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Vive le formalisme

Vous êtes ici : » » Vive le formalisme ; écrit le: 29 mai 2012 par La rédaction

Vive le formalismeBois et krauss

Il n’y eut de véritable théorie formaliste de l’art que relativement à la littéra­ture, dans la Russie soviétique des années 1920. Cette école critique connue sous le nom de Formalisme russe s’opposa au marxisme et était étroitement lié au Futurisme. Trotsky la définit comme « un avorton de l’idéalisme appliqué au problème de l’art » (Littérature et révolution, 1924). L’œuvre d’art est perçue comme « une somme de procédés ». Mais ces procédés s’usent et s’automa- tisent. La genèse et le mouvement des formes — ici littéraires — répondent à la nécessité de singulariser ces procédés qui ont tendance à se stéréotyper. L’idée défendue entre autres par Victor Chklovski, est que « les formes nouvelles créent des contenus nouveaux » (La Marche du cheval, 1923). Le formalisme russe représente une révolution méthodologique qui participe du rêve d’une grande morphologie de l’art. C’est donc le caricaturer que de penser que le formalisme s’en tient à la surface des choses.

On constate aujourd’hui un retour en force de cette conception… sous une autre « forme ». « Vive le formalisme » est le titre de deux articles, l’un de Rosalind Krauss, l’autre de Yves-Alain Bois parus dans la revue française Art press en juillet-août 1990. Il s’agit à présent pour ces critiques d’examiner plus attentivement la construction du ton utilisé pour écrire l’histoire de l’art. « Cette écriture, dit Rosalind Krauss, est aussi problématique et exige d’être aussi rigoureusement appréciée que tout ce que nous pourrions vouloir dire quand nous parlons d’histoire de l’art. » Habituellement, dit Yves-Alain Bois, les discours de l’histoire de l’art considèrent l’œuvre comme un « document », au lieu de la voir comme un « monument ». Michel Foucault évoquait déjà cette question en 1969 dans son introduction à l’Archéologie du savoir. Yves-Alain Bois renchérit : « La vieille Sorbonne nous cassait les pieds en expliquant Racine par ses amours ancillaires; la psychocritique fait de même, pour qui Picasso change de style à chaque fois qu’il change de femme, de maison, ou de chien; l’iconologue dort enfin tranquille quand il a identifié telle allégorie dans une nature morte hollandaise; le socio-historien vous assure sans vergogne qu’on ne peut rien comprendre à Degas sans tout connaître de la situation des blanchisseuses à la fin du siècle dernier… ».



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