L’Art : l’estampe japonaise

> > L’Art : l’estampe japonaise ; écrit le: 23 mars 2012 par La rédaction

L’art de l’estampe n’est pas né dans l’archipel japonais, mais dans le grand empire chinois, au VIIIe siècle, sous la dynastie Tang. A la fin de la période Edo, à partir de 1875, l’art de l’estampe décline. En revanche, grâce aux expositions universelles, les Occidentaux découvrent cette peinture sans perspective qui privilégie la ligne expressive, les aplats colorés, la mise en page décorative et les sujets de la vie quotidienne. La vogue des estampes japonaises fait fureur, et cet art, mineur au Japon, influence et inspire les futurs impressionnistes comme Degas et Monet, la jeune génération des nabis, Gauguin et Van Gogh, les créateurs de l’Art nouveau.

Le modèle chinois

Avec la xylogravure, qui permet de reproduire des textes et des images au moyen de planches de bois gravées en relief, la Chine a inventé  l’imprimerie, six siècles avant l’Occident. Depuis l’Antiquité, les Chinois ont inscrit leur histoire en utilisant la gravure, l’estampage et les sceaux. Sous les Tang, lorsque le bouddhisme triomphe, les pèlerins reviennent d’Inde chargés de textes religieux, les sutras, et d’images pieuses qu’il faut répandre dans le vaste empire. L’ imprimerie est une aide prodigieuse à cette diffusion et la foi progresse dans toutes les couches de la société. De cette époque d’intense ferveur religieuse subsiste le Sutra du Diamant, qui, daté de 868, est le plus vieil imprimé connu au monde. Le bouddhisme, en pénétrant en Extrême-Orient dès le VIe siècle, va favoriser le développement de l’imprimerie en Corée et au Japon.

En 1602, l’installation du gouvernement à Edo, l’actuelle Tôkyô, marque la fin des guerres incessantes entre les seigneurs, et le début d’une longue période de paix. La population s’accroît et se concentre dans les villes en plein essor. Une nouvelle classe sociale, formée d’artisans et de commerçants, s’impose face aux samouraïs, la riche et puissante caste des militaires. À cette époque, ils sont les seuls à pouvoir embellir leurs châteaux et à commander des paravents à fond d’or ou des panneaux de bois décorés. Les marchands fortunés, eux, peuvent accéder à l’art grâce à l’estampe, qui permet de reproduire une œuvre en plusieurs exemplaires et donc d’en diminuer le prix. L’estampe devient alors lui art populaire. D’abord utilisée pour illustrer des livres, elle acquiert son autonomie grâce au peintre Moronobu, qui, vers 1660, publie des illustrations sous forme de feuillets détachés, indépendants et sans texte, sur lesquelles il ajoute sa signature.

La fabrication d’une estampe

Depuis leur introduction par les Chinois, les techniques de l’imprimerie n’ont cessé de s’améliorer. Quatre personnes interviennent dans la fabrication. En premier, l’éditeur choisit le sujet, puis le peintre remet son dessin, exécuté à l’encre de Chine sur un fin papier de mûrier. Celui-ci est encollé sur une planche de cerisier, et le graveur creuse la planche à l’aide de burins, pour faire apparaître le dessin en relief. Après avoir enduit d’encre cette partie, l’imprimeur place le papier de l’estampe sur la planche, puis presse l’envers avec un tampon de chanvre ; il obtient  une première épreuve en noir et blanc. Le peintre ajoute alors les couleurs à la main, Autour  des années 1760, sous l’impulsion du maître Harunobu, apparaît l’estampe en couleurs : les graveurs fabriquent autant de planches qu’il y a de couleurs. Celles-ci sont imprimées sur la même feuille, les unes après les- autres, grâce à un système de repérage très précis. Une estampe très élaborée peut nécessiter plus de dix planches. La palette de Teintes éclatantes ainsi obtenue est comparée i un brocart, riche tissu de soie broché de fils d’or et d’argent et rehaussé de dessins.

Peindre le « monde flottant »

La classe marchande mène une vie frivole et raffinée, dans un monde de plaisirs éphémère, libre de tout souci : c’est le « monde flottant » (en japonais, ukiyo-e), décrit dans les estampes et les peintures à partir du XVII siècle. Les artistes représentent en priorité le monde du théâtre, la vie des quartiers de plaisir et l’univers des voyages.

Les acteurs du théâtre populaire, le kabuki, inspirent particulièrement les peintres. D un trait vigoureux, égayé de couleurs vives, ils racontent la vie des acteurs sur scène ou dans les coulisses, la splendeur des costumes et l’intensité du drame qui se joue sur scène. Shakui se distingue, en 1794, par ses portraits d’acteurs aux visages grimaçants, proches de la caricature, qui se détachent sur des fonds sombres.

Les  courtisanes d’Edo fournissent de nombreux sujets aux artistes. Les estampes érotiques sont très appréciées de même que les gravures de mode. Les coiffures, les vêtements varient selon les heures et les saisons ; tour à tour surprises à leur toilette, jouant de la musique, lisant un poème, ces belles dames reflètent le style de chaque artiste. Aux majestueuses silhouettes des débuts succèdent les frêles beautés d Harunobu, puis les portraits d’UTAMARO, qui sont parmi les plus belles représentations féminines de l’estampe japonaise.

Le sentiment de la nature

Peindre le « monde flottant », c’est aussi capter le passage du temps, exprimer le sentiment profondément japonais de la nature. Les estampes du Nouvel An sont de délicates natures mortes; à l’automne, on évoque la promenade sous les érables rouges ; au printemps, la fête des cerisiers en fleur.

Deux amoureux du paysage, Hokusai et Hiroshice, en renouvellent l’art. Le premier publie en 1823 ce qu’il considère comme son chef-d’œuvre, la série des « Trente-Six Vues du Fuji », la montagne sacrée, aux couleurs et à la composition audacieuse. Au génie fougueux d’ Hokusai, Hiroshice préfère un style délicat, sensible à la luminosité de la campagne japonaise, et publie à son tour les « Cinquante- Trois Stations sur la route de Tokaido », où, par tous les temps, des voyageurs cheminent.

Vidéo : l’estampe japonaise

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : l’estampe japonaise

← Article précédent: L’Art : la peinture chinoise Article suivant: L’Art : l’icône ,une image pour prier


Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles de tout le site