plus volontiers des tableaux à ses rivaux, Govert Flinck, Ferdinand Bol ou van der Helst. Il ne s’en remet pas.

  La rupture que marque La Ronde de nuit est celle de son œuvre entier.

Le scandale du peintre en appelle un autre, celui de l’homme privé. La raison en est dans les jeunes femmes qu’il embauche pour s’occuper de Titus , aux rumeurs succèdent les accusations, c’est qu’Hendrickje Stoffels est une belle et solide campagnarde qui consent à poser nue. Après les notables et les militaires, Rembrandt est la proie des mora­listes, on ne glorifie pas la chair impunément dans la puritaine Hollande où le nu est proscrit.

    Bethsabée au bain, aujourd’hui au Louvre, a la peau lu­mineuse et les seins fermes, pourquoi Rembrandt n’aurait-il pas les mêmes désirs que le roi David ? On dit que le peintre a, chez lui, une collection de gravures érotiques.

Le Consistoire de l’Eglise réformée alerté s’émeut. Le peintre apprend en même temps qu’Hendrickje est enceinte convoqués tous deux par l’instance suprême de la morale et des bonnes mœurs ils ne s’y rendent pas. A une seconde mise en demeure non plus , pour le Consistoire la jeune femme n’est  ni plus ni moins qu’une putain « qui se prostitue chez Ni rembrandt ». Elle est fortement réprimandée et interdite de ,m irments. Trois mois plus tard, défi suprême, elle met au monde la fille de son amant, Cornélia.

le peintre n’a plus de commandes, plus d’argent. Les puniritains, uns ricanent ou haussent les épaules. La légende de l’artiste mimdit, du hors-la-loi scandaleux, se met en place.

le 29 juillet 1655 Amsterdam en fête inaugure son nouvel liôicl de ville. Un véritable palais. Les principaux peintres de la commune sont appelés à participer à sa décoration, ions sauf un : Rembrandt. Mais Govert Flinck qui travaillait a l’un des tableaux de la Grande Galerie, meurt ; non sans débats, et à contrecœur semble-t-il, on concède à Rembrandt la charge de le remplacer. Le sujet imposé était le banquet de claudius Civilis et des chefs bataves ; humilié mais démuni le peintre accepte.

D’un épisode mythique il fait une hallucinante réunion de fantômes noyés de pourpre et d’or, hérissée d’épées autour du glaive menaçant de Claudius, géant monolithique à l’œil crevé. De la table du banquet, qui paraît incandescente, se dé­ploie un clair-obscur irréel qui éclaire les visages en dessous comme une rampe de théâtre. La toile fut hypocritement jugée irop grande pour l’emplacement prévu et La Conjuration de claudius Civilis retirée et remplacée par l’œuvre de Flinck terminée par un tâcheron.

La Ronde de nuit avait été un scandale public, La 20. Conjuration n’est qu’une regrettable méprise. Le peintre, fou de colère et de désespoir, emporte la toile dans son atelier et la découpe rageusement. C’est désormais contre lui-même

que ce génie scandaleux luttera, cet autre monde des hommes, cet envers du réel où il n’est plus qu’un paria. Le fragment conservé par Rembrandt sera découvert deux siècles plus tard et installé au Nationalmuseum de Stockholm.

Quelques chefs-d’œuvre jalonneront les six années que le peintre a encore à vivre. Un autre aurait tourné la page, lui pas, il lègue à la ville qui l’a humilié, et à la postérité, l’image de son mépris, cet Autoportrait riant, « le rire édenté du vieux lion » écrira Van Gogh. La nuit qu’il défie pour s’enfoncer en elle dans la paix enfin retrouvée, c’est le dernier scandale de Rembrandt.

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