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Périodes et styles : Les périodes

Vous êtes ici : » » Périodes et styles : Les périodes ; écrit le: 28 mai 2012 par La rédaction

Périodes et styles : Les périodes L’histoire de l’art n’est pas concevable sans découpages destinés à cerner des ensembles présentant une certaine cohérence. Ces choix correspondent parfois à la longue durée des grandes civilisations — égyptienne, grecque… — à l’inté­rieur desquelles des subdivisions plus précises seront repérées : dynasties pha­raoniques, classicisme, hellénisme. Mais les bornes de ces périodes peuvent être le fait d’événements historiques instaurant de brusques ruptures — la prise de Constantinople par les Turcs en 1453, le sac de Rome par les troupes du Saint- Empire en 1527. En ce sens, l’histoire de l’art est évidemment liée à l’histoire générale.

Mais le découpage peut aussi s’attacher prioritairement à une histoire des formes ou des styles, et ne pas correspondre exactement à la domination d’une civilisation ou aux soubressauts de l’histoire : l’art islamique influencera dura­blement celui de la Péninsule ibérique, les principes de l’art classique grec seront périodiquement repris aux XVe, xvn’ et xvni’ siècles. On comprend aisé­ment que la distinction entre styles et périodes n’est pas nécessairement per­tinente ou que, pour le moins, elle correspond à des choix idéologiques ou théoriques.



Selon que sont privilégiées l’époque, l’aire géographique ou une autre sur­détermination — telle la religion —, le découpage correspond à des périodes plus ou moins précisément bornées, ou à des ensembles nationaux.

La période caractérise une durée bien déterminée. Mais l’art islamique, uni par la religion, peut difficilement s’envisager « découpé » en périodes. C’est pourquoi il est traité à part dans les histoires de l’art. On rencontre le même pro­blème avec tout ce qui n’appartient pas à l’art occidental. C’est l’aire géogra­phique qui prévaut pour l’Asie, tandis que pour désigner le caractère originel d’un art hors-histoire, celui des sociétés tribales, le terme d’« arts premiers » est maintenant adopté.

La préhistoire (de 30000 À 750 ans avant notre ère)

« L’histoire est celle des textes, la protohistoire celle des groupes humains dont il est question dans les textes et qui n’ont pas eux-mêmes d’écriture, la préhis­toire celle des groupes humains sans écriture » (Leroi-Gourhan).

– L’art des steppes (du vII siècle au iv’ siècle av. J.-C.) : les Cythes et les Sarmates.

L’époque antique (de l’invention de l’écriture au IV siècle de notre ère)

  •  Le Proche-Orient (Sumer, Assyrie, Perse achéménide).
  •  L’Égypte.
  •  La civilisation égéenne (les Cyclades, Crète, Mycènes).
  • La Grèce (l’art géométrique du xie au vine siècle av. J.-C.; l’art orientalisant du vne siècle; l’Archaïsme du vie siècle; le Classicisme du Ve au IVe siècle; l’art hellénistique du ni’ au siècle av. J.-C.).
  •   Les Étrusques (du vin’ siècle av. J.-C. au iv* siècle av. J.-C.).
  •  Rome (du IVe siècle av. J.-C. au iv* siècle ap. J.-C.).

L’époque médiévale (du IVe siècle  au XVe siècle)

  •  Les chrétiens primitifs (art paléochrétien et art copte, du iv6 au vie siècle).
  •  Le Haut Moyen Âge, Byzance (527-1453).
  •  La chrétienté : le Haut Moyen Âge (mérovingien, irlandais, carolingien et otto- nien), l’art roman (1050-1200), l’art gothique (1150-1550).

l’époque moderne (de 1453 À 1820)

Les temps modernes, notion qui dépasse l’histoire de l’art, sont inaugurés par la chute de Constantinople en 1453.

  • La Renaissance (1400-1600) :

–   Le Gothique tardif (xiv* et XVe siècles en Flandres, France et Allemagne).

–   La Première Renaissance (1400-1450).

–   La Haute Renaissance (1450-1520).

–   La Renaissance dans le Nord (XVe et xvie siècles en Allemagne, Pays-Bas, France).

–   Le Maniérisme (1520-1600).

