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Les mouvements dans la peinture : Cubisme

Vous êtes ici : » » Les mouvements dans la peinture : Cubisme ; écrit le: 18 mai 2012 par La rédaction

Les mouvements dans la peinture : Cubisme

CONTEXTE

En 1907, Pablo Picasso peint les Demoiselles d’Avignon (Muséum of Modem Art, New York) au Bateau-lavoir, son atelier de Montmartre. L’œuvre marque le point de départ de l’aventure cubiste menée conjointement par Picasso et Georges Braque. Le cubisme associe de nombreux peintres et sculpteurs qui offrent une riche diversité entre 1911 et la Première Guerre mondiale. Albert Gleizes, Jean Metzinger, Juan Gris, Fernand Léger, Louis Marcoussis, André Lhote parmi d’autres, procèdent de manière méthodique et se regroupent sous le nom de Section d’or.



Ce mouvement crucial, élaboré avec l’intention d’un jeu intellectuel et non d’un manifeste esthétique, révolutionne la peinture occidentale en rejetant le système illusionniste établi à la Renaissance (—» REN­AISSANCE). La sculpture primitive (ibérique, océanienne et africaine) apporte la simplification et la prise de conscience d’une réalité objective à représenter : un tableau cubiste montre ce que l’on sait des choses et non ce que l’on en voit d’un point de vue donné. L’étude de la peinture de Paul Cézanne permet d’élaborer un langage qui adapte la figuration à l’espace plan du tableau. L’évolution esthétique comporte trois étapes : le cubisme cézannien (1907-1909) ; le CUBIS­ME ANALYTIQUE ou hermétique (1909-1912) qui multiplie les points de vue et décompose géométriquement le fond et le sujet au point de rendre la figuration illisible ; le CUBISME SYNTHÉTIQUE (1912-1914) qui introduit les papiers collés. A propos d’une exposition de Braque à la galerie Kahnweiler, le critique Louis Vauxcelles donne naissance au mot « cubisme » en écrivant dans le Cil Blas du 14 novembre 1908 : « Monsieur Braque méprise la forme, .réduit tout (…) à des cubes. »

En 1911, le Salon des indépendants présente le cubisme au public pour la première fois, mais les concepteurs n’y figurent pas (par rejet des classifications). Gertrude Stein, mécène, se passionne pour le cubisme, les marchands Ambroise Vollard et Henry Kahnweiler, les poètes Guillaume Apollinaire, Pierre Reverdy et Max Jacob défendent ce mouvement qui imprègne l’avant-garde européenne.

CARACTÉRISTIQUES

Picasso et Braque délaissent progressivement les pinceaux et la peinture pour coller puis épingler ou assembler des matériaux de décoration, de bricolage et de récupération (le rebut) : papier peint, cartes à jouer, partitions de musique, bois, métal, ficelle. Après les paysages et les personnages de la période cézannienne s’ajoute la nature morte inspirée de l’univers des cafés et de la musique : les tables de bistrot, les bouteilles, les verres, le journal, la pipe, la guitare, la clarinette et le violon. L’œuvre stimule un échange avec le spectateur. Des signes (simulation d’objets, lettres) permettent de reconnaître les objets. Les moyens plastiques s’efforcent de traduire l’équivalent pictural de l’objet.

Le dessin indique l’essentiel des formes. La réduction géométrique du sujet et du fond donnent un rythme saccadé. Les « passages » cézanniens, petites facettes géométriques ouvertes qui s’interpénètrent, traduisent la discontinuité des plans dans l’espace et l’éclatement de l’objet dans les deux dimensions du support. Le peintre rend compte du sujet sous tous les angles. Les formes ne reçoivent pas d’éclairage mais émettent des variations lumineuses autonomes sous l’aspect de facettes claires et sombres.

La couleur, élément subjectif selon l’œil qui la perçoit et l’éclairement du motif, se simplifie puis se réduit à des tons de convention. Dans période analytique, la gamme des gris et des ocres envahit la surface. Les papiers imprimés achetés dans le commerce (papier peint, papier faux bois, etc.) collés sur le support, réintroduisent la couleur dans la période synthétique. Les motifs imprimés des produits manufacturés puis les objets réels assument la représentation pour éliminer le travail du pinceau, trop subjectif.

ARTISTES

Pablo Picasso

(1881-1973), Espagnol au génie inventif, libère l’imagination et la technique tout en restant figuratif et éminemment poétique tout au long de sa vie. Formé pour être maçon

Georges Braque

(1882-1963) conserve le goût du travail artisanal bien fait. Il est le premier à utiliser la lettre, à imiter les veines du bois et du marbre, à découvrir la technique du papier collé. Le grand peintre néerlandais Piet Mondrian (Pieter Cornelis Mondriaan, dit, 1872-1944) arrive à Paris en 1912 et s’intéresse au cubisme analytique qui le mène vers le principe de l’angle droit.

Louis Marcoussis

(Ludwig Markus, dit, 1878-1941), peintre français d’origine polonaise, emprunte son nom, suggéré par Apollinaire, à la  localité de Marcoussis (Essonne). Il peint les thèmes cubistes avec une palette vibrante et un sens du mouvement futuriste.

Fernand Léger

(1881-1955) imbrique les plans avec un souci de structure redevable à Cézanne dès 1909.

Le peintre français Henri Le Fauconnier (1881-1946) fragmente les volumes à partir de grandes études de nus. Les Français Albert Gleizes (1881-1953) et Jean Metzinger ( 1883- 1957) publient en 1912 le premier ouvrage théorique sur le cubisme : Du cubisme. Le premier simplifie la figure humaine mais conserve une figuration réaliste. Le second s’inspire du cubisme analytique pour affirmer la structure et non pour atteindre la qualité objective des objets et des figures. L’Espagnol Juan Gris (José Victoriano Gonzalez, dit, 1887-1927) rejoint les cubistes en 1911. Il crée un cubisme rigoureux et lyrique. Il peint avec un éclairage naturaliste et une gamme colorée sonnante et pratique le collage.

Roger de La Fresnaye

(1885-1925) fait partie du groupe en 1913, crée un style élégant, clair et coloré qui traduit en peinture les plages colorées des papiers collés synthétiques.

André Lhote

(1885-1962) adapte le cubisme à l’évocation du mouvement et de la vie.

ŒUVRES

Route à L’Estaque

Braque, 1908, Musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris.

Nature morte au cuira rasoir

Picasso, 1909, musée Picasso, Paris.

Le Guéridon ou Nature morte au violon

Braque, 1911, Musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris.

Homme à la mandoline

Picasso, 1911, Musée Picasso, Paris.

Bouteille de vieux marc, Verre et Journal

Picasso, 1912, Musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris.

Compotier et Verre

Braque, 1912, collection particulière, Baigneuses, Gleizes, 1912, musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Le Petit Déjeuner

Gris, 1915, Musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris.

La Tricoteuse

Metzinger, 1919, Musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris.

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