Les ajours
Les ajours, ou percements, sont un décor céramique qui consiste à découper l’argile pour l’évider, de façon à créer des motifs à travers lesquels passent la lumière et le regard. La technique paraît simple, mais elle demande une grande attention : chaque ouverture affaiblit la pièce, et il faut un œil sûr pour le motif et la symétrie, aussi bien des pleins que des vides.
Choisir la terre et le bon moment
Toutes les argiles se prêtent aux ajours, mais une pâte fine et lisse facilite la découpe. Dans la démonstration présentée ici, l’argile utilisée est de la porcelaine : sa texture homogène permet à une lame fine et aiguisée de trancher sans peine et donne des bords nets.
Le moment de la découpe est décisif. La pièce doit être raffermie, mais encore humide : trop molle, elle se déforme à la moindre manipulation ; trop sèche, elle devient friable et se fendille. Les céramistes parlent du stade « cuir », où la terre a la consistance d’un cuir épais. Cette consistance doit être uniforme sur toute la pièce. La porcelaine raffermie est très fragile, ce qui oblige à travailler vite.
Les outils
- un couteau à lame fine et pointue, ou un scalpel ;
- des emporte-pièces de petite taille pour les formes régulières ;
- un crayon pour tracer les repères ;
- une tournette, plateau tournant qui permet de faire pivoter la pièce ;
- une éponge fine, légèrement humide.
Les étapes
- Tracer. Centrez la pièce sur la tournette et indiquez au crayon l’espacement des motifs, pour obtenir une répartition régulière.
- Amorcer. Percez d’abord des trous au milieu de chaque motif avant de commencer à ajourer : ils facilitent l’entrée de la lame.
- Découper. Travaillez vite pour éviter que l’argile ne devienne friable. Découpez tout le motif, puis revenez sur chaque ouverture pour rectifier les contours.
- Finir. Une fois les ajours terminés, passez l’éponge humide sur les bords coupés pour éliminer les barbes, ces petites aspérités laissées par la lame.
- Sécher. Laissez sécher la pièce lentement, à l’abri des courants d’air, pour éviter les tensions et les fissures.
Manipulation et cuisson
Après la découpe, la pièce est très fragile. Si vous devez la déplacer, prenez-la par en dessous, à deux mains, sans jamais la saisir par les parties ajourées. La cuisson suit le programme habituel de la terre employée. Dans l’exemple présenté, le plat, revêtu d’une glaçure blanche, a été cuit à 1 280 °C, température courante pour la porcelaine.
La pièce de démonstration a été tournée, mais de nombreux autres procédés de façonnage, comme la plaque ou le moulage, conviennent aux décors ajourés.
Une technique ancienne
Les décors ajourés se rencontrent dans de nombreuses traditions céramiques. En Chine, le décor dit « grain de riz » consiste à percer de petites ouvertures dans la porcelaine, puis à les combler de glaçure : celle-ci forme, après cuisson, de petites fenêtres translucides.



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