➔ ARTS ET DECORATION

Le réalisme flamand au xv siècle

> > Le réalisme flamand au xv siècle ; écrit le: 28 mars 2012 par La rédaction


Le réalisme flamand au xve siècle:

Alors que la Renaissance débute en Italie, la peinture flamande perfectionne une technique propice à rendre les effets de matière, éblouissant une clientèle sensible aux objets tangibles.

L’invention de la peinture à l’huile:

Afin de traduire avec plus de vérité les détails qui donnent une réalité aux sujets peints, Van Eyck (1390-1441) perfectionne la fabrication de la peinture à l’huile et ouvre la page de la tradition des peintres du Nord, spécialistes du rendu des matières. Cette technique offre une souplesse d’emploi et des procédés que ne permet pas la tempera en usage à l’époque (peinture siccative). En séchant lentement, la peinture à l’huile rend possibles les retouches, les glacis et les pointes de lumière qui confèrent à l’image peinte une matérialité presque tactile.

Le souci du détail vrai:

Grâce à la peinture à l’huile, les peintres flamands obtiennent l’illusion de la réalité en soignant minutieusement les détails (pelage des animaux, fourrures et modelé des personnages, etc.). La société de marchands et de grands bourgeois auxquels elle est destinée, moins sensible aux valeurs humanistes naissantes qu’aux biens terrestres, est d’emblée séduite par le reflet que lui renvoie comme un miroir la surface peinte. Cette virtuosité à faire naître bijoux, fleurs, tissus riches et soyeux deviendra la marque des villes du Nord : Anvers, Bruges, Gand, et de leurs peintres.
Ce souci du détail pousse les peintres à décrire les objets de la vie quotidienne (lustres, miroirs, bassines en cuivre) mais aussi la nature et ses paysages, considérés comme de vrais espaces ouverts en perspective sur le lointain, traité en dégradés de couleurs (perspective atmosphérique). La flore elle-même, objet d’une observation digne des naturalistes, n’échappe pas à cette redoutable acuité.

La naissance du portrait psychologique:

La clientèle fortunée des commerçants de la Hanse collectionne et orne ses appartements d’objets précieux et de portraits. Les artistes détaillent les visages avec la même exigence que pour les objets matériels et réalisent d’authentiques portraits. Ils se détachent des canons de beauté à la mode et tentent de traduire le caractère secret de leurs modèles. Sans concessions, le peintre capture le regard vague ou pénétrant et livre des visages ronds et purs ou alourdis par les années (Memling, v. 1433-1494).
La peinture religieuse ajoute à la psychologie des personnages, doublée d’une technique scrupuleuse du détail, une dimension de silence recueilli et digne typique de l’art sacré des artistes flamands du xv siècle. Rogier Van der Weyden (v. 1399-1464) dramatise sa mise en scène ; l’émotion et les sentiments retenus dessinent les visages, les lignes sinueuses des corps construisent une image tourmentée et sculpturale. Les madones de Memling, elles aussi toutes en retenue, offrent au contraire, en une composition triangulaire simple, le charme d’une peinture au dessin souple dans les attitudes, des visages sereins et paisibles.


les apports de la peinture à l’huile:

La technique de la peinture à l’huile était déjà connue, mais Van Eyck la perfectionne. Par un savant mélange de pigments, de craie et de médiums plus ou moins siccatifs, il joue à la fois sur le temps de séchage, la couleur et la réflexion de la lumière. Un médium de faible siccativité (séchage lent) permet de travailler plus longtemps la matière picturale ; au contraire, un pouvoir siccatif élevé facilite la superposition de fines couches colorées transparentes et la reprise de détails. Il obtient ainsi des effets lumineux et de texture sans précédent. La touche de lumière sur le métal du lustre, le poli du miroir, le pelage du chien, etc. éblouissent ses contemporains. Désormais, la peinture à l’huile est considérée comme la meilleure technique et adoptée par la majorité des peintres. Van Eyck, « l’inventeur » de la peinture à l’huile, innove : la finesse de son observation, l’équilibre des espaces et des proportions ouvrent la voie à la tradition flamande. Le rendu des tissus, des fourrures et des bijoux restera longtemps la marque des peintres du Nord.

Vidéo : Le réalisme flamand au xv siècle

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Le réalisme flamand au xv siècle

← Article précédent: La Renaissance italienne Article suivant: La Renaissance en Europe au XVI siècle


Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles