Les mouvements dans la peinture : École de Lyon
L’école de Lyon désigne un groupe de peintres lyonnais du XIXe siècle qui ont développé une peinture religieuse et philosophique, idéaliste et souvent mystique, en particulier autour des années 1830 à 1860. Héritière de l’enseignement d’Ingres et de l’admiration pour les maîtres italiens du XVe siècle, elle occupe une place singulière entre néoclassicisme et romantisme.
Contexte
Lyon connaît dans la première moitié du XIXe siècle un fort renouveau catholique, qui nourrit un art tourné vers le sacré et la méditation morale. Plusieurs peintres lyonnais séjournent à Rome, où ils rencontrent les nazaréens, artistes allemands qui voulaient retrouver la pureté de la peinture d’avant Raphaël. Le courant lyonnais partage aussi certaines aspirations avec le préraphaélisme anglais, apparu un peu plus tard. On l’a parfois qualifié de « quattrocentiste », en référence aux maîtres italiens du XVe siècle.
Caractéristiques
- Des sujets religieux, allégoriques ou philosophiques, chargés d’un message moral.
- Un dessin précis et harmonieux, dans la lignée d’Ingres, et un modelé doux.
- Des compositions équilibrées, parfois monumentales, pensées pour servir le propos sacré.
- Des visages purs aux expressions retenues, une lumière souvent claire et dorée.
- Un intérêt pour des techniques anciennes, comme les fonds d’or, et un fini minutieux qui donne à la surface un aspect presque émaillé.
Les principaux artistes
Victor Orsel (1795-1850), considéré comme un précurseur, a développé son mysticisme au contact des nazaréens à Rome. Louis Janmot (1814-1892) en est le représentant le plus connu : son cycle du Poème de l’âme, suite de tableaux accompagnée d’un long poème, raconte le parcours spirituel d’une âme. Paul Chenavard (1807-1895) a conçu de vastes compositions philosophiques sur l’histoire de l’humanité. Hippolyte Flandrin (1809-1864), élève d’Ingres né à Lyon, s’est illustré dans la peinture murale religieuse, notamment dans des églises parisiennes.
Baudelaire, dans son essai L’Art philosophique, a commenté ces peintres et le goût lyonnais pour une peinture chargée d’idées, qu’il regardait avec une certaine réserve.
Œuvres à connaître
- Le Bien et le Mal, de Victor Orsel, musée des Beaux-Arts de Lyon.
- Le Poème de l’âme, de Louis Janmot, musée des Beaux-Arts de Lyon.
- Divina Tragedia, de Paul Chenavard (1869), musée d’Orsay, à Paris.
Un autre sens de l’expression
On parle aussi d’école lyonnaise pour la peinture de fleurs pratiquée à Lyon au XIXe siècle, avec des artistes comme Antoine Berjon ou Simon Saint-Jean. Ce courant était étroitement lié à l’industrie de la soie, dont les dessinateurs devaient maîtriser la représentation des motifs floraux. Il ne faut pas le confondre avec le courant mystique décrit ci-dessus. Les deux traditions témoignent néanmoins de la vitalité artistique de Lyon au XIXe siècle, que le musée des Beaux-Arts de la ville permet aujourd’hui de découvrir.



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