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Les mouvements dans la peinture : Dada

Vous êtes ici : » » Les mouvements dans la peinture : Dada ; écrit le: 19 mai 2012 par La rédaction

Les mouvements dans la peinture : Dada

CONTEXTE

dada naît le 8 février 1916 à Zurich et le mot apparaît la même année dans la revue Cabaret Voltaire sous la plume de Hugo Bail (1886-1927), directeur de la publication.
Dada s’implante à Berlin, à Cologne, à Hanovre, à New York, à Paris, et disparaît officiellement en 1924. De nombreux groupes dans le monde se réclament de Dada pendant cette période. Ce mouvement international se réfère à toutes les cultures, apprécie l’art nègre et la spontanéité enfantine. Tristan Tzara (1896-1963) établit les contacts entre.les nations malgré la guerre et parvient à faire voyager les tableaux, les livres et les revues. Le nom, trouvé au hasard en ouvrant le dictionnaire, ne veut rien dire et ne définit pas de programme. A la fois rien et tout, Dada participe de la vie, et revendique l’indépendance des artistes. Révoltés par les conflits qui déchirent le monde, les dadaïstes contestent tous les fondements de la civilisation occidentale et répliquent par la destruction, l’humour, le scandale, la violence, la dérision et la subversion. Ils condamnent le pouvoir mystificateur de l’art, dégagent la création des entraves morales, formelles et matérielles et favorisent l’expression spontanée et sans logique. L’œuvre d’art revêt le statut d’objet courant, notamment avec le « ready made » de Marcel Duchamp, objet quotidien soustrait à son contexte utilitaire et transposé tel quel dans le monde de l’art.



Dada se manifeste autant par le comportement et la façon de penser que par la production plastique. Ses membres donnent des soirées publiques improvisées, mêlent les lettres et l’art, s’expriment par de multiples revues et manifestes (dont sept sont écrits par Tristan Tzara), pratiquent les jeux de langage et la poésie. Héritiers de l’époque symboliste (—► SYMBOLISME) les artistes perçoivent les perturbations d’une société en devenir liées aux progrès scientifiques (mathématiques, physique) et à la psychanalyse.

CARACTERISTIQUES

Les artistes associent les éléments disparates au hasard, comme des morceaux de bois, des cheveux, du sable, des lacets, des fragments de toile, de la laine, des photographies et du papier journal. La peinture a l’huile côtoie les œuvres éphémères, périssables et temporelles.

Dada crée la confusion dans le classement des disciplines artistiques (peinture, sculpture). L’inspiration individuelle et instinctive  entraine des techniques et des formes inventives. Parmi celles-ci le merz. collage ou assemblage de déchets trouvés dans la rue : chiffons, tickets de bus et pièces de machines ; le photomontage qui assemble sur une surface plane des photographies découpées dans les magazines, le « roto- relief », disque en vinyle recouvert d’un graphisme qui donne la sensation du relief lorsqu’on le bouge ; lé « rayogramme » résultat obtenu après avoir exposé brièvement un papier photographique sur lequel l’ar­tiste dispose un ou des objets.

Dans le domaine des formes, les figures mécanomorphes combinent la machine et l’humain. Les artistes pratiquent le hasard pour l’imprévisible : Hans Arp dispose des papiers sur un carton, la face coloriée vers le support, il les retourne et les colle à la place fixée par le hasard.

ARTISTES

Francis Picabia

(1879-1953), né à Paris d’une mère française et d’un père cubain, participe à la naissance de Dada-New York en 1921 avec Duchamp. Cet artiste éclectique et décapant compose des œuvres mécanomorphes jusqu’en 1922.

Raoul Hausmann

(1886-1971), peintre et écrivain tchèque et cofondateur de Dada à Berlin en 1918, crée le photomontage. L’Allemand Kurt Schwitters (1887-1948), abandonne les matériaux traditionnels de la peinture en 1918 et assemble des éléments de rebut dans ses merz. Il  représente seul les activités Dada de Hanovre.

Marcel Duchamp

(1887-1968), artiste franco-américain, est un dadaiste fondamental à Paris et à New York. L’œil et le cerveau suffisent selon lui. Il crée en 1913 le « ready-made » qui rejette la nécessité de la technique pour s’exprimer en art. Jean ou Hans Arp (1887-1966), plasticien et poète français, participe à la fondation du mouvement Dada de Zurich en 1916; ses peintures et collages naissent du hasard et de l’imagination.

Hans Richter

(1888-1976) s’associe aux dadaïstes de Zurich.

Man Ray

(Emmanuel Rudnitsky, dit, 1890-1976), peintre et photographe américain, invente le « rayogramme » et pratique le collage. Lié en 1915 à Duchamp et Picabia à New York, il conçoit l’art comme un jeu. Il  s’installe à Paris en 1921.

John Heartfield

(1891-1968) développe à Berlin un art militant antinazi. Ses photomontages, ses affiches pour le Parti communiste allemand et ses illustrations d’une « beauté révolutionnaire » (Aragon) associent des images frappantes à des textes virulents, d’une grande plasticité.

Max Ernst

(1891-1976), peintre français d’origine allemande, anime le groupe de Cologne. Il se manifeste dans des collages réalisés en commun avec Baargeld et Arp nommés « fatagaga » (fabrication garantie gazométrique).

George Grosz

(1893-1959), peintre germano-américain, anime Dada à Berlin et décrit une société noire et grinçante.

L’Américain Robert Rauschenberg (né en 1925) et son compatriote Jasper Johns (né en 1930) se situent dans la lignée de Dada et désignent leur production des années cinquante par le terme de NEO-DADA1SM. Le premier crée les combine paintings, tableaux composés d’objets de rebut peints redevables à Schwitters et fonde en 1966 E:A.T. (Expériences dans l’art et la technologie) pour produire un art issu de l’industrie (holographie, lasers, sons, images électroniques, etc.), de l’artiste et de l’ingénieur. Le second conçoit un art opaque et figé mais néanmoins pictural.

OEUVRES

La Mariée mise à nu par ses célibataires, même ou le Grand Verre,

Duchamp, 1912-1923, Philadelphia Museum of Art.

La danseuse de corde s’accompagne de ses ombres

Ray, 1916, Museum of Modem Art, New York.

L’Enfant carburateur

1919, Picabia, Solomon R. Guggenheim Museum, New York.

L.H.0.0.0.

Duchamp, 1919, Musée national d’Art moderne,

Centre Georges-Pompidou, Paris.

Merzbild 25 A. Constellation

Schwitters, 1920, Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, Düsseldorf.

A.B.C.D.

Hausmann, 1923. Musée national d’Art moderne. Centre Georges-Pompidou, Paris.

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