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La vie des formes

Vous êtes ici : » » La vie des formes ; écrit le: 29 mai 2012 par La rédaction




 Focillon, Grodecki, Chastel

Henri Focillon, André Chastel et Louis Grodecki vont imposer cette conception de la « pure visibilité » au monde académique français. « Il s’agissait d’abord d’opposer au bon ton littéraire et subjectif, qui semblait trop souvent de mise pour parler de l’art, un travail d’analyse comprenant d’une part la caractéri­sation précise des styles et de leur évolution, d’autre part la lecture des programmes dans le cas des oeuvres figuratives » (Jean Wirth). Les critères morphologiques sont déterminants.

Lorsque Henri Focillon (1881-1943) fait pénétrer en France les notions évo­quées par Wôlfflin, pour la première fois, est prise en compte, grâce à lui, toute l’évolution de l’art occidental durant le Moyen Âge comme une « vie des formes » (1934). Il formule une loi d’évolution qui comprend le stade expéri­mental, le stade classique, et le stade qu’il appelle tantôt baroque, tantôt maniériste. Les quelques lignes qui suivent montrent l’attachement de Focillon à une histoire de l’art continue : « Les formes ne laissent pas une impression fugitive dans la mémoire historique. Même quand leur actualité est passée, elles demeurent en place, avec l’autorité des valeurs concrètes, avec le prestige qui s’attache, à travers les variations de goût, à la grandeur et à la fermeté d’un art » (Art d’Occident, 1938).

Cette « vie des formes » n’est donc pas repérable comme étant un chemi­nement linéaire. Les formes se durcissent puis se détraquent, pour se durcir à nouveau. Le processus est complexe, interrompu, fait de détours inattendus, et de « déchets » pour le médiéviste, élève de Focillon, Louis Grodecki (1910- 1982) : « La création artistique engage une part plus vaste de l’individu que n’importe quelle autre activité humaine. L’œuvre d’art est, grâce à cela, te document le plus authentique — et peut-être le plus complet — sur le type de l’imagination, la forme de sensibilité, le mode particulier de la démarche de l’esprit de l’homme » (Le Vitrail roman, 1977).

L’histoire de l’art est devenue pour André Chastel (1912-1990) une disc- pline capitale qui englobe tout. Il s’attache d’abord à mettre en évidence l’im­portance des textes fondateurs, notamment les Vite (1550) de Vasari. Il explique ainsi son dessein : « On imaginait une discipline capable d’embrasser et de relier entre eux tous ces phénomènes allant du mythe au rite, des fables aux pratiques formalisées, dont est tissée la vie des sociétés humaines, y compris la nôtre. » Il situe lui-même son travail entre Wôlfflin (la forme comme valeur) et Focillor (la loi d’évolution) : « Avec ces deux notions, nous disposons d’un instrument suffisant pour travailler. C’est ce qui me semble être la position la plus correcte de ma discipline. » Mais pour lui, « l’histoire de l’art n’a plus rien à voir aujour­d’hui avec le découpage des styles ».



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