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Lunité de voisinage de Bron-Parilly

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Lunité de voisinage de Bron-Parilly

ARTICLE

changement d’échelle des techniques de terrassement et de plantation

Le grand ensemble de Bron-Parilly nous amène à la rencontre de jeunes diplômés de la « Section » : Michel et Ingrid Bourne. Il est construit à partir de 1954, dans la banlieue est de Lyon, à la croisée de deux voies rapides qui deviendront respectivement le périphérique de l’agglomération lyonnaise et l’autoroute vers Grenoble : de facteur d’ouverture, ces voies sont devenues coupures… Les paysagistes souscrivent aux idéaux modernes et sont curieux de tenter la mise en relation de grands bâtiments avec de vastes espaces évoquée par la Charte d’Athènes : « Ces barres courbes introduisaient une notion d’espace tout à fait nouvelle, constitué d’éléments qui échappent à la géométrie. Nous avons donc fait des formes libres, disons “naturalistes”. Nous n’avons pas utilisé de haies, ni d’arbustes : il semblait que ce n’était pas à l’échelle des bâtiments et qu’il valait mieux travailler en masses forestières, comme dans les dessins de Le Corbusier. »

Lorsque les paysagistes sont appelés par hasard en 1956, bâti­ments et voiries sont réalisés ; il reste à les relier, à constituer des seuils et des accès ; des dénivelés de plusieurs mètres entaillent le terrain par endroits ! C’est un tournant dans la commande et dans la réponse apportée. Jusque-là les techniques de paysage étaient des techniques artisanales de jardinage et les plantations, des modèles horticoles un peu précieux ; ici, la réponse doit être innovante. L’étroitesse du budget interdit le recours à un géomètre. Donc pas d’état des lieux : on intervient en régie avec des engins de terrassement de type travaux publics, des bulldozers dirigés par M. Bourne et payés à la journée ; les semis sont faits par des engins agricoles. Comme à l’Aubépin, les plantations suivent des techniques forestières, rapportées cette fois d’Allemagne ; la pépinière paternelle fournit la

palette de végétaux aptes à pousser sans entretien sur des sols quasi stériles. Nourris par la culture allemande d’Ingrid, les Bourne se réfèrent aux grandes réalisations mécanisées vues à Hambourg ou aux autoroutes allemandes plantées par le professeur Alwin Seifert.

Ce pragmatisme a permis quelques acquis : l’évolution de l’échelle d’intervention, celle des techniques de terrassements et de plantations (abandon des haies…) et celle de la palette végé­tale. Des éléments du site sont intégrés au projet ; la notion de gestion est prise en compte, permettant un entretien minimal pour que le temps travaille à l’évolution du projet. L’enjeu est aussi à ce moment-là, comme avant la guerre pour les architectes, celui de la dissociation des compétences entre le paysagiste- entrepreneur et le paysagiste-concepteur, rendue possible par l’acquisition d’un enseignement et d’un diplôme nouveaux. Les années suivantes seront une lutte permanente pour faire accéder les paysagistes à un rôle plus décisif dans les projets d’aména­gement et échapper au cadre de la composition architecturale.

Lunité de voisinage de La Maurelette : la prise en compte d’éléments existants

Dès 1959, Jacques Sgard est impliqué dans le projet de l’Unité de voisinage de la Maurelette. A l’initiative du Comité inter­professionnel du logement (CIL) des Bouches-du-Rhône, un consensus s’établit pour la réalisation d’une opération exem­plaire. Les frères Chirié, architectes régionalistes militants, peu convaincus par les réalisations de Le Corbusier et des Parisiens importés à Marseille, fondent leur réflexion sur les caractères locaux de l’architecture qui répondent aux contraintes du site provençal : pignons aveugles au mistral, protection des façades sud du soleil, ouvertures est-ouest, etc. Ils font référence aux cours d’Aix et d’Aubagne. Le projet prend forme au cours de « colloques pluridisciplinaires » réunissant architectes, paysa­gistes, coloristes, médecins, assistantes sociales…

Sur un site en forte pente, la colline des bastides, au nord de Marseille, ils obtiennent la réduction de l’opération de 1 500 à 750 logements. Le réseau souterrain hydrographique de sources est préservé par l’absence de terrassements : les bâtiments sont posés sur le sol, des placettes minérales plantées surmontent les parkings. Le plan de masse préserve l’ancienne bastide et son mail de platanes ; les bâtiments entourent la « tèse » de la bastide, couvert dense de végétaux persistants donnant ombre et fraîcheur au pire « cagnard » et prolongeant la demeure. Jacques Sgard apporte son savoir-faire technique et sa connaissance bota­nique ; il est associé au projet dès le début des études. Bernard Lassus réalisera en outre un travail raffiné de coloriste, permet­tant aux bâtiments de jouer avec le ciel pour les tours, le végé­tal ou le sol pour les barres.

Le Village olympique de Grenoble : maîtrise du sol et transitions fines

Au Village olympique de Grenoble, en 1965, Jean-Claude Saint- Maurice, convaincu des qualités du projet de l’architecte Maurice Novarina, met en œuvre un dispositif de transitions entre une rue piétonne minérale, colonne vertébrale du projet, et des espaces libres paysagers, également piétons. Introverti et autonome, le projet ménage de fines liaisons avec les mails plantés des par­kings qui ceinturent l’opération et une ouverture vers les mon­tagnes environnantes au niveau de la placette commerçante centrale. Le paysagiste a apporté un art minutieux des espaces intermédiaires et du rapport au sol, sans morcellement ; les espaces sur dalle sont très bien raccordés au terrain naturel. La mise en place d’espaces de jeux d’usage libre ainsi qu’une grande qua­lité de plantations et la maîtrise de la préparation des sols ont garanti, après quelques années, la « revanche des paysagistes ». Elle est ici spectaculaire, comme dans bien d’autres opérations : bien plantés et adaptés au niveau d’entretien prévu, conçus pour durer, les végétaux donnent leur plein épanouissement. Un grand nombre d’œuvres d’art agrémentent l’espace, comme souvent dans les réalisations de cette période ; de même, tout un voca­bulaire caractéristique se retrouve : « boîtes à gazon », entou­rages d’arbres, sols sculptés et minéralisés, comme ceux de Sgard au parc floral de Vincennes ou au parc André Malraux. Saint- Maurice développera ses réflexions sur « le territoire quotidien de l’habitat » au cours d’une recherche éponyme réalisée en 1983 pour le ministère de l’Equipement, dont l’expression la plus aboutie est son projet pour Combs-la-Ville dans les mêmes années.

VIDEOS

Vidéo : Lunité de voisinage de Bron-Parilly

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Lunité de voisinage de Bron-Parilly

http://www.youtube.com/watch?v=rKx4Qh0GeI8

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