Les mouvement dans la peinture : Post-minimalisme

Le post-minimalisme désigne un ensemble de pratiques artistiques apparues à la fin des années 1960, surtout aux États-Unis, qui prolongent et contestent l’art minimal. Là où le minimalisme proposait des formes géométriques nettes, souvent fabriquées industriellement, les post-minimalistes privilégient des matériaux souples, instables ou périssables, et mettent en avant le processus, le geste et le temps. Malgré son classement fréquent parmi les « mouvements de la peinture », il concerne surtout la sculpture, l’installation et la performance.
L’origine du terme
Le mot est forgé par le critique américain Robert Pincus-Witten, dans la revue Artforum, en 1971, à propos de l’œuvre de la sculptrice Eva Hesse. Il ne désigne pas un groupe organisé, avec manifeste et membres, mais une sensibilité commune. Il recouvre plusieurs tendances voisines : le process art, qui montre la fabrication de l’œuvre, l’« anti-forme », titre d’un essai de Robert Morris publié en 1968, et certains aspects de l’art conceptuel, du land art et de l’art corporel.
Les caractéristiques
- Des matériaux inhabituels : feutre, latex, caoutchouc, fibre de verre, plomb, corde, graisse, terre, eau ;
- la gravité et le hasard : l’œuvre s’affaisse, pend, coule ou s’étale, et sa forme finale n’est pas entièrement maîtrisée ;
- le temps : certaines œuvres se transforment ou se dégradent ; les pièces en latex d’Eva Hesse ont jauni et se sont fragilisées, ce qui pose aux musées de difficiles problèmes de conservation ;
- le corps et l’espace : l’œuvre est souvent pensée pour un lieu précis et pour la circulation du spectateur.
Les principaux artistes
Eva Hesse (1936-1970) en est la figure centrale : ses assemblages de cordes, de latex et de fibre de verre opposent à la rigueur minimaliste des formes organiques et fragiles. Richard Serra (1938-2024) projette du plomb fondu contre l’angle d’un mur et du sol dans ses œuvres Splashing de la fin des années 1960, avant de se tourner vers les grandes plaques d’acier. Robert Morris découpe et suspend des pièces de feutre qui prennent leur forme sous leur propre poids. On associe aussi au post-minimalisme Bruce Nauman, Lynda Benglis, avec ses coulées de latex et de mousse, Keith Sonnier ou Richard Tuttle.
Hans Haacke, né en 1936, réalise avec le Cube de condensation (1963-1965) une œuvre en perpétuelle évolution : l’eau enfermée dans un cube de Plexiglas s’évapore et se condense sur les parois selon la température et la lumière de la salle.
Deux expositions fondatrices en 1969
L’année 1969 consacre ces recherches avec deux expositions : « Quand les attitudes deviennent formes », organisée par Harald Szeemann à la Kunsthalle de Berne, et « Anti-Illusion : Procedures/Materials », au Whitney Museum of American Art de New York. Le post-minimalisme a durablement marqué l’installation contemporaine et l’art in situ, en faisant du processus et de la durée des composantes de l’œuvre à part entière.




vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter