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L’Art : pop art et nouveau réalisme

Vous êtes ici : » » L’Art : pop art et nouveau réalisme ; écrit le: 28 mars 2012 par La rédaction

L'Art : pop art et nouveau réalismeLa Seconde Guerre mondiale fut suivie d une longue période d’austérité et de reconstruction. Vint la prospérité, et avec elle une certaine insouciance : une nouvelle ère débute, où tout semble accessible, consommable, où la publicité envahit les murs et les esprits. Les années cinquante avaient engendré un épanouissement de F abstraction, la société de consommation des années soixante connaît un retour au réalisme : la figuration triomphe à nouveau.

Le pop art anglais

Dès le milieu des aimées cinquante, une petite association. L’Indépendant Group, réunit des artistes (Paolozzi, Richard Hamilton…) et des critiques d’art (parmi eux Lawrence Alloway). Ensemble, ils étudient la culture populaire et sa consommation d’objets bon marché, ainsi que la publicité, et s’interrogent sur la puissance évocatrice de ces phénomènes, line exposition organisée en 1956, à la Whitechapel Art Gallery, marque la naissance du mouvement que Lawrence Alloway baptise, en 1958, « pop art » (pop comme popular).



richard Hamilton reproduit des voitures, des pin-up, des appareils électroménagers, Peter Blake se penche sur les bandes dessinées et les chanteurs pop, Peter Phillips allie figures géométriques et images publicitaires, Eduardo Paolozzi, collectionneur de magazines, de publicités et de bandes dessinées, en fait des gravures-collages.

Le pop art américain

Aux Etats-Unis, il faut attendre le début des années soixante pour voir la naissance du mouvement. La galerie Sydney Janis, à New York, regroupe en 1962 sous le litre « New Réalistes  (Nouveaux Réalistes) les œuvres de Jim Dîne, Roy Lichtenstein, Claes Olden- burg, Andy Warhol, Tom Wesselman, James Rosenquist. Le pop art semble être fait pour ce pays où la société de consommation est magnifiée à l’extrême.

Andy Warhol, en 1962, se rend célèbre avec ses reproductions de boîtes de soupe Campbell : il les reproduit d’abord une par une, puis crée un immense tableau, intitulé One Hundred Campbell’s Soup Cans («Cent Boîtes de soupe »p. 281). Comme ces boîtes de soupe, des personnalités célèbres – Marilyn Monroe, Jackie Kennedy – sont reproduites à des centaines d’exemplaires. Ainsi répétées, ces images, animées d’une puissance particulière, se veulent des produits de consommation courante.

Roy Lichtenstein a pour sujet de prédilection la bande dessinée. À partir de 1960, il choisit des images types dont il peint, extrêmement agrandie, la trame qui caractérise les impressions de mauvaise qualité.

A la même époque, Claes Oldenburg reproduit des objets d’une manière totalement détournée, qu’il s’agisse de faux sandwichs ou de faux gâteaux en plâtre peint, de batteries énormes ou de toasters faits d’une toile de couleur beige entièrement molle. Tom Wesselman, quant à lui, mêle objets usuels et collages, dans des scènes ou des décors de la vie quotidienne, allant parfois jusqu’à introduire des reproductions d’œuvres d’art.

Nouveau Réalisme

En France, en 1960, le critique d’art Pierre Restany réunit quelques créateurs autour d’un mouvement, dont il devient le théoricien : le Nouveau Réalisme. Les pratiques artistiques de ces participants sont très diverses, et tournent autour du regard porté sur les objets de la société de consommation. Loin de l’image rêvée dans laquelle se complaisent certains artistes pop américains, les Nouveaux Réalistes s’attaquent volontiers aux déchets de cette société, comme Daniel Spoerri, qui crée des « tableaux-pièges ».

Arman « accumule » : « Ma technique d’accumulation consistait à laisser les objets que j’utilisais se placer d’eux-mêmes. Il n’y a rien de plus contrôlable à la longue que le hasard… Le hasard est mon matériau de base, ma page blanche. » Engrenages, gants, instruments de musique se plieront à cet exercice.

Christo enveloppe ou emballe des objets, leur conférant ainsi une part de mystère. Et s’il a commencé par empaqueter une bouteille ou une poussette, s’engageant, au cours des années soixante-dix, dans le land art. Il en est venu à emballer le Pont-Neuf à Paris, voire des îles entières…

Parmi les Nouveaux Réalistes, Raymond Hains et Jacques de la Villeglé occupent une place originale. Des superpositions d affiches dégradées par les intempéries, ou lacérées par les passants, ils font le matériau de leurs travaux, élevant ces papiers bruts au rang d’œuvres d’art. Pour Raymond Hains, ces « œuvres existaient avant [lui] mais on ne les voyait pas parce qu’elles crevaient les yeux ». Martial Raysse, à travers ses tableaux enrichis d’objets et de toutes sortes de matériaux, donne une image ludique mais critique de la civilisation des loisirs.

L’un des principaux représentants du Nouveau Réalisme, Yves Klein, se manifeste différemment encore. Dès avril 1958, il organise à la galerie Iris Clert, à Paris, une exposition intitulée « Le vide pur et simple » : les visiteurs arrivaient dans une salle « pleine » de la seule présence de l’artiste. Il réalise des peintures au lance-flammes, ou installe ses toiles sur le toit de sa voiture avec laquelle il roule longtemps, uniquement bien sûr par mauvais temps. Il provoque de nombreux scandales, comme lorsqu’il peint en public à l’aide de « pinceaux » humains. Ses toiles monochromes restent parmi ses plus belles créations : qu’elles soient du bleu qu’il avait breveté et baptisé « bleu international Klein » ou dorées, elles traduisent parfaitement ce désir d’illimité et d’immatériel qui le caractérisait.

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