Tissage de perles
Le tissage de perles est une technique qui consiste à assembler de petites perles en les prenant entre des fils de chaîne et un fil de trame, de façon à obtenir une bande ou une surface souple, au lieu de les coudre une à une sur un tissu. Pratiqué sur tous les continents, il sert à fabriquer bracelets, ceintures, colliers, bandeaux ou décors de vêtements, et permet de composer des motifs géométriques ou figuratifs d’une grande précision.
Une technique répandue dans de nombreuses cultures
Les perles tissées ou assemblées en bandes occupent une place importante dans plusieurs traditions. En Afrique de l’Est, les perlages des Masaï et d’autres peuples, comme les Kikuyu, ornent ceintures, colliers et parures ; leurs couleurs et leurs motifs peuvent signaler l’âge, le statut ou l’appartenance de celui qui les porte. En Amérique du Nord, les peuples autochtones ont réalisé des ceintures de perles, dont les célèbres wampums en perles de coquillage, qui servaient notamment à consigner des accords et à sceller des alliances. Après l’arrivée des Européens, les perles de verre importées ont été largement adoptées dans les broderies et les tissages amérindiens.
Le métier à perles
On peut tisser des perles avec une simple aiguille et du fil, mais un petit métier facilite beaucoup le travail. Son principe est le suivant :
- on tend des fils de chaîne parallèles sur le métier ; il en faut un de plus que le nombre de perles voulu dans la largeur de l’ouvrage ;
- on enfile sur le fil de trame, à l’aide d’une aiguille fine, les perles d’une rangée, puis on les place sous les fils de chaîne de façon qu’une perle se loge entre deux fils ;
- on repasse l’aiguille en sens inverse dans toutes les perles de la rangée, cette fois par-dessus les fils de chaîne, ce qui les bloque ;
- on recommence rangée après rangée, en choisissant la couleur de chaque perle selon le motif.
Certains métiers traditionnels sont faits d’une simple baguette courbée en arc, dont la tension maintient les fils de chaîne. À la fin, les fils de chaîne restants sont rentrés dans l’ouvrage ou noués pour former les attaches.
Motifs et préparation
Comme chaque perle occupe une case d’une grille régulière, le tissage sur métier se prête particulièrement aux motifs géométriques : losanges, chevrons, bandes, damiers. On peut pourtant obtenir une étonnante diversité de motifs figuratifs ou symboliques. Les praticiens dessinent souvent leur modèle à l’avance sur un papier quadrillé, une case par perle, à la manière d’une grille de point de croix. On emploie de préférence des perles de rocaille de taille régulière, pour que les rangées restent droites.
Les autres techniques
Le métier n’est pas le seul moyen d’assembler des perles en surface. Une fois enfilées sur un fil, elles peuvent être intégrées à un textile par bien d’autres méthodes : tricot, crochet, filet, boucles ou nœuds. Il existe aussi des points de tissage sans métier, réalisés uniquement à l’aiguille, où chaque perle est reliée à ses voisines par le fil. Ces techniques permettent des formes en relief, des tubes ou des volumes impossibles à obtenir sur un métier.
Un loisir créatif accessible
Aujourd’hui, le tissage de perles est aussi un loisir répandu. Un petit métier, des perles de rocaille, du fil solide et une aiguille longue et fine suffisent pour débuter. Une première bande simple permet d’apprendre le geste avant de passer à des modèles plus ambitieux.




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