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L’Art : la maison dans la nature

Vous êtes ici : » » L’Art : la maison dans la nature ; écrit le: 22 mars 2012 par La rédaction

L'Art : la maison dans la natureLe rêve d’habiter une maison à la campagne, au calme, loin des villes industrielles, de ses bruits et de sa pollution, est né, en Europe, dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

Le peintre belge henry Van de Velde s inspire de cette expérience et fait construire, en 1895- 1896, sa maison Bloemenwerf (la Maison des fleurs) d’après ses propres plans. Il dessine les moindres détails, depuis la décoration intérieure jusqu’aux robes de sa femme. Devenu architecte, il crée un atelier de meubles aux lignes épurées. La maison et son intérieur sont alors conçus comme un tout. Les architectes dessinent des meubles et créent des ateliers qui fabriquent, avec des moyens modernes, de beaux objets destinés à la vie quotidienne. Autour de 1900, la boutique L’Art nouveau vend, à Paris, les meubles et les objets d’art décoratif, produits dans les ateliers de William Morris à Londres, des architectes Van de Velde à Bruxelles, Joseph Hoffmann à Vienne, Charles Reyme Mackintosh en Ecosse. « Art nouveau » devient le nom donné à ce style d inspiration géométrique ou florale utilisant des matériaux que l’on trouve sur place et des techniques nouvelles pour créer un art moderne, adapté au monde moderne.



L’Angleterre, qui s’est très vite industrialisée, manifeste ce désir de vivre dans la nature. Refuges contre la vie moderne, les maisons imitent tout d’abord l’architecture domestique de la campagne que l’on redécouvre. Les « cottages » ont de grands toits protecteurs, construits avec des matériaux tels que le bois, la brique, la pierre et les murs blancs.

La couleur de la brique donne son nom à la maison que b artiste anglais William Morris se fait construire en 1859 par son ami, l’architecte Philipp Webb : la Red House (la Maison rouge). Pour aménager sa maison, il ne veut pas de meubles fabriqués industriellement, mais dessine lui-même son mobilier, le fait réaliser par des artisans, et décore les pièces avec des amis peintres. Cela lui donne l’idée de créer une manufacture où artistes et artisans créent des papiers peints, des tissus et des céramiques pour la décoration intérieure.

La maison ouverte sur la nature

Le cottage anglais trouve aux Etats-Unis, à la fin du XIXe siècle, une terre de prédilection. Il s intègre parfaitement aux grands espaces américains, et le bois avec lequel il est construit rappelle la vie simple des pionniers. Les galeries couvertes qui entourent la maison, et que l’on appelle en anglais porches, font le lien entre l’intérieur et 1’extérieur.

Au début du XXe siècle, les maisons de l’architecte Frank Lloyd Wright cherchent encore davantage à se fondre dans la nature. De plan horizontal, elles ne dépassent pas les arbres qui les environnent et elles semblent appartenir au paysage (p. 283). Avec leurs terrasses qui se projettent vers l’extérieur et leurs grandes ouvertures vitrées, les maisons vont à la rencontre de la nature.

La maison que se construit Philip Johnson en 1949 est un cube de verre, qui marque l’aboutissement de cette recherche : les parois de verre rendent la maison presque transparente et laissent voir la nature au travers ; seuls les sanitaires sont dissimulés par une tour de brique, et des cloisons mobiles offrent la possibilité de s’isoler.

Mise à l’écart do la nature

Après la Première Guerre mondiale, la maison devient un terrain d expériences privilégié. La maison Schröder que Gerrit Thomas Rietveld construit à Utrecht, en 1924, expérimente les principes néo-plastiques du mouvement hollandais De Stijl («Le Style »). La maison est une œuvre d’art dans le paysage, mais elle est sans contact avec l’extérieur.

La villa Savoye construite à Poissy, en 1929, par Le Corbi hier est également un bel objet posé dans la nature. Le Corbusier applique ici sa théorie de la maison moderne, exposée dans les Cinq Points d’architecture : la maison doit être surélevée par des pilotis, ce qui permet de dégager l’espace au sol : elle est couverte d’un toit-terrasse; ses fenêtres horizontales forment une longue bande; la disposition des pièces peut changer d’un étage à l’autre, puisque les murs intérieurs n’ont plus un rôle de soutien ; la façade n’est qu’une enveloppe, qui peut être percée de grandes fenêtres. Ces principes peuvent être répétés n’importe où, sans tenir compte de l’emplacement particulier de la maison.

Les maisons de l’architecte suisse italien Mario Botta construites depuis les années soixante- dix sont étrangères à leur environnement. Leurs murs pleins marquent, au contraire, une frontière avec l’extérieur, et l’intérieur devient un abri protégé. Eclairées par le toit, elles n ont presque aucune fenêtre, seules quelques lucarnes encadrent le paysage comme des tableaux; la maison, à l’abri derrière ses murs, tient à distance la nature qui l’entoure.

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