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Les mouvements dans la peinture : Abstraction lyrique

Vous êtes ici : » » Les mouvements dans la peinture : Abstraction lyrique ; écrit le: 18 mai 2012 par La rédaction

Les mouvements dans la peinture : Abstraction lyrique

CONTEXTE

en 1910, le premier peintre abstrait et théoricien de l’art non figuratif, Wassily Kandinsky, réalise sa première aquarelle, Première Œuvre abstraite : c’est le tournant de la peinture abstraite. Sensible à de nombreux mouvements artistiques, il s’imprègne plus particulièrement de l’impressionnisme et de la musique romantique de Wagner. Ainsi devant les Meules de Monet, Kandinsky découvre que le sujet manque, mais qu’une puissance incroyable s’en dégage. « Quant à Lohengrin de Wagner (…), je croyais voir toutes mes couleurs, je les avais sous les yeux ». Kandinsky aboutit à l’abstraction par le chemin de la théorie de la couleur, chaque toile est le « théâtre de la couleur ». La principale question qu’il se pose consiste à trouver par quoi remplacer l’objet disparu. Dans ce nouveau contexte, la spiritualité, l’environnement « idéaliste » détrônent le matérialisme du début du siècle. La recherche picturale de l’artiste ne s’effectue plus sur de l’objet figuratif et matériel, mais sur le contenu même de l’art, son essence, son âme.



Cette aquarelle de 19)0, point clé de l’abstraction, est l’expression directe et souveraine de l’émotion picturale individuelle et immédiate où toute forme de référence au monde extérieur est délibérément inexistante. Ses réflexions écrites, Du spirituel dans l’art ( 1911), Regard sur le passé (1913) et Point, Ligne, Plan (1926) l’aident à aboutir à son art, à en trouver sa justification et à en expliquer sa méthode. Le but de la peinture telle qu’il la définit est « de trouver la vie, de rendre perceptibles ses pulsations, d’établir les lois qui les régissent ». À l’art lyrique de Kandinsky vont succéder vers 1920-1922 d’autres formes d’art lyrique issues de talents américains et français. Après 1945 et jusqu’aux années soixante, les jeunes artistes français de l’École de Paris redécouvrent la liberté et l’émotion qu’ils opposent à l’abstraction géométrique. L’abstraction lyrique se développe, évolue à travers le temps et éclôt parfois sous le nom d’« art informel » (peinture gestuelle, tachisme, calligraphie, nuagisme etc…) (-» INFORMEL).

CARACTERISTIQUES

Aquarelles, croquis et esquisses de petits formats sur papier et toiles de grandes dimensions peintes à l’huile constituent l’œuvre du peintre. L’aquarelle, matière fluide, légère et transparente permet de rendre simultané le « temps intérieur » (l’émotion créatrice) et le « temps extérieur » (la matérialisation de cette émotion en une œuvre d’art). Il utilise parfois le tire-ligne et le compas. Le sujet de ses œuvres abstraites lyriques s’appelle « puissance d’émotions » et se traduit sur la toile par la « nécessité intérieure » de la peindre. Le mouvement général de la composition est scandé par des flèches, des traits noirs hâtifs et directionnels, ascendants, descendants ou rotatifs. L’artiste met en scène des droites et surtout des courbes, très rarement des lignes brisées. Pour la première fois dans la peinture, dans la construction dur tableau, le blanc a le même rôle que les couleurs qui font éclater les formes. Pour Kandinsky, le tableau est une « composition qui se  fonde sur une harmonie (…) dont la couleur agit sur tout le corps humain . Les teintes vives foisonnent, les formes se perdent dans la couleur qui déborde des limites des objets abstraits représentés. Pour mieux comprendre l’émotion provoquée par les couleurs sur le corps humain, Kandinsky explique : « le bleu apaise et calme en s’approfondissant.

En glissant vers le noir, il se colore d’une tristesse (…). Lorsqu’il s’éclaircit (…) le bleu semble lointain et indifférent {…). La passivité est le caractère dominant du vert absolu. Qu’il passe au clair ou au foncé, le vert ne perd jamais son caractère premier d’indifférence et d’immobilité (…). Le rouge, couleur sans limite et socialement chaude, agit intérieurement comme une couleur débordante d’une vie ardente et agitée (…). Le violet est un rouge refroidi au sens physique et psychique du mot. Le noir, comme un « rien » sans possibilité, comme un « rien » mort après la mort du soleil, comme un silence éternel, sans avenir, sans espérance (…) » (Du spirituel dans l’art}..

Kandinsky met en relation la couleur et la forme : « Des couleurs aiguës font mieux ressentir leurs qualités dans une forme pointue (le jaune par exemple dans un triangle). Les couleurs qu’on peut qualifier de profondes se trouvent renforcées, leur action intensifiée, par les formes rondes (le bleu par exemple dans un cercle). » La lumière et ses éclairs sillonnent les grandes taches de couleurs orientées.

ARTISTES

Wassily Kandinsky

(1866-1944), le père de l’art abstrait lyrique, associe la couleur et la forme, toutes deux libres, pour exprimer ses émotions.

ŒUVRES

Avec l’arc noir

Kandinsky, 1912, Musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris.

Composition instable

Kandinsky, 1930, collection Maeght, Paris.

Conglomérat

Kandinsky, 1943, collection Nina Kandinsky.

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