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L’idéalisation des scènes pastorales

Vous êtes ici : » » L’idéalisation des scènes pastorales ; écrit le: 31 janvier 2014 par La rédaction

Le panorama et le diorama. L’idéalisation des scènes pastorales chez Pope, A. Philips, J. Gay, O. Goldsmith et tant d’autres après eux inspire la paix, le calme, l’innocence, en mêlant sentiments nostalgiques et utopiques. Dans ce contexte culturel où poésie et peinture se font écho, fleurit une architecture de jardins variée et s’affirme un goût pour la qualité visuelle. La découverte esthétique de la nature s’éloigne des schémas du classicisme revisité, même si le vieux principe adopté par Pope n’a pas disparu : la concordia dise ors. C’est un principe dynamique de tensions contrôlées, un jeu heureux de contrastes et d’analogies. Pour illustrer la diversité d’attitudes qui se réclament du classicisme ou qui en dérivent, il est bon de rappeler Spring de Thomson où l’on trouve la des­cription de la vue de la propriété de George Lyttleton à Hagley, dans le Worcester : Thomson l’appelle ” Britisb Tempe” en hommage au lieu idéal de l’antique beauté rurale grecque. Ainsi faisant, Thomson poursuit le rêve arcadien d’un Parnasse sur la Tamise, tout en lui don­nant un esprit pittoresque.

A part la veduta et le belvédère, nous devons, parmi les modalités et les instruments du plaisir esthétique, rappeler les éléments techniques qui rapprochent la vue de la vision et du songe, bien que l’objectif soit absolument réaliste, afin d’offrir un véritable spec­tacle de la nature : le panorama et le diorama. Ils impliquent l’anamorphose “fantastique”, ou la transfi­guration de la vision à travers les instruments opti­ques ; le résultat est un simulacre à mi-chemin entre réalité et illusion, comme le dit M. Milner. Alors que les peintres de paysages installent devant nos yeux un monde concret, dans lequel ils nous transmettent le plaisir et parfois l’angoisse qu’ils éprouvent à l’habi­ter, les instruments optiques et leurs dérivés élec­tromagnétiques nous font vivre dans un monde de simulacres suivant une expansion apparemment sans limites, mais avec le risque que notre contemplation soit manipulée et que notre identité soit altérée. A un certain moment de l’histoire, l’expansion de la ville requiert une organisation différente de son aspect quand on pense aux multiples points de vue dont elle s’est enrichie. Accompagné par Chantelou sur les collines de Meudon, le Bernin, en 1665, lui fait remar­quer comme Paris apparaît comme “un amas de chemins”, auquel manque une harmonieuse compénétration de vides et de pleins. C’est à partir de ces années-là que se répand la mode des vedute et du belvédère qui implique probablement aussi une trans­formation de la ville et de la campagne eu égard à ces points de vue.



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