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Paysages sous surveillance :Interdiction de stationner

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Paysages sous surveillance :Interdiction de stationner

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Tous les dispositifs actuels destinés à organiser les cheminements et à sélectionner les accès montrent combien l’organisation architecturale reste dominée par une seule crainte : l’aptitude au rassemblement – qui se confond, peu à peu, avec l’aptitude au mouvement insurrectionnel. Au lieu d’empêcher certains déplacements, il s’agit donc de les canaliser. Les acteurs de h sécurité considèrent ainsi tous les habitants comme des voya­geurs 14. A l’échelle des grands ensembles comme du territoire, leur but n’est pas d’arrêter, de maintenir dans l’immobilité les habitants mais de dominer, voire de faciliter leurs mouvements l’interdiction pour les passants de stationner va ici de pair avec: l’interdiction de se rassembler. Les nouveaux dispositifs de sécurité contribuent ainsi à privilégier une logique de flux faisant de tout terrain une voirie potentielle.

Une division s’impose ainsi peu à peu entre des zones sur­veillées linéaires et des zones vagues non surveillées. Cette oppo­sition a été jusqu’à prendre une forme caricaturale dans un grand ensemble en Angleterre. Une ligne peinte au sol, indiquant le champ couvert par des caméras de télésurveillance, y suffit  effet à transformer le statut d’origine des espaces extérieurs puis­qu’elle a également pour objet d’établir la limite au-delà :: laquelle les gestionnaires ne garantissent plus la sécurité des pié­tons. Ainsi, que l’espace soit observé au moyen de caméras vide; ou depuis un point stratégique – comme une loge de gardien —, celui-ci se compose désormais de morceaux déconnectés que se_ celui qui surveille relie depuis son poste de contrôle. C’est l’en­chaînement formel des attitudes enregistrées qui remplace

l’association moderne des espaces et des réseaux destinés à une seule fonction ou à une seule vitesse. Si bien que l’espace public se voit soumis à un second dualisme, qui prolonge l’opposition automobiles-piétons et correspond aux deux stratégies complé­mentaires mises en place, depuis peu, dans les grands ensembles : un espace soumis au principe de la ronde — satellisation des élé­ments qui composent l’espace autour du chemin de ronde emprunté par les forces de l’ordre ; mais aussi un espace soumis au principe du défilé – atomisation de postes privilégiés devant lesquels défilent, de près ou de loin, un grand nombre d’habitants.

Ainsi, s’il nous est permis d’employer une terminologie mili­taire pour désigner le passage de la conception moderne du ter­ritoire à la conjonction actuelle des moyens de sécurité, nous dirions que nous sommes passés d’un contrôle des mouvements à un contrôle des positions : la gestion des flux qui sillonnent le terri­toire n’est plus définie en termes de réseaux continus mais s’éta­blit point par point, de points lumineux en points stratégiques.

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