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Les mouvements dans la peinture : Caravagisme

Vous êtes ici : » » Les mouvements dans la peinture : Caravagisme ; écrit le: 16 mai 2012 par La rédaction modifié le 23 octobre 2018

Les mouvements dans la peinture : Caravagisme

CONTEXTE

le caravagisme, apparu vers 1599, se constitue à partir du style de Michelangelo Merisi, dit le Caravage, dont le sens révolutionnaire du sacré modifie les règles de l’art. Le peintre substitue une expression simple et réaliste à l’intellectualisme et aux artifices du maniérisme. Ses nombreux émules (il n’a jamais fondé d’école) s’inspirent de ses tableaux de maturité qui proposent un répertoire de formes et de thèmes. Certains peintres imitent la manière du maître (les contem­porains nomment Leonello Spada « le singe de Caravage »), d’autres choisissent une libre interprétation.

Le caravagisme s’étend en Italie (Rome, Naples, Gênes) et les peintres étrangers venus à Rome dans les trente premières années du XVII siècle le diffusent largement en Europe. Le mouvement s’éteint pratiquement vers 1632, mais, à Naples, il se prolonge jusqu’à la fin du siècle. En instaurant de nouveaux rapports entre le peintre et le monde, le Caravage atteint les sensibilités individuelles des mécènes et du peuple.



CARACTÉRISTIQUES

Les caravagesques utilisent de grands tableaux en largeur. Ils reprennent les sujets de la vie quotidienne : scènes de taverne avec des joueurs et des buveurs, concerts et diseuses de bonne aventure. Ils peignent les tableaux religieux à la manière de scènes de genre. Les personnages, porteurs d’un sentiment religieux humain et humble, sont des vieillards aux pieds sales, des soldats des bohémiens, des courtisans et de jeunes voyous. Ils portent des armures, des oripeaux, des rubans, des plumes et des instruments de musique.

Les compositions, d’une grande simplicité, opposent les figures surpris­es en mouvement comme par un instantané à d’autres, statiques. Les personnages présentés grandeur nature, à mi-corps ou en pied, se déta­chent sur le fond sombre et associent le spectateur à la scène représen­tée par l’absence de premier plan. Le Caravage traduit l’expression de ses personnages par les gestes, les attitudes et le jeu des regards. Les caravagesques y ajoutent les déformations du visage et la gesticulation. Les rouges, les bruns et les noirs dominent. La lumière, incidente, donne une valeur expressive au clair-obscur, fige l’action dramatique, révèle l’instanta­néité du message et guide l’œil du spectateur vers l’essentiel. La couleur appliquée directement sans dessin préparatoire, alla prima (« en premier », en italien), remplace le dessin pour définir les gestes, les contours et les formes.

ARTISTES

Italie

Orazio Gentileschi

, travaille à Rome puis à Londres. Il  poé­tise les scènes par la douceur de la lumière, des drapés soyeux et un chromatisme raffiné.

Le Caravage

(Michelangelo Merisi, dit, 1570-1610), personnage belli­queux et contraint à la fuite jusqu’à sa mort, anime ses personnages simples d’une poésie silencieuse. Les œuvres progressent vers la méditation et la sobriété des moyens picturaux pour atteindre un monde dépouillé et monochrome porteur d’émotions humaines.

Orazio Borgianni

(1578-1616) introduit en Espagne un caravagisme lyrique et sobre.

Bartolomeo Manfredi

(1582 – après 1622) élabore la Manfrediana Methodus – personnages du quotidien assis autour d’une table, clair- obscur violent, tiers supérieur du tableau vide et format en largeur – par laquelle le caravagisme se diffuse en Europe. Le Vénitien Domenico Fetti (vers 1589-1623) interprète un réalisme pittoresque avec un métier sensuel et des couleurs lumineuses.
Le TÉNÉBRISME constitue un caravagisme particulier à Naples qui influence l’Espagne. Les tenebrosi accentuent l’effet sombre et les violents contrastes d’ombres et de lumière. Surnommé Spagnoletto en raison de sa petite taille, José de Ribera (1591-1652), transmet un réalisme cru et ténébriste à Naples où il connaît une brillante carrière.

