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André félibien : la doctrine académique

Vous êtes ici : » » André félibien : la doctrine académique ; écrit le: 28 mai 2012 par La rédaction

Ce sont les idées de Poussin connues par ses lettres à Félibien des Avaux (1619- 1695) qui vont fournir les éléments constitutifs de la doctrine académique : ce grand artiste « ne se contentait pas de connaître les choses par les sens, ni d’établir ses connaissances sur les exemples des plus grands maîtres; il s’appliqua particulièrement à savoir la raison des différentes beautés qui se trouvent dans les ouvrages de l’art » (Entretiens sur les vies et les ouvrages des plus excellents oeintres anciens et modernes, 1666-1688).

La volonté de se démarquer de la Maîtrise conduit l’Académie à formuler ne définition de la peinture qui met l’accent sur sa composante spéculative et ;ui en fait l’égale et la rivale de l’Histoire, de la poésie, voire de la philosophie. Guidé par cette exigence, André Félibien, dans sa préface aux Conférences de l’année 1667 définit la hiérarchie des genres, véritable manifeste fondateur du Grand Goût : « … Celui qui fait parfaitement des paysages est au-dessus d’u’ autre qui ne fait que des fruits, des fleurs ou des coquilles. Celui qui peint des animaux vivants est plus estimable que ceux qui ne représentent que des choses mortes et sans mouvement; et comme la figure de l’homme est le plus parfai: ouvrage de Dieu sur la terre, il est certain aussi que celui qui se rend l’imitateur de Dieu en peignant des figures humaines, est beaucoup plus excellent que tous les autres. Cependant, quoi que ce ne soit pas peu de chose de faire paraître comme vivante la figure d’un homme, et de donner l’apparence du mouvement à ce qui n’en a point, néanmoins, un peintre qui ne fait que des portraits, n’a pas encore atteint cette haute perfection de l’art, et ne peut prétendre à l’horneur que reçoivent les plus savants. Il faut pour cela passer d’une seule figure a la représentation de plusieurs ensemble; il faut traiter l’Histoire et la fable, il faut représenter de grandes actions comme les historiens, ou des sujets agréables comme les poètes; et montant encore plus haut, il faut par des compositions allégoriques, savoir couvrir sous le voile de la fable les vertus des grands hommes et les mystères les plus relevés. » Telle est la doctrine de l’Académie qui fait de la peinture un objet édifiant et qui perdurera jusqu’au XIXe siècle.

L’école des beaux-arts et le prix de rome

David veut supprimer l’Académie royale. Il y réussit en 1793. Mais les écoles de peinture et de sculpture, comme celle d’architecture, continuent leurs activités. L’École des beaux-arts poursuit donc celle de l’Ancien Régime.

Elle a joué un rôle important dans la vie culturelle française. Pourtant, son histoire reste insuffisamment étudiée. Ce qui faisait dire à l’un de ses anciens directeurs : « L’École des beaux-arts attend son historien ».

L’enseignement y est gratuit. Un système de bourses publiques se substitue, dès la fin du VXe siècle, à la protection de hauts personnages. De ce fait beau­coup d’artistes sont issus de familles modestes. D’autres refusent une telle promiscuité, tels Géricault, Delacroix ou Degas.



Depuis 1666, le concours du Prix de Rome vient récompenser, chaque année, un peintre qui réalise une « peinture d’histoire » selon un programme fixé, en soixante-douze jours passés « en loge ».

Le concours existe toujours, mais, depuis les réformes de 1968, les candidats pour la bourse de voyage sont sélectionnés par un comité. Le lauréat part à l’Académie de France à Rome pour une durée de trois années. De retour, il est un artiste « consacré ».

Le grand tour et le voyage en Italie

Ce qu’on appelle le « Grand Tour » est pour les Anglais de l’époque élisabéthaine (xvie siècle) un circuit plus ou moins long se déroulant en Europe et ayant Rome comme point d’aboutissement. Ce voyage initiatique est entrepris par de jeunes aristocrates qui souhaitent ainsi perfectionner leur langue, voir les splendeurs de Rome et développer cette sorte de raffinement dans les manières que confère l’expérience d’un voyage à l’étranger. Cette pratique se développe au xvm’ siècle et gagne l’ensemble de l’Europe. Pendant l’hiver 1760, on ne compta pas moins de quarante mille touristes à Rome. Le voyage en Italie est jugé en France comme étant indispensable à la formation de tout homme cultivé, et en parti­culier à la formation de l’artiste et de l’homme de lettres. Parmi d’autres, Stendhal et Chateaubriand l’ont effectué, et également, en dehors des lauréats au concours du Prix de Rome, Géricault et Corot qui trouvent en Italie un refuge pour leurs passions et leur mélancolie. Poursuivant les mêmes objectifs, quelques artistes poussèrent leur voyage jusqu’en Afrique du Nord (Delacroix, Klee).

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