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L’art:le temple grec

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L’art:le temple grec

Quelques colonnes dressées dans le paysage parviennent, aujourd’hui encore, à évoquer un temple grec et le monde sacré des dieux et des déesses chantés par Homère dans la grande épopée de L’Iliade et de L’Odyssée.

« II faut employer les richesses à des ouvrages qui, achevés, produiront une gloire immortelle », a déclaré Périclès. Immortelle, en effet, est la beauté du Parthénon.

La demeure du dieu

Comme le nom de naos l’indique, le temple grec est la « demeure » de la divinité. Interdit aux foules – seuls les prêtres peuvent pénétrer dans la pièce principale -, le naos abrite l’effigie du dieu. Précédé d’un vestibule, le pronaos, il est complété par une salle appelée opisthodome où sont déposées les offrandes. L’autel sur lequel ont lieu les sacrifices se trouve à l’extérieur, à la vue des fidèles, là où se déroule la vie religieuse.

A partir du VIIe siècle avant J.-C., le bois et la brique des premières constructions sont remplacés par la pierre, puis par le marbre, que l’on trouve dans toute la Grèce et qui s’impose, par sa beauté et sa diversité, comme le matériau préféré des architectes. Pour enrichir les édifices, des portiques à colonnes sont placés soit devant le pronaos, soit derrière l’opisthodome, ou encore tout autour du temple.

un ordre pour l’architecture

Les architectes ont fait preuve très vite d’un sens exceptionnel de la mesure, de l’équilibre et de l’harmonie. Les proportions des temples sont établies selon des ordres déterminés par le rapport des dimensions de l’ensemble de la construction et des différentes parties entre elles : le diamètre des colonnes, leur espacement, leur hauteur, celle de l’entablement.

Dès le VIe siècle, la Grèce connaît les deux ordres qui définissent l’architecture et qui ont donné naissance à ses chefs-d’œuvre : 1 ordre dorique et l’ordre ionique.

L’ordre dorique est né dans le Péloponnèse et se répand dans la Grande-Grèce (Italie du Sud) et en Sicile. Les colonnes reposent directement sur le soubassement, leurs fûts sont creusés de larges cannelures dont le nombre est fixé, dès le Ve siècle, à vingt. La frise qui apparaît au-dessus de F architrave est animée par l’alternance de triglyphes (trois baguettes verticales) et de métopes aux formes rectangulaires, qui accueillent le décor peint ou sculpté.

L’ordre dorique donne au temple sa majesté sévère et sa grandeur solennelle.

L’ordre ionique, plus léger, plus joyeux, se développe en Asie mineure (Turquie) et dans les îles. La colonne, plus mince, repose sur une base moulurée. Le chapiteau est orné de volutes qui rappellent le monde végétal. La frise, décorée de peintures ou de reliefs narratifs, se présente comme un long bandeau qui court tout autour du monument. L’ordre ionique, fait d’élégance et de souplesse, semble plus humain. A la fin du Ve siècle apparaît l’ordre corinthien, qui n’est qu’une variante plus ornée de l’ordre ionique et qui fut très apprécié plus tard par les Romains.

Le fronton, au sommet du temple, dans l’espace triangulaire délimité par le toit à double pente, raconte de grandes scènes de la mythologie : ce sont des compositions monumentales sculptées et peintes de couleurs vives ; les plus anciennes voient s’affronter des monstres et des géants, comme au temple d’Artémis à Corfou, où une colossale Gorgone tente d échapper à Persée. Puis le décor s’apaise, et les dieux, comme au fronton du temple de Zeus à Olympie, dominent de leur majesté le monde des humains.

L’oracle de Delphes

Situé sur une pente escarpée du mont Parnasse, le site exceptionnel de Delphes, couvert de monuments, attire depuis des siècles des foules imposantes venues consulter 1 oracle de la pythie, la prêtresse chargée de transmettre la parole du dieu Apollon. En remerciement, les cités enrichies par leur victoire font construire des « trésors », petits édifices de toute beauté, pour abriter leurs offrandes les plus précieuses. Après la victoire sur les Perses, en 490, les Athéniens ornent leur trésor d’une frise, dont les métopes racontent les exploits de Thésée et d’Héraclès.

Le siècle de Périclès

Athènes est au sommet de sa gloire, les Perses ont été repoussés, Périclès a pris en main le destin de la cité et décide de reconstruire  F Acropole, saccagée en 480. Il commande à 1 architecte Ictinos et au sculpteur Phidias un temple, le Parthénon, à la gloire de la déesse Athéna, pour abriter l’immense statue en or et en ivoire (dite chryséléphantine) que le sculpteur vient d’achever.

On entre sur le site de l’Acropole par une porte monumentale, les Propylées, qui mène au Par- Thenon. Le temple est imposant et son décor sculpté est grandiose. Des quatre-vingt-douze métopes sorties de l’atelier de Phidias, seules celles du sud sont aujourd’hui bien conservées; elles illustrent le combat des Centaures, ini-hommes, mi-chevaux, et des Lapithes, un peuple mythique. Dans chacune des scènes, la composition s’équilibre et se renouvelle par le jeu des diagonales et des horizontales.

Le sommet du mur est animé d’une frise de 160 mètres de long. Elle représente les Grandes Panathénées, fête nationale des Athéniens, qui montent tous les quatre ans de la ville pour remettre à la déesse Athéna sa nouvelle tunique tissée. Les cavaliers accompagnent la procession jusqu’au bas de 1 Acropole sur les plus beaux chevaux de la Grèce antique, tandis qu’un deuxième cortège de musiciens, de femmes et d’animaux s’avance jusqu’aux douze grands dieux, venus ce jour- là rencontrer les humains. Phidias célèbre ici Athènes triomphante.

Les frontons ont perdu leur superbe décor; on pouvait y voir, à l’est, la naissance d’Athéna et, à l’ouest, la lutte de la déesse avec le dieu Poséidon pour la possession de l’Attique. Des deux frises du Parthénon, il ne reste que des fragments dispersés entre les musées de l’Acropole, du Louvre à Paris et surtout du British Museum à Londres.

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