Mattia Preti

(1613-1699), nommé il Cavalière Calabrese, peint à Naples et à Venise. Sa phase caravagesque participe du ténébrisme : la lumière rasante fait émerger quelques gestes de l’ombre profonde.
Pieter Van Laer (1599-1642), dit  il Bamboccio, introduit la bambochade à Rome en 1625, genre né du caravagisme et qui saisit une réalité populaire pittoresque. Les peintres qui réalisent ces petites scènes sont appelés les BAMB0CCIANTI.

Espagne

Juan Sánchez Cotán 

(1561-1627) applique le style à la nature morte de simples légumes exposés dans une cave sous un éclairage contrasté (BODEGON). Francisco de Zurbarán (1598-1664) détache les personnages religieux violemment éclairés et sculpturaux sur un fond sombre.

Diego Velázquez

(1599-1660), de son nom exact Diego de Silva Velázquez, peint des bodegones et des scènes de la vie quotidienne avec de puissants reliefs et des effets de matière à ses débuts.

Bartolomé Esteban Murillo

(1618-1682) est marqué pendant sa période de formation poétique par Ribera et Zurbarán. Il développe un naturalisme poétique dans les scènes religieuses et profanes ‘(mendiants).

Hollande

Hendrick Jansz Ter Brugghen 

(1588-1629) adopte le caravagisme après son séjour en Italie de 1604 à 1614 et se particularise par les types franchement populaires et les tons subtils et clairs.De retour à Utrecht après les célèbres toiles de San Pietro in Montorio de Rome, Dirck Van Baburen (1595-1624) peint surtout des sujets profanes.

Gerrit Van Honthorst

(1590-1656), dit Gherardo delle Notti en ltalie. développe un effet luministe en introduisant dans le tableau une source éclairante visible lumineuse (LUMINISME).

Flandres

Pierre Paul Rubens 

( 1577-1640), connu comme l’un des grands peintres baroques, a réalisé dans sa jeunesse, tout comme le grand portraitiste. Antoon Van Dyck (1599-1641), quelques œuvres caravagesques.

Jacob Jordaens (1593-1678) reçoit l’influence de Rubens et du Caravage et ne fait pas le voyage à Rome. Ses toiles joyeuses et vivement colorées présentent des figures plantureuses.

France

Simon Vouet 

(1590-1649) délaisse rapidement le style caravagesque à son retour de Rome.

Valentin 

(Valentin de Boulogne, dit, 1591-1632), représentant majeur du style, peint avec sensibilité et mesure. Sa mort à Rome met fin au caravagisme français.

Claude Vignon

réalise des tableaux décoratifs et empâtés.Georges de La Tout (1593-1652) applique le luminisme, accentue l’atmosphère  silencieuse et recueillie dans sa période nocturne. L’éclairage ténu d’une chandelle provoque un style particulier : des pastilles de pâte notent les lumières, les formes sont géométriques et la gamme colorée se réduit aux bruns et aux rouges.

ŒUVRES

La Vocation de saint Matthieu,

 Saint-Louis-des-Français, Rome.                                      

Nativité de la Vierge, Borgianni, 

entre 1613 et 1616, sanctuaire de la Miséricorde, Savone.

Le Christ chasse les marchands du Temple,

 >Manfredi, musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, Libourne.            

Mise au tombeau.

 Van Baburen, vers 1617, chapelle San Pietro in Montorio, Rome.

Le Concert, 

Valentin, musée du Louvre, Paris.

Joueur de Luth, 

Ter Brugghen, 1624, National Gallery, Londres.

Saint Jérôme et l’ange du Jugement,

Ribera, 1626, Capodimonte,
Naples.

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