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Le choc thermique

Vous êtes ici : » » Le choc thermique ; écrit le: 22 novembre 2011 par La rédaction

Les terres naturelles qui conviennent directement à la céramique sont des argiles et des marnes argileuses, c’est-à-dire des matières dont les molécules sont susceptibles de se lier entre elles par leur propre fusion partielle (cas des grès) ou par la présence d’éléments fondants auxiliaires (comme les alcalis de la faïence). Ces terres proviennent de la désagrégation de roches: certaines se fixent sur place sous formes de strates et d’autres se déplacent sous l’effet de l’eau, formant des bancs sédimentés. Bien des événements en modifient la composition : altération par vieillissement, apport de minéraux dissous dans les eaux de ruissellement, présence de sables, pourrissement de végétaux. Il existe donc une multitude d’argiles dotées de propriétés différentes, complémentaires ou opposées. La résistance au choc thermique (modification brutale de la température de la pièce, soit lors de la cuisson, soit lors de l’usage fonctionnel) est liée à deux points:

–   L’obtention d’une dilatation faible du tesson;



–   La recherche d’une texture assez lâche offrant une bonne conductibilité thermique.

Le premier point est du ressort de la composition de la pâte crue qui, lors de la cuisson, subit une transformation de la silice cristalline en silice vitreuse: la silice alors à l’état quartz (cristobàlite) prend un état vitreux (silicatisation), ce qui engendre à ce moment une modification de la cristallisation, provoquant une augmentation de volume. En d’autres termes, dans les premiers temps de la chauffe, la dilatation est linéaire (relativement progressive), puis on remarque, vers 573 °C, une modification physique brutale (dilatation maximale de la silice). Ce bref puisage, appelé point quartz, fragilise la céramique. Cet effet est atténué par un ajout de dégraissant, de talc, de sable ou de chamotte.

Le second point se règle par une sous-cuisson du biscuit: le refroidissement bref ne répond pas aux règles de sécurité habituellement admises pour la poterie vernissée ou la faïence. La sous-cuisson de la pâte, par la structure lâche qu’elle donne au biscuit, aide à surmonter cette phase importante pour développement des effets décoratifs, notamment les craquelures. Dès qu’elle est sortie du four, la pièce perd en quelques instants, entre 300et 500°C, ce qui provoque une tension mécanique importante augmentée par la solidification de l’enduit vitreux. C’est encore entre 550°C et 600°C que la rupture est la plus fréquente. Pour savoir si l’incident est consécutif à la chauffe ou au refroidissement, il 6u: regarder les lèvres d’un fêle : émail fondu sur la brisure le premier cas, cassure nette dans le second.

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