  • L’art classique et baroque (1600-1800) :

Le Baroque (1600-1750) inclut le classicisme français. Cette période est appelée « âge classique » quand la France seule est considérée (à ne pas confondre avec la Renaissance classique qui désigne en Italie l’époque de Raphaël).

La clôture de l’époque moderne est moins nettement définie, et, le temps passant, nécessairement appelée à varier encore. Pour clore une période il faut en ouvrir une autre ; l’art des temps modernes doit céder la place à l’art contemporain. Pour certains l’époque moderne s’achève avec la Révolution française ou le Romantisme (F. Hamon et P. Dagen, Histoire de l’art, 1995); mais d’autres dates peuvent être avancées : après la première guerre mondiale, voire la seconde et même 1960. De même, l’art du xx* siècle ne commence pas en 1900 mais, selon les options des historiens, entre 1890 et 1913… Les choses se com­pliquent encore avec la rapide succession et la synchronie des avant-gardes des années 1910-1920, qui montre bien les limites méthodologiques de la chrono­logie (Les Nymphéas de Claude Monet sont achevés près de vingt ans après Les Demoiselles d’Avignon de Pablo Picasso…).

l’époque contemporaine

Par définition la notion de contemporanéité ne peut recouvrir une époque fixe. Elle diffère également selon les arts. Tel objet, ou tel geste du début du siècle peut conserver aujourd’hui encore un potentiel de développement — ainsi l’œuvre de Marcel Duchamp est-il continuellement revisité depuis les années 1960 — telle peinture des années 1950 apparaîtra au contraire comme l’abou­tissement de recherches inaugurées au xix’ siècle. Tous les artistes ne marchent pas du même pas.

On fait souvent débuter l’art contemporain après 1914 par le dadaïsme. Mais des auteurs (J.-L. Chalumeau) font commencer l’art contemporain en 1945. À cette époque, des artistes disparaissent (Klee, Delaunay, Kandinsky, Mondrian et Bonnard), de nouveaux entrent en scène (Pollock, Dubuffet…). Paris cesse d’être la capitale de l’art au profit de New York. L’année 1960 a été aussi avancée pour la France où se créent cette année-là les premières maisons de la culture. Une politique artistique est définie, les mentalités changent; l’exposition de 1972 au Grand Palais célèbre « douze ans d’art contemporain ».

Il s’agit surtout de montrer en quoi l’art contemporain est en rupture avec l’art moderne. Anne Cauquelin (L’Art contemporain, 1993) distingue le modèle de fonctionnement de l’art moderne, appartenant au régime de la consomma­tion, et celui de l’art contemporain qui appartient, quant à lui, au régime de la communication. Ainsi est contemporain ce qui est soumis aux « effectuateurs » suivants :

  •   le réseau : système global et non linéaire, interactivité (dialogue avec le public);
  • le bouclage : la partie correspond au tout, et obéit au principe de réversibilité;
  •  redondance et saturation : la répétition du message;

la nomination : prévalence du contenant sur le contenu;

  •  la simulation : construction d’une réalité seconde indissociable de la « vraie » réalité.

Dès lors, pour Anne Cauquelin, la contemporanéité (et non l’art contem­porain) débute avec Marcel Duchamp, à l’aube du xx6 siècle.

l’époque actuelle

L’art aujourd’hui mêle les fonctionnements modernes et contemporains. C’est pourquoi il est utile de disposer du terme neutre d’« actuel » pour désigner les pratiques se déroulant ces dernières années.

À côté de cette périodisation de l’art occidental, le reste du monde est abordé soit par regroupement géographique — l’Asie avec l’Asie centrale, l’Inde, l’Asie du sud-est, la Chine, le Japon; soit sous l’appellation d’Arts primi­tifs (ou premiers)— l’Afrique, l’Océanie, l’Arctique, les Amériques. Enfin les arts unis par une même religion : l’Islam dont le domaine est immense, comprenant une part de la péninsule ibérique, l’Afrique du Nord, l’Égypte, la Palestine, la Syrie, la Turquie, l’Arabie, l’Iraq, la Perse, l’Inde et la Chine. Découpage géo­graphique qui n’exclut pas, les recherches se précisant, la constitution d’une histoire.

 

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