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Les mouvements dans la peinture : Symbolisme

Vous êtes ici : » » Les mouvements dans la peinture : Symbolisme ; écrit le: 18 mai 2012 par La rédaction

Les mouvements dans la peinture : Symbolisme

CONTEXTE

Le symbolisme s’exprime entre 1886 et 1900 dans tous les domaines de la création : la littérature (poésie, philosophie, théâtre) en premier lieu, la musique et les arts plastiques. Né en France, il s’impose en Europe jusqu’à la Russie et sur tout le continent américain. La peinture symboliste, influencée par le langage poétique et visionnaire des romantiques (—► ROMANTISME) et par le charme nostalgique préraphaélite (—» PRÉRAPHAÉLITE) donne forme, dans la création, au monde intérieur subjectif et psychique. En rejetant l’inspiration de la nature, les symbolistes s’adressent à l’esprit, à l’imagination et non au regard (—> RÉALISME, IMPRES­SIONNISME, NATURALISME). Le critique Georges-Albert Aurier SYMBOLISME définit le symbolisme dans un article sur Paul Gauguin paru dans le Mercure de France en 1891 : « L’œuvre d’art devra être : premièrement idéiste, puisque son idéal unique sera l’expression de l’idée; deuxièmement symboliste, puisqu’elle exprimera cette idée en formes ; troisièmement synthétique, puisqu’elle écrira ses formes, ses signes selon un mode de compréhension général ; quatrièmement subjective, puisque l’objet n’y sera jamais considéré en tant qu’objet, mais en tant que signe perçu par le sujet ; cinquièmement l’œuvre d’art devra être (c’est une conséquence) décorative. »

Les poètes et les peintres, dans une communion d’idées, s’évadent dans le rêve et la mélancolie, rejettent le positivisme, la technique (la photographie) et le matérialisme. Les symbolistes vivent en marge de la société qu’ils jugent en déclin, s’adonnent au spiritisme, explorent leur imagination sous l’effet de l’alcool et des drogues. Ils cultivent le paraître (dandysme) et la provocation : à partir de la guerre franco-prussienne et de la Commune en 1870 et 1871, des groupes éphémères (zutistes, 1871 ; hydropathes, 1878) prônent la dérision et constituent le décadentisme. Enfin, les Arts incohérents associent journalistes, comédiens et dessinateurs pour parodier le Salon et amuser le public dans les expositions qu’ils organisent entre 1882 et 1893.



CARACTERISTIQUES

Les peintres s’inspirent des romans et de la poésie contemporaine et du passé (Dante). La mythologie antique, germanique, celtique et Scandinave, les légendes, les mythes, les contes de fées et la Bible alimentent leurs rêves. Les symbolistes magnifient avec une sensibilité à fleur de peau tout ce qui se cache derrière les apparences : l’antagonisme du vice et de la vertu, le sadisme et la luxure, la névrose, la projection du rêve, le fantastique, l’imaginaire, l’étrange, la magie, l’ésotérisme, l’au-delà, le mysticisme, la solitude et la mort.

Le symbole suggère une idée profonde et personnelle par analogie et plonge le spectateur dans l’inconnu. La femme fascine les peintres. Pure, hiératique, vertueuse et idéalisée pour certains, beauté fatale qui entraîne l’homme à la mort pour d’autres, souvent incamées dans les personnages légendaires de Salomé, d’Hélène et du Sphinx. Les fleurs symbolisent le bien et le mal, les animaux se métamorphosent et le paysage conduit le spectateur dans des contrées surnaturelles.

Les peintres recherchent l’harmonie esthétique qui convienne à leur  symbolique. Beaucoup d’entre eux allient la précision du dessin à l’effacement du coup de pinceau. La peinture s’enrichit aussi : variées : le hasard des taches colorées, le flou, les formes vacillantes. la sensualité des tons et de la matière picturale.

ARTISTES

France

Les femmes idéalisées et allégoriques de Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) évoluent dans un paysage serein.

Gustave Moreau

(1826-1898) peuple ses compositions visionnaires et richement colorées d’héroïnes légendaires et redoutables.

Le songe surgit de l’observation du réel dans les œuvres d’Odilon Redon (1840-1916) et prend forme dans le coloris somptueux et impalpable.

Eugène Carrière

(1849-1906), inspiré par Rembrandt et Turner, situe les instants de l’intimité familiale dans un espace vaporeux.

Lucien Lévy-Dhurmer

(1865-1953) s’inspire du préparaphaélisme et de Puvis de Chavannes.

Le critique d’art Joséphin Péladan, grand maître de l’ordre de la Rose- Croix dès 1891, préconise la conception onirique et mystique de l’art. Le « Sâr » Péladan organise des Salons et réunit les symbolistes Alphonse Osbert (1857-1939), Edmond Aman-Jean (1860-1936).

Fernand Khnopff

(1858-1921) symboliste belge très important.

Jean Delville

belge également (1867-1953) et Carlos Schwabe, suisse (1866-1926).

Belgique

Félicien Rops

(1833-1898) peint la perversité féminine dans une pâte grasse aux tonalités chaudes.

James Ensor

(1860-1949) déguise des squelettes et utilise les masques pour critiquer la société avec un humour grinçant.

Espagne

Adria Gual-Queralt (1872-1944) crée des allégories sentimentales et décoratives.

Grande-Bretagne

Sir Edward Burne-Jones (1833-1898) représente la deuxième école préraphaélite renouvelée par le symbolisme. Les figures puissamment modelées et pensives surgissent d’un passé rêvé par le peintre.

Italie

Giovanni Segantini (1858-1899) allie sujets symbolistes et style divisionniste.

Norvège

Edvard Munch (1863-1944) exprime les réminiscences de ses douleurs passées par la distorsion et la synthèse. Il fait le lien entre le symbolisme et l’expressionnisme.

Russie

Le mouvement GOLOUBA1A ROZA (« la Rose bleue ») regroupe les symbolistes russes dès 1907. Martiros  Sergueïevitch Sarian (1880- 1972) figure parmi ses fondateurs.

Suisse

Arnold Bôcklin

(1827-1901) évoque la mythologie dans des paysages mystérieux et sombres.

Ferdinand Hodler

(1853-1918) insuffle à ses œuvres strictement ordonnées un sentiment panthéiste.

OEUVRES

L’Enchantement de Merlin

Burne-Jones, 1878, Tate Gallery, Londres.

L’Ile des morts

Bôcklin, 1880, Kunstmuseum, Bâle.

Le Rêve

Puvis de Chavannes, 1883, musée d’Orsay, Paris.

La Vie de l’humanité

Moreau, 1886, musée Gustave-Moreau, Paris. Angoisse, Munch, 1894, musée Munch, Oslo.

Sphinx, ou les Caresses

Khnopff, 1896, Musées royaux des Beaux-arts, Bruxelles.

La Rosée

Gual-Queralt, 1897, museo de Arte moderno, Barcelone

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