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Les terres réfractaires

Vous êtes ici : » » Les terres réfractaires ; écrit le: 22 novembre 2011 par La rédaction

Ces matières naturelles fortement apyres présentent néanmoins des résistances pyrométriques différentes, comprises habituellement entre 1 500 et 1 750 °C. Cette réfractarité due à l’alumine est une qualité que possèdent des minéraux alumineux, siliceux, magnésiens, calcaires, dolomitiques, chromeux ou d’autres plus complexes comme le carborundum et le zircone qui sont, pour la plupart, inaptes à toute utilisation céramique directe.

Jean-Pierre Viot, carreaux engobés pour un bas-relief.

Jean-Pierre Viot, carreaux engobés pour un bas-relief.

Mais, selon son habitude, la nature sait nous offrir de précieu­ses synthèses et quelques terres sont à la fois argileuses et réfractaires, ce qui autorise leur façonnage, plus particulièrement pour la fabrication des briques de four et du matériel d’enfournement. L’industrie du sanitaire et du carrelage, qui a besoin de terres sta­bles, se déformant peu au séchage et à la cuisson, en fait grand usage. Provenant des carrières de Villenauxe, de Provins ou de Montereau, souvent nommées « terres blanches », ces argiles sont à la base du développement, au XVIIIe siècle, des terres de pipe de type français.



Les pâtes composées

Un autre moyen pour exploiter les qualités des matières réfractaires consiste à former des pâtes composées, suffisamment plas­tiques et dans lesquelles l’élément infusible, généralement siliceux ou alumineux, est lié par une argile grasse. Cette solution est lar­gement adoptée par les céramistes qui trouvent là un compromis satisfaisant. La part réfractaire est souvent introduite sous forme d’une chamotte apyre (ce qui n’est pas toujours souhaitable) ou quelquefois même de kaolin calciné (réaction particulière au façonnage).

Haguiko, sculpture à la plaque.

Haguiko, sculpture à la plaque.

L’argile de Provins non grésante, riche en kaolinite (type RR40 de Cératera), a la préférence de plusieurs formulateurs de terre, mais aussi d’artistes tels Jean-Pierre Viot et Haguiko, qui ont libéré son formidable potentiel créatif; ils la préparent eux- mêmes à l’aide d’une ancienne « boudineuse » de briqueterie et l’emploient soit simplement chamottée pour la sculpture, soit additionnée de terre de Noron pour le tournage. Elle se pare d’un ton ocre clair en cuisson oxydante ou neutre. Sa principale qualité apparaît dans la réalisation d’œuvres ingélives alors qu’elle demeure suffisamment poreuse pour l’émaillage, même lors d’un biscuitage à haute température.

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