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L’Art : la sculpture au XX e siècle

Vous êtes ici : » » L’Art : la sculpture au XX e siècle ; écrit le: 23 mars 2012 par La rédaction



Après Rodin

La figure humaine est toujours, au début du XXe siècle, le thème favori de certains sculpteurs (Maillol en France, Lehmbiîlck magne, Marini en Italie). A partir de I élèves de Rodin se libèrent de l’influence du maître. Bourdelle crée des compositions charpentées et rythmées, Maillol et Pompon utilisent des volumes pleins et lisses limités par des arabesques ondoyantes. Le sujet occupe une place de moins en moins importante, devient prétexte à des recherches de formes pures, simplifiées à l’extrême. Ce goût pour un univers lisse et des formes proches de la nature – dites organiques – se retrouve chez des sculpteurs comme Jean Arp et Henry Moore.

Ready-made et assemblage

Les peintres cubistes et leurs amis sculpteurs, qui s’intéressent au rapport entre l’espace en trois dimensions et la toile plane, appliquent leur méthode de fragmentation des volumes. Dès 1914, Picasso donne à ses recherches un tour décisif en introduisant dans son Verre d’absinthe, en bronze, une véritable cuillère à absinthe achetée dans le commerce, pratiquant ainsi l’assemblage. Poursuivant la désacralisation de l’art, Marcel Duchamp présente, également en 1914, sur un socle et comme une sculpture, un porte-bouteille. Il appelle cela un ready-made (p. 166), une œuvre d’art « trouvée toute faite ».

Le mouvement dada ouvre des voies très diverses à la sculpture. Le scepticisme à l’égard du progrès scientifique conduit à se moquer du machinisme (Raoul Hausmann, Tête mécanique. 1919-1920). MAN Ray produit des objets absurdes, comme ce fer à repasser auquel ont été soudés des clous (Cadeau, 1921). Assemblage et ready-made contiennent en germe toute une partie de la sculpture moderne. L’art de la poubelle » utilise volontairement des éléments de rebut (Tingliely), l’Arte povera (« art pauvre ») italien privilégie les matériaux dérisoires. L’art d’aujourd’hui reste marqué par cette manière : depuis les années soixante-dix, Bertrand Lavier présente des objets industriels recouverts d’une épaisse couche de peinture. Leur présentation investit tout l’espace : c’est une « installation ».

 Ce principe de création est utilisé par les artistes qui revendiquent I abolition des frontières entre l’art et la vie : c’est le cas du mouvement Fluxus, à partir de 1952, où l’on renoue avec l’art de la préhistoire : Michael Heizer creuse ses compositions sur des kilomètres, dans les terres désertiques.



trouve le Français Ben avec son célèbre Magasin et F Allemand Joseph Beuys ; les œuvres de ce dernier se présentent comme les traces d actions passées mais continuant à se créer de manière mystérieuse par l’altération chimique ou physique des matériaux. Poussant à bout sa théorie de la sculpture sociale, il affirme que chacun, modelant ses pensées et sa vie, est sculpteur.

De l’art concret au minimal art

Les constructivistes, qui expriment le volume par l’assemblage de plans et de lignes, portent leurs recherches sur l’espace en trois dimensions jusqu’à leur plus haut aboutissement : Vladimir Tatline compose en 1915 ses « Contre-reliefs » dans le coin d’une salle, scellant le lien entre sculpture et architecture; le vide y est l élément primordial.

Certains artistes, comme Max Bill, en observant des lois mathématiques, élaborent des compositions sans sujet. Les minimalistes américains disposent dans l’espace des éléments qui se répètent (volumes, plans, néon) en suivant des schémas géométriques précis. Le spectateur, en se déplaçant, est intégré à la sculpture. Carl André est ainsi le premier artiste à avoir composé ses sculptures au sol, avec des plaques de métal. Richard Serra joue sur l’équilibre précaire de colossales plaques d’acier. Le land art (« art de la terre »). lui.

Matériaux et thèmes nouveaux

Di champ-Villon, avec son Cheval (1914), parvient à décrire le mouvement en utilisant du matériel industriel : il fait apparaître l’anatomie de  l’animal comme un ensemble de bielles et d’engrenages presque fantastique. Puis les éléments de la sculpture sont eux-mêmes mis en mouvement, avec la sculpture cinétique de Naum Gabo (1920), qui obtient des formes par illusion optique en faisant vibrer des tiges, ou encore avec les « mobiles » de Calder (1933). Moholy-Nagy y ajoute la lumière et le son dans son Modulateur d’espace-lumière, machine poétique qui transforme de manière continue son environnement. Des quantités d’expériences sont menées sur le verre, le métal ou le plexiglas par les artistes du constructivisme et du Bauhaus (Moholy-Nagy, Naum Gabo), le béton (Chillida), les résines avec les « expansions » solidifiées ou moulées de César.



Cependant, dans les années soixante, le pop art américain ou le Nouveau Réalisme en France proposent de nouvelles voies à la figuration. Claes Oldenburg, avec ses sculptures molles, nous renvoie l’image démesurément grossie de la société de consommation. Des moulages de plâtre d’après le modèle vivant sont présentés par George SeGal, dans des environnements reconstituant les lieux de la vie quotidienne. Le monde de la machine est appréhendé de manière absurde et poétique par Tinguely. Arman coule des voitures entières dans des cubes de béton, créant ainsi les fossiles de notre temps. Plus proches de nous, des artistes aussi divers que Kienholz ou Rebecca Horn maintiennent une tradition de la sculpture figurative.

La sculpture ne peut plus se définir seulement comme un objet en volume : elle se passe désormais de socle et a retrouvé, comme au Moyen Age, un rapport à l’environnement, qu’il s’agisse de I architecture, du paysage ou du monde quotidien

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