Les mouvement dans la peinture : Equipo cronica
Equipo Crónica est un groupe de peintres espagnols fondé à Valence en 1964 et actif jusqu’en 1981. Dans l’Espagne de Franco, il a développé une peinture figurative proche du pop art, qui détourne les chefs-d’œuvre de l’art espagnol et les images de la culture de masse pour porter un regard critique sur la politique et sur l’histoire de l’art.
Contexte et membres
Le groupe est fondé par trois jeunes peintres de Valence : Rafael Solbes (1940-1981), Manolo Valdés (né en 1942) et Juan Antonio Toledo, qui quitte le groupe peu après sa création. Solbes et Valdés poursuivent ensemble jusqu’à la mort de Solbes, en 1981, qui met fin à l’aventure. Manolo Valdés a ensuite mené une carrière personnelle de peintre et de sculpteur reconnue internationalement.
Le nom du groupe, « équipe chronique », traduit son projet : faire la chronique de la réalité espagnole de son temps. Le choix de travailler en équipe, en signant collectivement, est en lui-même une prise de position contre l’image de l’artiste génial et solitaire.
Une réponse à l’art informel
Dans l’Espagne des années 1950 et 1960, l’art informel, une peinture abstraite et gestuelle, domine la scène d’avant-garde. Equipo Crónica s’y oppose en revenant à la figuration. Ses membres reprennent les procédés du pop art américain et britannique, aplats de couleur, contours nets, images empruntées à la bande dessinée et à la publicité, mais leur donnent un sens politique. Sous une dictature qui exerce une censure, l’ironie et le détournement permettent de dire de manière indirecte ce qui ne peut pas être dit ouvertement.
Citer pour critiquer
La citation est au cœur de leur méthode. Equipo Crónica reprend des figures célèbres de la peinture espagnole, en particulier celles de Velázquez, de Goya et de Picasso, et les place dans des situations nouvelles. Les personnages des Ménines ou les motifs de Guernica côtoient ainsi des policiers, des hommes d’affaires ou des héros de bande dessinée. Ce mélange interroge à la fois la manière dont le régime utilisait le patrimoine artistique national et la transformation des chefs-d’œuvre en images de consommation.
Les séries
Le groupe travaille par séries cohérentes, où chaque tableau répond aux autres. Certaines séries revisitent l’histoire de l’art, d’autres évoquent la répression, la culture populaire ou le monde du cinéma. Cette organisation en séries renforce le caractère de chronique : chaque ensemble raconte un aspect de la société espagnole.
Héritage
Equipo Crónica est considéré comme l’un des groupes majeurs de la peinture espagnole de la seconde moitié du XXe siècle et comme une version critique et politique du pop art. Ses œuvres sont conservées dans des musées espagnols et ont fait l’objet de plusieurs expositions rétrospectives.




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