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L’art du paysage : Le paysage et le jardin

Vous êtes ici : » » L’art du paysage : Le paysage et le jardin ; écrit le: 31 janvier 2014 par La rédaction

Le paysage et le jardin.Le paysage et le jardin apparaissent à travers l’image de quelque chose de multiforme et comme tissé de relations. L’appréciation esthétique ne peut se limiter .1 l’identification de tel ou tel aspect de la morpholo­gie du territoire, à la façon dont il apparaît dans sa transfiguration pittoresque ou par le biais des modifi­cations architecturales du lieu. Même le binôme, pour­tant si important et si central. Poussin-Lorrain et Salvator Rosa-Ruysdael, canons de l’évaluation esthétique du paysage, ne peut être l’unique point de réfé­rence qui nous aide à comprendre comment les catégories esthétiques recoupent l’histoire du goût. Car ce n’est qu’en pensant à un certain niveau d’in­teraction entre art et philosophie que nous pouvons faire le point sur les paysages de l’âme et l’âme des paysages. Schiller s’est confronté à la question en repre­nant les arguments avancés par Addison, Pope, Thom­son, Dupaty, Saint-Lambert, Walpole et en cherchant une solution entre pittoresque, grâce et sublime. Il a appelé de ses vœux l’émancipation du jardin par l’architecture, révélant le lien existant entre jugement esthétique et jugement téléologique suivant la leçon kantienne.

La beauté qui inspire l’observateur dans un jardin classique-antique est une beauté idéale, une beauté faite d’ordre, de symétrie et d’élégance : dans Lin te! monde tout porte la marque d’une intelligence ordon­natrice. C’est une idée antique, reprise à la Renaissance et que traduit à son tour le classicisme de Poussin, tout au long d’un parcours qui donne une qualité aux lieux et permet une élévation poétique de la nature à l’idée.



Le thème de la beauté idéale comme modèle de la beauté réelle reviendra dans le romantisme naissant. Sa plus profonde signification nous a été transmise par Le Plus Ancien Programme de l’idéalisme alle­mand (1797), dans lequel on reconnaît a la fois Hegel, Hôlderlin et Schelling : ici l’idée de beauté unifie toutes les autres par une fusion entre le moi et la nature. L’être même est la Beauté et c’est de la nature que l’on voit la poésie se dégager.

Le jardin, comme le paysage, à la fois essence et ornement de la terre, est un plaisir supérieur et irrem­plaçable de la sensibilité et de l’esprit. Ce qui plaît dans un paysage, ou dans un jardin, s’éclaire d’une lumière qui vient de l’enchantement d’une Terre pro­mise, d’un Paradis rêvé par l’humanité et que l’on re­trouve dans les grandes traditions magico-religieuses. Il est la mémoire et l’espérance d’une joie intemporelle.

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