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L’autoportrait

Vous êtes ici : » » L’autoportrait ; écrit le: 29 mars 2012 par La rédaction

 L’autoportraitL’autoportrait

Le peintre a le pouvoir de concrétiser matériellement le regard narcissique qu’il porte sur lui-même en se choisissant comme modèle. Ce faisant, il affronte la dualité entre l’imaginaire et la réalité et fait naître sa propre image en miroir. L’artiste livre son visage ou le glisse à notre insu.

Un autoportrait, pourquoi, pour qui ?

Qui mieux que le peintre peut satisfaire le désir de léguer son image à la postérité ? Certains n’en ont laissé aucune. Par exemple, personne aujourd’hui ne connaît les traits de Vermeer : s’est-il représenté de dos dans l’Atelier ou, ainsi que l’a suggéré Malraux, sous les traits de l’ Astronome ?
L’artiste interroge du regard sa propre image et la met en scène. Il peut – fouiller » à loisir le visage et l’âme de son modèle, sans concessions, le caricaturer férocement, à l’instar de Toulouse-Lautrec, ou, comme Rembrandt, constater de multiples fois sur lui-même les effets des désillusions et du temps. Si Van Gogh est le témoin de sa folie mutilatrice, Picasso crie son angoisse de la mort dans un dernier autoportrait noir et blanc tragique et Bacon brouille le sien, bousculant le narcissisme attaché à l’autoportrait.
En revanche, l’autoportrait donne la possibilité au peintre de transmettre une image physique ou sociale avantageuse : Courbet offre son meilleur profil, Durer, richement vêtu, se présente en notable et Vélasquez semble témoigner d’une relative intimité avec la famille royale.
La mise en scène permet également au peintre de témoigner de ses idées religieuses ou politiques : Rembrandt, par l’artifice de la peinture, participe à une dépose de croix et Delacroix, combattant héroïque, marche aux côtés de la Liberté.



Les formes d’autoportrait:

L’intrusion de l’autoportrait dans l’œuvre peinte est fréquente, voire institutionnelle dans l’histoire de l’art. Pour Giotto, qui se glisse dans une fresque parmi les donateurs, c’est une forme de signature et une façon d’affirmer l’authenticité de l’œuvre.

La présence du peintre peut être discrète mais visible : celle de Van Eyck se devine dans le miroir des Arnolfini, Raphaël se glisse au milieu de personnalités, Véronèse dans un groupe de musiciens des Noces de Cana.

L’autoportrait peut être pratiquement invisible et secret : Michel-Ange se devine sur un linceul de la chapelle Sixtine et Mantegna dans un nuage et un décor végétal du palais ducal de Mantoue. Mais l’artiste qui se peint travaille en miroir en position de trois quarts ; cette attitude et le regard direct qu’il porte vers le spectateur trahissent sa présence.

À partir du XV siècle, le portrait est l’apanage des grands. En réalisant son autoportrait, le peintre revendique son statut d’artiste créateur et s’élève au rang des personnes influentes de la société (Léonard de Vinci). L’autoportrait devient lui aussi autonome, sans supprimer pour autant celui qui se glisse dans les peintures.

la preuve par neuf:

Paul Gauauin
William Turner
Francis Bacon
Maurice Quentin de La Tour
Salvador Dali
Raphaël
Léonard de Vinci
Eugène Delacroix
Marc Chagall

Vidéo : L’autoportrait

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : L’autoportrait

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