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Morphologie des beautés naturelles : L’air

Vous êtes ici : » » Morphologie des beautés naturelles : L’air ; écrit le: 31 janvier 2014 par La rédaction

cloudsL’air est un composé d’humide et de chaud dans lequel nous nous immergeons dans un abandon total. Nous le considérons en l’assimilant par analogie au printemps, au sang, au cœur, aux couleurs voyantes. Son tempérament est sanguin. Mais le principe dont il faut partir en décrivant le ciel est, comme pourrait le dire Ruskin, l’observation des données dans un esprit de contemplation. La vapeur d’eau engendre nuages et brume, déterminant des gammes de couleur qui se modifient entre obscurité et transparence. Si vous regardez le bleu pur d’un ciel serein, déclare Ruskin, vous verrez que, dans cette sérénité, il y a une grande variété et une grande plénitude. Ce n’est jamais une couleur plate mais un corps transparent qui vibre de profondeur et que nous pouvons pénétrer. C’est un air fait de voiles que nous traversons et qui offrent (U-s jeux de lumière et d’ombre. Les nuages sont parmi les nombreuses choses qui nous surprennent dans le ciel. Ils peuvent être de formes et de couleurs variées. Tout comme les étoiles, le soleil et la lune, ils composenl la beauté de ce qui est présent au-dessus de nous. Ils apparaissent épars dans le tourbillon du vent ou compacts comme une troupe inséparable.

On pourrait dire communément que le ciel, dans l’art du cosmos, est sublime par excellence. Ruskin [1843-1860] déclare que le sublime est l’effet obtenu sur l’esprit par tout ce qui le dépasse, qu’il est provo­qué par la contemplation de la grandeur sous toutes ses formes, mais surtout par les choses les plus nobles. Nous retrouvons la grandeur du matériau et de l’espace, puissance, vertu, beauté. La perception esthétique du ciel correspond à cette idée de l’éléva­tion et de la stupeur. Si dans cette réflexion nous per­cevons la leçon du Pseudo-Longin, la critique faite à Burke est aussi évidente. La beauté des phénomènes naturels ne se limite pas à une réaction purement psychophysiologique. La peur de la mort, autour de laquelle tournent les thèses de Burke, n’est pas, selon Ruskin. un sentiment, mais un frisson instinctif. Le sentiment réellement grand appartient à la contem­plation, à l’idée du fait, et non au moment où nous nous retrouvons emplis d’horreur devant un événe­ment. Il n’y a rien de sublime, précise-t-il, dans l’ago­nie de la terreur. Même le danger et la douleur ne sont pas sublimes par nature : ils le sont lorsque la contemplation suscite force ou piété, élève l’esprit et sauve la pensée de ce qu’il y a de mesquin. Derrière cette critique, on retrouve les thèmes déjà formulés par Knight quelques décennies plus tôt, même si Ruskin ne le cite pas. Mais la référence n’est pas secondaire car Knight, justement, avec sa théorie associationniste, fut probablement le premier grand con­naisseur de Turner.



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