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Les mouvement dans la peinture : Minimal Art

Vous êtes ici : » » Les mouvement dans la peinture : Minimal Art ; écrit le: 21 mai 2012 par La rédaction modifié le 23 octobre 2018

Les mouvement dans la peinture : Minimal Art

CONTEXTE

le terme américain « Minimal Art » traduit par « art minimal » ou « minimalisme », employé la première fois par le critique américain Richard Wallheim, prend une signification esthétique en 1962-63 en réaction à l’expressionnisme abstrait des années quarante et cinquante. Il est parfois employé dans un sens péjoratif et donne à penser que ses adeptes veulent « minimiser, minimaliser » l’art, le soumettre à un processus réducteur. L’art minimal signifie « less is more » c’est-à-dire « le moins est le plus » selon Mies Van der Rohe, architecte et designer du Bauhaus (école d’art allemande des années vingt). Très abondant en sculpture, l’art minimaliste compte cependant des artistes peintres majeurs : Barnett Newman et Frank Stella issus de l’école de New York. Stella donne les prémisses théoriques et stylistiques du minimalisme : « La seule chose que je souhaite que l’on tire de mes peintures et que j’en tire pour ma part est que l’on puisse voir tout sans confusion (…) tout ce qui est à voir est ce que vous voyez. » Dans les années quatre-vingt, la peinture minimaliste se renouvelle sous la dénomination de « NEO- GÉO » et « NÉO-MINIMAL » avec l’artiste Peter Haley



CARACTERISTIQUES

Plus de sujet, plus de formes, plus de mouvements, mais de la couleur sur un grand format. Les formes sont délibérément simplifiées à l’extrême, ramenées à leurs structures élémentaires, trait, point, cercle, carré et rectangle, fermement articulés. Les lignes, plans et traces géométriques sont orchestrés dans la simplicité la plus radicale obligeant l’observateur à percevoir le « minimal » dans l’œuvre d’art, nettoyée de toute représentation subjective. Les couleurs vives, réduites à deux ou trois, s’imposent dans chaque œuvre et évitent tout effet spatial. Muette, impersonnelle et insignifiante, elle provoque l’œil du spectateur par l’appel chromatique, plus ou moins intense et par la surface sur laquelle s’étend cette couleur. Des toiles surgissent différents degrés de lumière. Les surfaces mates ou brillantes donnent des vibrations différentes. Dès lors, l’œuvre possède son propre système lumineux et ne demande pas à être nécessairement éclairée pour être perceptible.

ARTISTES

Etats-Unis

Barnett Newman

(1905-1970) est l’un des artistes les plus importants de l’école de New York et du minimalisme. En 1962, il réalise des œuvres appelées « C0L0RF1ELD » ou « COLORFIELÜ PAINTING » (« champ coloré » ou « champ de couleur ») par le critique-théoricien Clement Greenberg. Le peintre réalise des monochromes appelés « ALL OVER » (toile recouverte uniformément de peinture). Parfois, aux deux extrémités du tableau, une mince et longue bande verticale colorée différemment rompt la grande surface peinte et la recentre en même temps. Sa peinture présente un « espace totalisant » en ce sens que le mur sur lequel elle est accrochée fait partie intégrante de l’œuvre (à la différence des monochromes d’Yves Klein ( -> NOUVEAU RÉALISME). Les titres des œuvres sont sans lien apparent avec la surface peinte, mais expriment un fond symbolique, parfois à caractère religieux.

Sol LeWitt

(né en 1928), représentant de renom du Minimal Art, utilise la ligne horizontale, verticale ou oblique dans un format carré et crée toutes les combinaisons possibles. Il accentue la bidimensionnalité du support par un réseau fin de lignes réalisées au crayon noir qui s’opposent au blanc du mur sur lequel il dessine directement. La sensation d’ombre et de lumière est accrue par les formes géométriques qui s’interpénètrent.

Ellsworth Kelly

(né en 1923) élabore des tableaux « HARD EDGE » (peintre aux « contours nets »). Ce terme est inventé par le critique Jules Langsner en 1958, lors de l’exposition « Hard Edge » qui se déroule a New York, en réaction à la peinture expressionniste abstraite.

Kelly peint des tableaux de grands formats composés d’une seule toile ou de plusieurs toiles de mêmes dimensions, assemblées et pertes en deux ou trois aplats.les contours des  formes sont fermes et nettement délimités, contrairement aux bords flous de rothko. Parfois. aplat géométrique recouvre complètement un autre aplat. Certaines formes ressemblent à celles existantes dans la nature, des feuilles d’arbre, des toits de maisons. Parfois aussi la toile semble insuffisamment grande pour que la forme y trouve sa place. Elle apparaît arbitrairement tronquée  sur les bords et c’est l’œil du spectateur qui la prolonge.

Frank Stella

(né en 1936) crée dans les années soixante un style appelé SHAPEÜ CANVAS (littéralement traduit par « toile mise en forme »). Il découpe des toiles dans un format original sur lesquelles il adapte des bandes de couleurs vives et décoratives. Il réalise aussi des découpes à l’intérieur de la toile et produit des œuvres à mi-chemin entre peinture et sculpture. Plus tard, il peint des toiles de formats variés, demi-circulaires, rectangulaires, polygonaux, dans une grande économie de couleur. Les bandes vivement colorées, parallèles, verticales ou arrondies s’adaptent rigoureusement à la forme de la toile pour la couvrir de part en part. Au milieu des bandes s’inscrit parfois un rectangle de couleur sombre, ou noir, en souvenir de sa période antérieure, des Black Paintings (1959-1960).

Robert Ryman

(né en 1930) construit ses toiles à l’aide de forts empâtements géométriques dans la tradition picturale (toile, pâte colorée comme chez Van Gogh).Il  choisit le format carré comme forme neutre et le blanc comme teinte fondamentale. La pâte affirme la matérialité de l’œuvre en accrochant la lumière.

Morris Louis

(1912-1962), Kenneth Noland (né en 1924) et Helen- Frankenthaler (née en 1928) représentent la seconde génération du « Colorfield » appelée « POST PAINTERLY ABSTRACTION ». Louis réalise des compositions aérées sur des toiles de coton fin, transparent. La peinture acrylique s’écoule à travers les extrémités de la toile, le centre reste de la toile brute. La palette est vive et la dispersion de la couleur moins délimitée que chez ses aînés.

La Canadienne Agnès Martin (née en 1912) tire des traits très fins sur la toile et oblige ainsi le spectateur à se rapprocher du support. Colorés de teintes différentes, ces traits provoquent un papillotement lumineux sur un fond blanc.

 Donald Judd

(1928-1994) sculpte plus qu’il ne peint. Avec son pinceau il alterne des bandes horizontales blanches et noires; Parfois, au centre de la toile, un cercle noir semble la trouer à l’infini. Ses tableaux s’organisent de pleins et de vides. Robert Mangold, Larry Zox, Darby Bannard, Robert Morris réalisent aussi des œuvres minimalistes.

ŒUVRES

Basra Gâte III

Stella, 1969, Folkwang Muséum, Essen.

Adam

Newman, 1951-52, Tate Gallery, Londres.

Telluride

LeWitt, 1960, collection particulière.

Red, Yellow, Blue

Kelly, 1962, collection particulière.

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