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L’Art : l’expressionnisme

> > L’Art : l’expressionnisme ; écrit le: 19 octobre 2012 par La rédaction


L’expressionnisme, qui est une tendance de l’art, ne peut être réellement assimilé à un mouvement artistique. Il apparaît déjà dans les Enfers des retables du XVe siècle ou dans les visions d’un Jérôme Bosch, et il est pratiqué tout au long du XXe siècle par des groupes ou des artistes isolés; il se caractérise par une conscience désespérée de la précarité de l’existence et par le refus des injustices sociales. Les périodes de crise sont particulièrement favorables à son épanouissement.

La peinture n’est pas son seul champ d’expérimentation : la musique, avec Schönberg ou Alban Berg, la littérature et la poésie, puis le cinéma, avec pour point de départ, en 1919, le célèbre film Le Cabinet du docteur Caligari, possèdent aussi leurs répertoires expressionnistes. Bien que très proche de 1 art et de la culture germaniques, ce style n’en est pas moins européen, voire mondial.

Un premier mouvement expressionniste apparaît à la fin du XIXe siècle. Vincent Van Gogh peut être considéré comme l’un de ses précurseurs. Sa peinture en a le désespoir, la violence chromatique, la déformation des contours, caractéristiques que l’on retrouve chez le Norvégien Edvard Munch. Les sujets que celui-ci choisit et la manière dont il les traite nous confrontent à son univers personnel et à sa propre vision de la moralité : la sexualité, la religion et la mort sont ses thèmes préférés. Le Belge James Ensor use, pour sa part, d’un humour noir figuré par des squelettes vêtus d’oripeaux ou par des masques grotesques qui effraient plus qu’ils n’amusent, caricatures d’un monde dérisoire.

line seconde génération expressionniste est inaugurée par la naissance en Allemagne, à Dresde en 1905, du groupe Die Brücke (Le Pont), où se retrouvent les peintres Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel, Karl Schmidt- Rottluff, Emil Nolde, qui travaillent et vivent en commun.


Der Blaue Reiter (Le Cavalier bleu) est le titre d’une exposition imaginée en 1911 par Franz Marc et Wassily Kandinsky à Munich. Sur le catalogue d’exposition était inscrit : « Nous ne cherchons pas à propager une forme précise ou particulière ; notre but est de montrer, dans la variété des formes représentées, comment le désir intérieur des artistes se réalise de multiples façons. »

La Première Guerre mondiale, qui éclate en 1914, marque tous les artistes expressionnistes de façon décisive. Les conditions politiques, les troubles sociaux et l’état de crise de l’Allemagne vaincue sont tels que les peintres Georg Grosz, Otto Dix et Max Beckmann s’engagent clans la dénonciation de ces phénomènes. Leurs images violentes, insoutenables, accusent les horreurs de la guerre.A Vienne, (expressionnisme a également ses lettres de noblesse : Oskar Kokoschka en est l’un des plus importants représentants. Ses portraits torturés, aux lignes incisives,

semblent traduire les préoccupations de ses modèles, leurs complexes, leurs états d’âme, évoquant quelque peu la psychanalyse que vient d’inaugurer, toujours à Vienne, le docteur Sigmund Freud. Son compatriote Egon Schiele s’est principalement consacré au corps humain, exaltant la blancheur de chairs morbides grâce à des taches de couleurs fortes. Parmi les expressionnistes français, citons Georges Rouault , peintre de la misère, qui tout au long de son œuvre s’en tint à des sujets sociaux ou religieux, ou plus tard Francis Gruber, dont les nus décharnés, exécutés d’un trait soulignant l’ossature et caricaturant les formes, n évoquent que tristesse et lassitude. Chaïm Soutine, d’origine lituanienne, traduit sa propre angoisse à travers des formes disloquées d’un rouge incandescent, conférant à ses modèles une laideur presque grotesque ; il s’applique également à peindre des pièces de viande en putréfaction.

La production de Pablo Picasso est d’une infinie diversité ; l’inventeur du cubisme s’est, tout au long de sa vie, exercé à bien des styles forts dissemblables les uns des autres, mais s’est approché, à plusieurs reprises, d’un certain expressionnisme : le point culminant en est, sans nul doute, son Guernica, de 1937, immense toile à laquelle il a refusé toute couleur, mais dont les formes tourmentées traduisent avec acuité l’horreur du bombardement de la petite ville basque.


Au Mexique, l’expressionnisme est aussi très présent. Après la révolution, les fresques murales sont largement encouragées par les dirigeants. D’un style simple mais efficace, leur langage parle au peuple de son labeur et de ses combats. Diego Rivera, José Clemente Orozco, Rufino Tamayo s’engagent dans cette voie avec beaucoup de conviction, et de grandes qualités de coloristes. Au Brésil, Càndido Portin.ari crée, en 1944, un cycle biblique d’une extrême violence.

Aux États-Unis, dans les années cinquante, un mouvement composé principalement d’artistes abstraits prend le nom d’« expressionnisme abstrait ». Une traduction immédiate et viscérale de l’émotion nécessite-t-elle la figure? Jackson Pollock s’adonne au dripping (mot anglais pour « versage »), projetant la peinture liquide sur d’immenses toiles posées à même le sol, Willem De Kooning à une figuration proche de l’abstraction; Mark Rothko, Franz Kline, entre autres, participent à ce mouvement.

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