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Le jardins est l’art

Vous êtes ici : » » Le jardins est l’art ; écrit le: 31 janvier 2014 par La rédaction

Le jardins est l'art.Le jardin évoque un lieu de quiétude, une retraite tranquille, le silence de la méditation et la beauté qui s’offre à notre regard . C’est la nature façonnée par l’homme pour manifester  son esprit en se servant des diverses techniques de l’agriculture, de l’arboriculture, de l’architecture dans le but d’obtenir un environnement où pouvoir en même temps vivre admirer le monde qui nous entoure.

Le jardin est contemplation vivante et s’oppose en cela .m programme actuel de consommation des espaces verts ; il est parfaite intégration dans le paysage. La disparition de la vue des murets en limite des pro­priétés avec l’adoption du ha-ha par Kent et d’autres à partir du début du XVIIIe siècle en Angleterre est une preuve évidente de la volonté de chercher une image étendue qui embrasse l’horizon dans un désir d’infinité. Le ha-ha était un fossé le long duquel on montait ensuite un mur à des fins de protection ; cela permettait au regard de se porter au loin et la vue sur le paysage faisait référence aux codes picturaux en étroite relation avec le goût du pittoresque, qui était alors une façon recherchée de voir et de sentir la nature dans sa spontanéité. Le ha-ha apparut dans le jardin de Stowe (vers 1725) dans le Buckinghamshire et se diffusa partout. L’installation de villas sur des hauteurs est une autre façon de comprendre cette envolée du regard en la fondant sur l’architecture. Jardins et campagne environnante, forêts ou champs cultivés, forment un ensemble ininterrompu. Et l’agri­culture trouve depuis toujours dans le jardin son mo­delé idéal.



Le jardin a son archétype dans l’Éden, une ascen­dance qui nous fait comprendre son importance sym­bolique et nous renvoie à l’union du mythe et de la poésie. Elle nous rend alors sensibles au mystère des origines et à cette séparation entre ciel et terre dont le jardin provient. Comme le note Michel Baridon 11998, p. 191, c’est ce mythe de la séparation qui trouve une nouvelle existence dans le travail même des créateurs de jardins. Le rôle dévolu au Dieu ordonnateur s’ins­pire d’eux ; comme un dieu ou un démiurge, le créateur de jardins transforme le chaos en cosmos. Il le fait suivant les règles de la nature imitée à l’intérieur ci transformée par le génie et le travail humains. Comme on le lit dans la Théorie générale des beaux- arts de Sulzer (1792), l’art des jardins provient direc­tement de la nature qui est en soi un jardinier accompli. Les hommes apprennent à mettre en ordre leur demeure par l’imitation, en rendant plus belle la terre qui est déjà si riche d’espèces en tout genre.

Entrer dans un jardin inspire la beauté mais suscite aussi l’émerveillement pour ce que l’homme a su tirer de la nature. Le jardin est l’art de produire artificielle­ment un paysage naturel où nous voulons récapituler imites les beautés de Flore telles que les concevaient une culture et une civilisation déterminées. Ce qui prévaut ici, c’est le rapport dynamique entre le naturel cl l’artificiel. Il existe dans l’histoire de l’humanité une grande variété de jardins : babyloniens, égyptiens, grecs, romains, médiévaux, hispano-mauresques, renais­sants, baroques, géométriques, anglais, gothiques, japonais, chinois, etc. Nous admirons l’harmonieuse symétrie comme dans le jardin italien du Cinquecento, le culte du surnaturel et des présences inquiétantes, comme dans le jardin de Bomarzo, la rigueur architectonique comme dans les jardins français du XVIIe, le plaisir de l’irrégularité comme dans les jardins pay­sagistes anglais du XVIIIe. De Buontalenti à Le Nôtre, du Vignole à Brown, les jardins révèlent l’esprit du temps de la môme manière que la peinture, la littéra­ture, l’architecture. C’est ainsi que Louis XIV nous évoque Versailles, Rousseau les peupliers d’Ermenon­ville, la Perse médiévale les cloîtres fleuris de ses miniatures. En observant les jardins, nous réussissons à percevoir et à comprendre les rites, les croyances, la vie des peuples et des époques. Dans l’utopie de la Renaissance, on trouve un modèle idéal de jardin dans l’Hypnerotomacbia Polipbili ( 1499) .

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