Les mouvements dans la peinture : MURALISME: muralisme mexicain caracteristiques
Le muralisme est un mouvement artistique né au Mexique au début des années 1920, au lendemain de la révolution mexicaine, qui a consisté à couvrir les murs des bâtiments publics de vastes peintures accessibles à tous. Porté par l’État et par des peintres engagés comme Diego Rivera, José Clemente Orozco et David Alfaro Siqueiros, il voulait raconter l’histoire du pays et exalter son peuple.
Contexte : l’art au service de la révolution
La révolution mexicaine, commencée en 1910, bouleverse le pays pendant une décennie. Une fois la paix revenue, le pouvoir veut forger une identité nationale et éduquer une population en grande partie analphabète. José Vasconcelos, ministre de l’Éducation publique à partir de 1921, confie alors aux artistes les murs d’édifices officiels, d’écoles et de ministères. La peinture murale, visible par tous et gratuite, devient un moyen d’enseignement autant qu’une œuvre d’art.
En 1923, le syndicat des peintres et des sculpteurs rédige un manifeste, publié ensuite dans son journal El Machete, qui rejette la peinture de chevalet jugée bourgeoise et défend un art public et collectif.
Caractéristiques
- Des thèmes nationaux : histoire du Mexique, civilisations précolombiennes, conquête espagnole, révolution, travail des paysans et des ouvriers.
- Un message politique : beaucoup de muralistes sont proches du communisme et dénoncent l’oppression et l’exploitation.
- Une narration lisible : figures simplifiées, couleurs franches, compositions monumentales qui se lisent comme des récits.
- Des techniques anciennes et nouvelles : la fresque, apprise auprès des maîtres de la Renaissance italienne, puis des matériaux industriels et des peintures modernes expérimentés surtout par Siqueiros.
Les trois grands
Diego Rivera (1886-1957), après un long séjour en Europe et un voyage en Italie où il étudie la fresque, peint notamment les murs du ministère de l’Éducation publique et l’escalier du Palais national à Mexico. Aux États-Unis, il réalise les fresques de l’industrie de Detroit ; sa peinture pour le Rockefeller Center de New York, où figurait Lénine, fut détruite.
José Clemente Orozco (1883-1949) développe un style tourmenté et expressif. Il peint à l’École nationale préparatoire de Mexico, au Dartmouth College aux États-Unis, et à l’Hospice Cabañas de Guadalajara, considéré comme l’un de ses chefs-d’œuvre.
David Alfaro Siqueiros (1896-1974), militant engagé, recherche des perspectives dynamiques et de nouveaux matériaux. Parmi ses œuvres figure la grande fresque Du porfirisme à la Révolution, au Musée national d’histoire, au château de Chapultepec.
D’autres peintres sont associés au mouvement, comme Rufino Tamayo (1899-1991), qui s’en éloigne cependant par un art moins narratif et plus poétique.
Influence
Le muralisme mexicain a eu un large écho. Aux États-Unis, il inspire les programmes de peinture murale publique lancés pendant la Grande Dépression, et l’atelier expérimental ouvert par Siqueiros à New York en 1936 est fréquenté par le jeune Jackson Pollock. Plus tard, la tradition muraliste nourrit les fresques des communautés chicanos et, plus largement, l’art mural urbain dans de nombreux pays.




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