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L’analyse iconologique

Vous êtes ici : » » L’analyse iconologique ; écrit le: 29 mai 2012 par La rédaction

L'analyse iconologiqueDans Essais d’iconologie paru en 1939, Panofsky définit l’iconographie comme étude du sujet et Piconologie comme étude de la signification de l’image.

Cesare ripa (XVIe siècle)

C’est Ripa qui inventa le terme d’Iconologia en 1593 pour fournir « une Explication nouvelle de plusieurs images, emblèmes, et autres figures hiéroglyphiques des Vertus, des Vices, des Arts, des Sciences, des Causes naturelles, des Humeurs différentes, et des Passions humaines nécessaires à toutes sortes d’esprits, et particulièrement à ceux qui aspirent à être, ou qui sont en effet, Orateurs, Poètes, Sculpteurs, Peintres, Ingénieurs, Auteurs de Médailles, de Devises, de Ballets, et de Poèmes dramatiques ». L’ouvrage qui se présente comme un recueil d’allégories mettant en scène des personnifications et leurs attributs connut un énorme succès, continuellement réédité et remanié avec de nouvelles illustrations jusqu’au xvme siècle.



Aby warburg(1866-1929)

Lors d’un congrès international d’histoire de l’art qui s’est déroulé à Rome en 1912, Aby Warburg fit une démonstration fulgurante. À partir de sa connais­sance d’ouvrages d’érudition, il réussit à décrypter le sens des fresques que peignit Francisco Cossa au palais de Ferrare. Créateur de l’institut d’histoire de l’art qui porte son nom, Warburg pense que certaines formes retenues par les artistes (ce qu’il nomme les « formules pathétiques ») seraient une transpo­sition, dans le domaine du style, de conflits psychiques (P.-A. Michaud, Aby Warburg et l’image en mouvement, 1997).

Emile mâle (1862-1954)

.’iconographie trouve son meilleur représentant en la personne d’Émile Mâle, e « Champollion » de l’art religieux au Moyen Âge. Comme Warburg, Mâle jtilise les sources écrites. Étudiant les images figurées dans les cathédrales, il démontre qu’elles reflètent le contenu dogmatique des ouvrages, depuis ceux des Pères de l’Église jusqu’au Miroir Universel de Vincent de Beauvais (milieu du jeu5 siècle). Au xme siècle, les images sont des formes symboliques. Elles possèdent quatre degrés de signification (historique, allégorique, tropologique, anago- gique) par lesquels on s’élève progressivement vers la transcendance. Panofsky sera marqué par cette stratification en différents niveaux du système médiéval.

Jurgis baltrusaitis (1900-1989)

médiéviste Baltrusaïtis se passionne pour l’exotisme de la pensée artistique : es perspectives dépravées, les aberrations, les anamorphoses, les monstres et es démons, les drôleries peintes dans les marges des manuscrits. Il découvre ;ans ces formes, « les deux constantes antinomiques de l’art : le dérèglement et a règle » (Le Moyen Âge fantastique, 1981).

Erwin panofsky (1892-1968)

L’historien d’art Erwin Panofsky est un pionnier de l’iconologie et son principal représentant. Selon ses propres mots : « L’iconographie est cette branche de l’histoire de l’art qui se rapporte au sujet ou à la signification des œuvres d’art, par opposition à leur formes » (Essais d’iconologie, 1939, voir extrait en fin de chapitre). « Une branche de l’histoire de l’art… », il est clair que la méthode interprétative de Panofsky n’est pas universelle et ne le prétend pas.

Les objets d’art demandent à être interprétés, ils ne se donnent pas immé­diatement et cette interprétation est progressive.

Panofsky distingue un sujet primaire ou naturel qui est saisi par la descrip­tion pré-iconographique. L’expérience pratique, la familiarité avec des objets ou des événements suffit à ce premier niveau. On identifie ainsi des formes, c’est-à-dire des configurations de lignes et de couleurs comme représentations d’objets naturels, ou événements.

Le second niveau concerne les sujets secondaires ou conventionnels. C’est l’analyse iconographique qui nécessite la connaissance des sources littéraires. Cette analyse permet de nommer la représentation. Un personnage lié à une colonne et criblé de flèches sera reconnu comme étant Saint Sébastien, une femme tenant une épée et une tête tranchée comme Judith; que la tête figure sur un plat et que la femme ne porte plus d’arme et ce sera Salomé.

La troisième signification, la moins explicite et la moins intentionnelle, est appelée intrinsèque ou contenu. Elle est mise au jour par l’interprétation ico- nologique. L’équipement nécessaire à cette interprétation est la familiarité avec les « tendances essentielles de l’esprit humain, une intuition synthétique condi­tionnée par une Weltanschauung personnelle. » On prend alors connaissance des principes sous-jacents qui révèlent la mentalité de base d’une nation, d’une période, d’une classe, d’une conviction religieuse ou philosophique. L’œuvre d’art est alors envisagée « comme symptôme de quelque « autre chose » qui s’exprime en une infinie diversité d’autres symptômes ». Ce contenu intrinsèque correspond à ce qu’Ernst Cassirer nomme les valeurs symboliques; elles sont en général ignorées de l’artiste et peuvent même être différentes de ce qu’il se proposait d’exprimer.

Que Panofsky ne prenne pas en compte ce qui est d’ordre proprement « artistique » ne peut lui être sérieusement reproché. La méthode ¡œnologique est une contribution à l’histoire de l’art, elle ne prétend pas à l’exclusivité.

Poursuivant la réflexion de Panofsky, Jan Bialostocki (1921-1988) introduit le concept de « thème-cadre », ou ensemble d’images servant à l’élaboration d’autres images. S’inspirant de la notion d’archétype, chère à Jung, il affirme la permanence de contenus symboliques, communs à toute l’humanité, qui toutefois se transforment au cours des temps (Style et iconographie, 1996).

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