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L’Art : l’icône ,une image pour prier

Vous êtes ici : » » L’Art : l’icône ,une image pour prier ; écrit le: 23 mars 2012 par La rédaction

L'Art : l'icône ,une image pour prier

L’icône est un objet sur lequel on peut voir une image. Icône, en grec, signifie « image » et ce terme est resté attaché aux images grecques du monde chrétien oriental, c’est-à-dire aux images saintes qui se sont répandues dans l’Empire byzantin, et qui reçoivent un culte particulier de la part de ceux qui se réclament de la religion orthodoxe. A l’origine, les chrétiens n’acceptaient pas qu’il y eût des images de Dieu car ils voulaient respecter la grandeur et la perfection invisible du créateur, et marquer ainsi la différence qui séparait le Dieu unique des chrétiens des cultes idolâtres rendus par les païens à une multitude de dieux. Mais, peu à peu, les images revinrent, comme irrésistiblement, se multiplièrent, et les théologiens durent accepter ce besoin universel qu’ont les hommes de figurer et de contempler l’image de ce qu’ils aiment.



L’icône est un objet sacré

L’icône est, apparemment, une représentation de Dieu et des saints, destinée à la vénération de tous les chrétiens. Mais représente-t-elle quelqu’un ? Peut-on dire d’une icône qu’elle est un tableau? Justement pas. Ceux qui prient devant les icônes ne tolèrent pas qu’on les montre dans les musées ou qu’on les vende. Ce n’est pas une représentation artistique comme une autre, une peinture parmi d’autres. C’est un objet sacré, tout à fait particulier dans sa fabrication et dans sa fonction.

La fabrication des icônes

Elle répond depuis seize siècles à des règles strictes, qui n’ont jamais varié et que le peintre d’icônes doit respecter scrupuleusement car chacune de ses étapes a une signification religieuse. Le peintre, en général un moine, choisit une planche de bois dur, sans cadre, qu’il prépare avec de la colle et des pigments, jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement blanche et lisse, pure et sans tache, comme le fut le corps de la Vierge lorsqu’elle accueillit le corps de Dieu dans ses entrailles. Sur cette surface immaculée, le peintre va dessiner ou graver les contours des figures. Ces traits, comme ceux qui servent à écrire, portent le nom grec de graphe – terme qui a donné tous les mots concernant le dessin et l’écriture car, à cette étape du travail, dessiner c’est écrire. Cela signifie pour un chrétien que ce qu’il fait en inscrivant la forme des corps est identique à l’inscription des Saintes Ecritures.

De cette façon, il n’existe plus de distance infranchissable entre la parole et l’image. Lorsque cette inscription est achevée commence la lente pose des couleurs, qui son! des pigments purs et broyés. Chaque couleur a un sens spirituel, et on ne peut les poser dans n’importe quel ordre. Il faut commencer par les couleurs les plus sombres pour aller vers les tons les plus clairs, et finir par la transparence des glacis. Après les bruns et les rouges ténébreux viennent les verts, les jaunes et les rouges clairs ; le fond est toujours d’or. Enfin, les blancs rehaussent le modelé des visages, et sont déposés sur ceux-ci, comme l’éclat du regard de Dieu sur sa créature. Ainsi l’icône part-elle des ténèbres pour nous conduire jusqu’à la lumière. Le peintre termine par une couche de cire, qui donne à l’objet sa brillance et sa transparence. Il n’y a ni perspective, ni réalisme dans la figuration de l’espace

L’icône est une prière

Construite comme une prière, elle fonctionne de la même façon pour le fidèle. Si l’on regarde des icônes, on s’aperçoit qu’elles portent des inscriptions autour des visages. Ces inscriptions, qu’on nomme épigraphe, donnent

le nom des personnes figurées. Il s’agit d’un usage obligatoire, qui signifie qu’entre la personne. son nom et son icône il existe une identité. Ainsi, l’icône du Christ porte le nom du Christ. C’est le Christ. Cette épigraphe n’est pas l’équivalent du titre pour un tableau ; elle est la preuve d’une certaine présence de la personne elle-même.

Pourtant la présence de Dieu ne peut être totale dans un objet matériel; c’est donc qu’elle est relative, on peut dire symbolique. I n symbole, pour le chrétien orthodoxe, c’est une réalité matérielle qui contribue à nous mettre en présence d un monde immatériel. C est un guide pour les yeux, qui conduit vers la présence invisible de l’esprit.

Les règles de la figuration

Les personnes et les scènes qui sont figurées doivent se soumettre à des modèles canoniques, c’est-à-dire à des règles de figuration. Ces modèles sont des types invariables. Par exemple, la Vierge de Tendresse doit porter son fils très tendrement contre son visage ; la Vierge Odigitria doit le montrer du doigt ; la Vierge orante (« qui prie ») lève les mains vers le ciel pour accueillir la grâce. Une icône célèbre est devenue un modèle grâce au talent et à la spiritualité de son auteur, l’iconographe russe Andhf.ï Roiblev : c’est l’icône de la Trinité, qu’ on nomme aussi l’ Hospitalité d’Abraham.

La crise iconoclaste

Alors pourquoi, dans un monde où les empereurs étaient eux-mêmes chrétiens, y eut-il un jour une grande crise au sujet de ces icônes ? En effet, au VIIIe et au IXe siècle les empereurs décidèrent d’interdire et de détruire les icônes dans tout l’Empire byzantin. Cette crise fut très grave; elle opposa l’empereur et l’Eglise, et déchira le peuple des chrétiens sur tout le territoire : ce fut la crise de l’iconoclasme, c’est-à-dire de la destruction des icônes.

L’Eglise a su très vite que la beauté de ces images et leur message étaient I instrument le plus puissant pour émouvoir, enseigner et convertir. Par leur merveilleuse évidence, elles étaient le plus efficace des catéchismes. Les empereurs s’inquiétèrent de cette autorité plus puissante que la leur. En détruisant les icônes, ils voulaient ne faire régner que leurs propres images et limiter le pouvoir politique de l’Eglise. Ce sont pourtant l’Eglise et l’icône qui ont gagné la bataille et nous savons bien, aujourd’hui, que le pouvoir sur le monde est inséparable de 1’utilisation des images. Tout se passe comme si 1‘Eglise avait été la première à comprendre que l’image est une vérité spirituelle et un outil de conquête planétaire.

Un objet plein de rêve et d’efficacité

Une icône est un lieu où 1’on retrouve les figures de l’émerveillement, mais aussi les signes visibles et magiques qui entraînent notre croyance et notre crédulité. Regarder une icône, c’est accepter de réfléchir aux relations qui se tissent entre notre vie réelle et notre vie imaginaire. Il ne s’agit donc pas d’un simple objet historique qui ne concernerait que les croyants de la religion orthodoxe, mais d’un objet plein de rêve et d’efficacité. Peut- être une sorte d’image de nous-mêmes.

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