Textiles avec pièces de monnaie et paillettes
Les textiles ornés de pièces de monnaie et de paillettes relèvent d’une tradition décorative très ancienne, répandue de l’Afrique du Nord à l’Asie du Sud-Est : on coud sur l’étoffe de petits disques de métal ou de matière brillante qui accrochent la lumière et, parfois, font tinter le vêtement. Ces ornements ont une fonction esthétique, mais aussi sociale et symbolique.
Les pièces de monnaie cousues
Les premières monnaies frappées apparaissent en Anatolie, dans le royaume de Lydie, vers le VIIe siècle av. J.-C. Très tôt, des pièces sont percées pour être portées en collier ou fixées sur les vêtements. Dans de nombreuses sociétés du Proche-Orient, d’Afrique du Nord et d’Asie centrale, coiffes, voiles, plastrons et ceintures de mariée en sont garnis. La parure affiche alors la richesse de la famille tout en constituant une épargne que la femme garde sur elle, à l’abri.
Pour être cousue, une pièce doit être percée ou soudée à un petit anneau de métal. Les pièces sont parfois fixées une à une, en bordure d’un foulard par exemple, ou disposées en rangées serrées qui forment une sorte de cotte de mailles scintillante.
Les paillettes et l’origine du mot « sequin »
En anglais, les paillettes se nomment sequins. Le mot vient du sequin vénitien (zecchino), une pièce d’or frappée à Venise à partir de la fin du XIIIe siècle ; il aurait été donné aux paillettes par analogie avec ces petites pièces brillantes. Autrefois en métal, les paillettes sont aujourd’hui le plus souvent en plastique. Plus légères que les pièces et plus solides que le verre, elles permettent d’obtenir un bel effet à peu de frais.
En règle générale, elles sont rondes et percées d’un trou au centre ou près du bord. On les coud une à une, ou en rangées qui se chevauchent comme des écailles.
Des usages variés selon les régions
- En Birmanie, les tentures appelées kalaga associent broderie, appliqué et paillettes pour représenter des scènes et des animaux, éléphants ou chevaux, qui prennent un aspect métallique.
- En Asie du Sud, la broderie de petits miroirs (shisha), proche dans l’esprit, fait scintiller vêtements et tentures.
- Au Proche-Orient et en Afrique du Nord, coiffes et costumes de fête féminins sont souvent ornés de pièces.
- Dans la danse orientale, les ceintures et foulards de hanches garnis de pièces tintent au rythme des mouvements.
- En Occident, les paillettes ornent robes de soirée, costumes de scène et tenues de spectacle.
Une valeur protectrice et festive
Dans plusieurs cultures, ce qui brille passe pour détourner le mauvais œil. C’est l’une des raisons pour lesquelles jeunes mariées et enfants en sont souvent couverts lors des grandes occasions. Le scintillement et le tintement signalent aussi les moments importants de la vie : mariages, fêtes religieuses, cérémonies. Employées avec mesure, paillettes et pièces donnent de l’éclat à un costume ; en excès, elles risquent d’en brouiller la lecture et d’alourdir l’ensemble.


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