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L’Art : architecture des usines

Vous êtes ici : » » L’Art : architecture des usines ; écrit le: 23 mars 2012 par La rédaction

L’Art : architecture des usines

Au Moyen Âge, les artisans travaillent dans des ateliers installés dans leur propre maison. Ensuite, lorsqu’on leur demande de venir travailler pour le roi, il faut construire des lieux de travail communs. Un nouveau type d architecture apparaît : l architecture industrielle.



Des palais pour les Manufactures royales

Colbert, ministre de Louis XIV, fonde au XVIIe siècle les Manufactures royales. Leur création se poursuit au XVIIIe siècle ; elles seules sont autorisées à produire certains objets d’art dont elles doivent garder les secrets de fabrication. Ainsi, la manufacture des Gobelins fabrique des tapisseries, celle de Sèvres de la porcelaine et celle de Saint-Gobain des miroirs, comme ceux qui ornent la galerie des Glaces au palais de Versailles. Les façades des manufactures ressemblent à des palais, pour évoquer le pouvoir du roi. Pour les Salines royales d’Arc-et-Senans, qui avaient le privilège de la production du sel, 1’architecte Claude-Nicolas Ledoux dessine un plan à l’image de la société monarchique : la maison du directeur, symbole de l’autorité de Louis XVI, en est le centre ; autour d’elle, tous les bâtiments s’organisent symétriquement, sans prendre en compte 1’aspect pratique.

Une architecture du travail

Les manufactures textiles anglaises de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle sont les premières à s’efforcer de s’adapter aux conditions de travail. L énergie des moulins à eau, puis de la vapeur, au milieu du XIXe siècle, est utilisée sur plusieurs étages et les bâtiments des manufactures s’étendent en longueur. De nouveaux métiers à tisser mécaniques, lourds et volumineux, remplacent les métiers à bras, et nécessitent un espace intérieur vaste ainsi  que des planchers résistant à la fois au poids et aux vibrations des machines. On expérimente alors de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux fabriqués industriellement : des colonnes de fonte (traitement industriel du fer) soutiennent des poutres de fer sur lesquelles sont posés des planchers de bois, qui absorbent les vibrations. Les métiers à tisser sont placés le long de grandes fenêtres, ce qui assure un meilleur éclairage, et libère le couloir central où arrivent les matières premières et d’où repartent les produits manufacturés.

A la fin du XIXe siècle. 1’architecte français Jules Saulnier, chargé de construire les nouveaux bâtiments de la chocolaterie Menier à Noisiel, réalise une importante innovation : en s inspirant des ponts métalliques, il intègre dans les murs des éléments métalliques qui s’entrecroisent et dont les vides sont comblés par de la brique. De nombreux architectes, comme Gustave Eiffel, viennent étudier cette architecture et s’en inspirer.

Les châteaux de l’industrie

À ses débuts, l’architecture industrielle se veut utilitaire et s’interdit toute sorte de décor. Le style néo-classique très sobre, qui est utilisé pour décorer uniquement les fenêtres, est le seul autorisé. Mais le prodigieux développement industriel de la seconde moitié du XIXe siècle fait de 1 usine un symbole de prospérité économique. L’architecture se doit de refléter cette nouvelle puissance, tout en restant rentable. La brique, fabriquée industriellement, s’y prête parfaitement car elle ne coûte pas cher et peut former des dessins géométriques et des jeux de couleur. Les tours qui abritent les escaliers et les cheminées d’usine sont décorées, le sommet des bâtiments est parfois crénelé : l’usine ressemble tantôt à un château fort médiéval, tantôt à un édifice Renaissance ou même à un palais oriental.

Béton ,verre et acier

Les industriels vivent dans la crainte de l’incendie qui ruinerait la production. A la fin du XIXe siècle, François Hennebique tente de démontrer que le béton armé remplace avantageusement les structures métalliques, qu’il est plus résistant et ne craint pas les incendies. L’architecte allemand Peter Behrens construit, au début du XXe siècle, pour la firme AEG, des usines en béton, inaugurant ainsi une nouvelle conception de l’architecture industrielle. La beauté des usines et des machines, qui n’en demeurent pas moins fonctionnelles, fait la fierté de la firme.  A la veille de la Première Guerre mondiale, Walter Gropius, qui s’est formé auprès de Behrens, construit 1 usine Fagus et remplace les murs de béton par de grandes parois de verre, supportées par des structures de brique et de métal.

Les zones industrielles

L explosion industrielle qui a suivi les deux guerres mondiales a entraîné la construction de nombreuses usines. Les abords des villes du monde entier se couvrent d’usines préfabriquées, que les sociétés françaises Hennebique, Eiffel, ou la société américaine Albert Kahn construisent par milliers dans les années trente. Après la Seconde Guerre mondiale, les usines se regroupent en zones industrielles et se réduisent à des boîtes capables de s’adapter à de multiples utilisations, mais sans identité.

L’architecture industrielle comme publicité

Depuis les années quatre-vingt, les grandes entreprises font souvent appel à des architectes célèbres pour qu’ils construisent des usines spectaculaires. Elles servent de publicité : on les remarque dans le paysage, et il arrive même qu’on les visite. Les gens qui y travaillent ont le sentiment d’appartenir à une collectivité. L’architecture industrielle retrouve sa définition première : permettre les meilleures conditions de travail et de rentabilité, tout en donnant une image de marque à l’entreprise.

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