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Le vêtement : Le lin

Vous êtes ici : » » Le vêtement : Le lin ; écrit le: 4 novembre 2012 par La rédaction modifié le 22 octobre 2018

vêtement-linLe lin est une plante dicotylédone à fleurs bleues ou blanches. Produit naturel, le lin ne génère aucun déchet, il est biodégra­dable et recyclable, et toutes ses parties sont utilisables. Fibre végétale, le lin est cultivé depuis l’Antiquité dans le bassin méditerranéen.

Une culture éphémère

□  Le lin textile est caractérisé par une tige longue de 80 à 120 cm, peu ramifiée et portant de petites graines. Les faisceaux fibreux sont constitués à 98 % de cellulose.



□  Le lin a besoin d’une terre homogène, de la lumière du jour et d’un climat tem­péré et humide. La France est, de par ses conditions climatiques, le premier pro­ducteur européen de lin.

□  La période des semailles s’échelonne de mi-mars à mi-avril, et la récolte se fait en général en juillet. La durée de végétation est courte : 100 jours. Les plantes sont alors arrachées et non fauchées, pour donner le plus de longueur possible.

La récolte du lin

□  La première opération s’appelle égrenage ou écapsulage. Elle a pour but de récupérer les graines qui seront utilisées comme semence ou pour la fabrication d’huiles industrielles (peinture, vernis). Le résidu ou tourteau de lin entre dans l’alimentation du bétail. Réduit en farine, on en fait des cataplasmes.

□  Le rouissage permet la fermentation des tiges de lin. Le rouissage à terre consiste à coucher sur le sol les tiges arrachées et à les retourner plusieurs fois. L’humidité de la rosée et du sol favorise l’action enzymatique de c hampignons et de bactéries. Avec la fermentation, les sommes ou pectines qui relient les fibres du lin à la partie ligneuse de la tige se dissolvent. Ce processus dure de 3 à 12 semaines.

□  Le rouissage peut s’effectuer à l’eau. Le lin arraché est mis dans des bacs d’eau tiède à 32 °C pendant trois jours. Un rouissage anaérobie (à l’air libre) se déve­loppe spontanément par l’action des bactéries. Cette technique donne une fibre de qualité régulière, mais est contraignante en manutention et polluante.

Une phase spécifique : la filature

□  Il existe deux types de fils : le fil de lin teillé ou long brin, très fin el de haute qua­lité, et le fil d’étoupe, plus court.

□  La mèche écrue obtenue peut être filée telle quelle ou traitée avant la filature pour obtenir une mèche dégommée, qui donnera un fil très fin. La mèche dégom­mée subit un traitement de débouillissage alcalin à une température élevée qui éli­mine les parties non cellulosiques du lin et qui contribue à la dissolution des gommes.

L’opération de filature peut être « au mouillé » ou « au sec ». Au mouillé, la mèche passe par un bain d’eau tiède lors de la filature. Au sec, la mèche écrue est filée au sec, et on obtient un fil plus gros, d’aspect rustique. Les applications les plus cou­rantes sont les tissus pour le casual wear, les tissus techniques comme les sacs postaux et l’ameublement.

Le plus vieux textile du monde

■    Lien sacré entre l’Ancien et le Nouveau Testament

Le lin tel que nous le connaissons exis­tait en Égypte au début du ive millénaire. C’est l’Égypte décrite par Pline et Héro­dote qui conféra au lin son aspect noble. Dans la mythologie, Isis créa le lin pour confectionner les vêtements mortuaires d’Osiris.

Outre ses vertus hygiéniques, le lin, par sa blancheur immaculée, devint le symbole de la pureté divine. Hérodote remarque que les Égyptiens « ne font pas entrer la laine à l’intérieur des lieux sacrés ». Seul le lin servait à la momification.

La chute de Babylone (Rome) est annoncée par les paroles « Malheur, malheur ! La grande ville était vêtue de lin fin » (Apocalypse, 18,16).

Les anges sont « vêtus de lin d’une blancheur parfaite », le lin étant le sym – bole des bonnes actions (Apocalypse, 19, 8 et 14).

En Israël, les Hébreux perpétuèrent cette tradition liniére. La tunique que Jacob fait faire à Joseph est en lin (Genèse, 37,3). Le Tabernacle était, lui, tendu de dix rideaux de lin fin. Aujourd’hui encore, les rabbins de la communauté juive de New York utilisent une toile de lin spécifique tissée en Europe. L’abondance et la diversité concernent la culture ; la préparation et l’emploi de lin montrent son importance aux temps bibliques. Les Anciens lui reconnaissaient des vertus esthétiques. Les Hébreux avaient coutume de parer les jeunes filles de lin blanc le jour du Grand Pardon.

Plus tard, le christianisme reprit le sym­bole de pureté du lin. Dans les églises, les autels sont recouverts de lin, en sou – venir du célèbre voile avec lequel sainte Véronique essuya le visage du Christ.

Le vêtement : Le lin

■    Le lin dans la tradition européenne

Les Phéniciens achetèrent le lin en Égypte et l’introduisirent en Irlande, en Angleterre et en Bretagne.

Les Romains furent les premiers à l’employer pour la décoration de leur maison.

Quant aux Gaulois, ils étaient réputés pour leur habileté à réaliser des tissus transparents… pour leurs femmes !

Au Moyen Âge, la culture et la fabrica­tion des vêtements en lin atteignirent leur apogée.

Ainsi, le mot « toile », lorsque aucune précision n’était apportée, désignait toujours la toile de lin ou de chanvre. Au XIe siècle, on s’aperçut que son emploi favorisait la disparition des maladies de la peau, notamment la lèpre. À la Renaissance, avec l’apparition de la notion d’hygiène, le lin connaît la faveur des Grands.

Mais il faut attendre le XIXe siècle pour voir son usage se généraliser.

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