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Les paysagistes en france depuis 1945:Exemples

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Les paysagistes en france depuis 1945:Exemples

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Nous allons suivre l’évolution des pratiques paysagères à travers quelques exemples représentatifs issus de notre recherche ; l’évolution de la question du rapport au site et au contexte permet d’abord d’introduire ces opérations et de les inscrire dans une dynamique commune : pris en compte avant la Seconde Guerre mondiale et jusqu’aux années cinquante, le site devien­dra une abstraction jusque dans les années soixante-dix ; depuis, la révélation du site est caractéristique de l’approche des pay­sagistes, attitude en germe auparavant, comme nous allons le montrer.

La question du site : prise en compte, invention, révélation, la boude est bouclée

Pour la génération des professionnels pluridisciplinaires de l’entre-deux guerres, l’attachement aux qualités du site était essentiel. Selon Forestier, le langage formel ne devait découler que du contexte de chaque projet, celui-ci renvoyant à un art de l’articulation fondé sur une analyse historique, géographique et urbaine préliminaire ; sa proposition pour la Cité universi­taire s’inscrit dans une voie radiale universitaire menant du quartier latin à la vallée de Chevreuse. Le parc Kellermann, conçu par Gréber, utilise la topographie chahutée des fortifi­cations en installant une série de terrasses surplombant l’an­cienne zone…

Cet héritage reste parfois lisible jusque dans les années cinquante. En témoignent les projets, évoqués plus loin, de la ZUP de Beaulieu et, sous certains aspects, celle de l’Aubépin à Chalon-sur-Saône. Le projet de Bron-Parilly s’inscrit, lui, dans la lignée des visions corbuséennes, exposées en 1943 dans la Charte d’Athènes. Pour célébrer l’alliance de l’homme et de la nature, celle-ci n’en n’offre en réalité qu’une image abstraite, dénuée de tout rapport au sol. Une conception affir­mée également par Marcel Lods, dans des termes extrémistes : « Une ville même détruite ne peut pas être reconstruite avec

des données neuves, il faut pour qu’on puisse y arriver qu’on ait supprimé deux choses : le dernier habitant et le cadastre » .

Pour expliquer cette rupture, nous retenons l’hypothèse « qu’il y avait, dans le décret de 45, davantage en jeu que la simple pro­fessionnalisation des paysagistes. Il y avait peut-être la possibi­lité d’une émergence d’une politique du paysage plus ambitieuse. (…) Mais le poids de la tradition de l’art des jardins a semble- t-il refermé la section sur la profession et son école. Par ailleurs, Eugène Claudius-Petit (devenu ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme) semble avoir globalement tranché après 48 en faveur de Le Corbusier et de ses épigones ».

A la même époque, les Floralies montrent qu’en « forçant la nature », on obtient les effets plastiques désirés, comme dans un tableau abstrait : le site est une abstraction, une invention destinée à recouvrir la réalité que l’on ne souhaite pas voir. La recherche de la nouveauté à tout prix rejoint l’impossible mémoire — celle des bombardements, de l’Occupation et des compromis­sions. L’héritage de l’existant n’est pas recevable dans cette période d’innovations et de contradictions, et cela jusque dans les inter­ventions en villes nouvelles au début des années soixante-dix.

La deuxième série d’opérations présentées ici s’inscrit à la fois dans ce contexte et dans l’accumulation d’indices opposés à cette amnésie du site à des degrés différents. En témoignent les pro­jets de Jacques Sgard à La Maurelette à Marseille, de Jean-Claude Saint-Maurice au Village olympique de Grenoble et de Michel et Ingrid Bourne aux Minguettes en périphérie lyonnaise.

Les deux dernières opérations exposées ensuite ouvrent un nouveau cycle de conception qui apporte à la fois une articula­tion, par le travail fondateur de Jacques Simon à Reims, et un renouvellement des références, avec Michel Corajoud à la Villeneuve de Grenoble, où il offre l’image d’un nouveau paysage superposé au paysage existant : « Le site, dit-il, c’était les bâtiments. »

Ce tour d’opérations nous ramènera à la période actuelle, où la révélation du site est devenue un leitmotiv… Il s’agit de témoi­gner de la force d’invention des paysagistes et de leur conquête d’une posture originale. Malgré le discours global qui veut que le travail sur les espaces verts soit resté marginal, de projet en projet se sont esquissés les jalons d’un savoir-faire aujourd’hui reconnu. Pour cela, ces concepteurs s’appuient sur les racines mêmes de leur métier : le rapport au milieu vivant ; ils trouvent souvent des références dans les pays de culture Scandinave ou anglo-saxonne. Ces exemples ne sont certes pas les seuls à avoir contribué à cette genèse, mais ils appar­tiennent à un tissu constitué autour de l’Ecole de Versailles, seule filière de formation des paysagistes concepteurs jusque dans les années soixante-dix, et offrent ainsi une image relativement fidèle de l’évolution du métier.

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