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Nara ,la première ville de l’histoire japonaise

Vous êtes ici : » » Nara ,la première ville de l’histoire japonaise ; écrit le: 22 mars 2012 par La rédaction

En 710, l’impératrice Gemmei fait construire une nouvelle capitale japonaise. Heijô-kyô, aujourd’hui appelée Nara. Si l’on ne connaît plus les noms de ses bâtisseurs, on sait qu’ils sont chinois, coréens ou japonais et qu’ils témoignent d’une politique de prestige à la gloire des souverains. A cette époque où s impose la religion bouddhique, officiellement apparue au Japon en 592. Il est urgent de construire des temples pour les nouveaux dieux.

Depuis deux siècles, les Japonais ouvrent grand leur porte aux influences de leurs voisins. Des ambassadeurs, des moines partent en mission dans le puissant empire chinois de la dynastie Tang. Eblouis par Chang ‘an, la capitale chinoise d’alors, ils en reviennent avec l’idée de bâtir une métropole à son image. Les architectes imitent son plan symétrique et sa structure en damier : de chaque côté de la grande voie centrale du Moineau rouge s étendent soixante-huit quartiers bâtis de marchés, de temples et de somptueuses résidences. Au bout de cet axe nord-sud s’élève le palais impérial, entouré de portes, de cours et de pavillons.

Nara, capitale bouddhique

Les palais et les temples bouddhiques dressés entre les artères de la capitale reflètent la puissance des souverains et la richesse des nouvelles classes dirigeantes. Auparavant, l’architecture était vouée à la religion shinto et à ses divinités naturelles, les kamis, que I on vénérait en aménageant en pleine nature de vastes sanctuaires en bois, très simples. Avec I arrivée du bouddhisme, le Japon sort des temps préhistoriques et l art de bâtir vit une révolution.

À Nara, on construit des temples au cœur de la ville pour abriter un panthéon nouveau auquel il faut donner vie et majesté. Les monastères sont de grands ensembles, entourés d’une enceinte percée de portes et parcourue de galeries couvertes. Les deux édifices les plus importants sont eux-mêmes enclos dans une cour ouvrant par une grande porte au sud, appelée chumon. Il s’agit d’une part du kondô, le sanctuaire abritant I image du Bouddha ou du saint auquel est consacré le temple, et d’autre part de la pagode qui renferme les reliques du Bouddha; couronnée d’une flèche en bronze ornée de neuf anneaux, cette tour est un vivant souvenir des stûpa, les monuments funéraires de l’ Inde bouddhique.



Dans cette enceinte sacrée s’élèvent les dortoirs des moines, le campanile, les resserres, l’édifice contenant le tambour, et le kôdô, la salle d assemblée où sont conservés les textes bouddhiques. Des matériaux et des techniques jusque-là inconnus donnent à la ville un aspect spectaculaire. Comme à Chang ‘an, les colonnes, désormais appuyées sur des bases en pierre, ou stylobates, resplendissent d’un rouge vermillon. les toits se couvrent de tuiles vernissées ; on érige des statues en bronze, en argile ou en bois recouvert d or et des ornements envahissent les auvents. Les charpentiers utilisent des « consoles » ou des « corbeaux ». créant des avancées qui soutiennent les toitures, dont les extrémités se recourbent avec

élégance. les structures d assemblage permettent de démonter les bâtiments pour les remonter ailleurs. Les tout premiers temples bouddhiques précédant la naissance île Nara ont pu être ainsi transférés dans la nouvelle capitale en 714. Cette mobilité reste une des caractéristiques de 1 architecture japonaise.

Nara, ville musée

Par la multitude de ses temples, elle donne aujourd’hui  l’aspect d une ville musée. Le Hôrvüji, bâti en 714, se distingue par son plan asymétrique. A 1 intérieur du temple trône la triade en bronze du maître Tori représentant Bouddha entouré de deux saints : le caractère décoratif des plissés, la subtilité des regards éclairés d un léger sourire illustrent les premiers pas de la sculpture bouddhique japonaise. Dans le temple du Tôdaiji, fondé en 743 par 1 empereur Shômu, se trouve la plus imposante des statues en bronze du Bouddha, haute de 17 mètres. Les architectes édifient pour elle une vaste construction.

Fidèle au style chinois, ce monastère propose un plan symétrique, avec deux pagodes à l’est et à l’ouest de l’axe central où se trouve le kondô. Célèbre centre de pèlerinage, il doit servir de modèle à tous les temples provinciaux dont Shômu a ordonné la construction. Dans le shôsôin, ce coffre-fort monumental en bois, construit pour recevoir les trésors légués par Shômu. sont soigneusement conservés de I orfèvrerie, des masques et des laques incrustées de pierres précieuses. Transportés le long de la route de la soie qui aboutit à Nara, capitale cosmopolite, ces objets montrent le raffinement de la cour impériale et son goût pour les arts venus de toute F Asie.

L’ombre de l’Inde, de la Chine et de la Corée qui plane sur la ville de Nara souligne également la créativité des artistes japonais. Tout au bout de l’Extrême-Orient, le Japon a su accueillir et valoriser ces apports lointains qui déferlaient du continent. Lorsqu’en 794 Nara s’éclipsa au profit de la nouvelle capitale, l’actuelle Kyoto, rien ne fut oublié de sa splendeur. Les Japonais ne cessèrent jamais de se référer à cet héritage : c’est en sélectionnant et en mêlant toutes ces influences que le Japon trouva la voie de sa propre expression artistique.

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