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les cabinets secrets de nicolas poussin

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les cabinets secrets de nicolas poussin

Poussin est à moins de trente ans un peintre apprécié . Paris où il a des commandes. Il réussit moins à Rome mi les artistes français sont nombreux, mais le cardinal llarberini lui demande une Mort de Germanicus qui le met en vedette. Malgré d’autres œuvres suscitées par le prélat, il subit à Saint-Louis-des-Français un grave échec, il est supplanté par un rival. Déçu, il renonce aux commandes officielles et se consacre aux « tableaux de cabinet » pour de riches amateurs. Le peintre désavoué par l ’Église devient celui des bacchanales, de l’amour et de la beauté physique.

Le savant exégète de Poussin, Jacques Thuillier, exagère  il lorsqu’il déclare qu’il est « l’un des peintres les plus érotiques de toute la peinture française » ? De comportement sévère, décourageant l’anecdote ou le récit complaisant, la calomnie douteuse, Poussin serait donc un objet de scandale, ce que laissent penser non seulement ses œuvres mais leur destinataire, le secret des cabinets préservés. Cet homme austère d’apparence et de mœurs célèbre l’amour alors

que ses confrères multiplient les Vierges et les saints, il apporte à Rome le nu bellifontain sensuel et ambigu qu’il représente dans des compositions fort libres de femmes ou de nymphes au bain, hélas disparues, mais dont il reste pour notre édification des gravures suffisamment explicites. Et des dessins qui le sont plus encore.

Des Vénus lascives, des amants enlacés, des bacchantes nues aux débordements joyeux, des étreintes fougueuses, et bien d’autres scènes inspirées par l’ivresse des sens, font de Poussin le peintre de l’amour et des amoureux sans pudeur ni discrétion. Fut-il victime de la censure alors vigilante ? Ne travaillant que pour des amateurs, dont des hommes d’Eglise, il ne semble pas avoir été inquiété. Ce ne fut pas le cas du futur cardinal Loménie de Brienne qui, ayant emporté avec lui, chez les Pères de Saint-Lazare, une petite Vénus endormie « levant une jambe qui découvrait trop le nu du siège d’amour», fit scandale au point qu’il dut couper la partie litigieuse du tableau.

La réputation sulfureuse des tableaux licencieux de Poussin n’empêcha pas le cardinal de Richelieu, collection­neur novateur de peinture moderne sans doute influencé par différents amateurs parisiens et romains, de lui demander quatre Bacchanales pour son château du Poitou. Le duc de Crequi, client du peintre, servit d’intermédiaire. Celui-ci exécuta les tableaux à Rome entre 1634 et 1636.

Le rêve païen des belles nudités aux suggestives attitudes sensuelles dans des paysages élégiaques se plie désormais nobles cadences du sentiment classique. Jusque dans  sa vieillesse,Poussin célébrera la beauté de la femme, et les bacchanales  ne cesseront de l’inspirer. Un Apollon amoureux   de daphané fut sa dernière œuvre.

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