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L’Art : les Peintures de la réalité

Vous êtes ici : » » L’Art : les Peintures de la réalité ; écrit le: 28 mars 2012 par La rédaction

L'Art : les Peintures de la réalité

Faire de l’art vivant

En 1848, la révolution secoue la France. Le roi Louis-Philippe est chassé et la II République est proclamée. Les préoccupations sociales n épargnent pas les artistes; ils s’intéressent à la situation des ouvriers et des paysans, et certains s’engagent clairement dans le camp des républicains.



Même s’ils ne cherchent pas forcément à faire passer leurs convictions politiques dans leurs œuvres, de nombreux peintres se sentent solidaires de la vie de leur époque. Ils choisissent plutôt les sujets de leurs tableaux dans la réalité qui les entoure que dans la Bible ou dans l’histoire des Grecs et des Romains.

L un d’eux, Gustave Courbet, considéré comme le chef de file de l’école réaliste, explique le; sens de ses recherches : «Etre à même de traduire les mœurs, les idées, l’aspect de mon époque, selon mon appréciation (…) en un mot, faire de l’art vivant, tel est mon but. » En 1855, déçu de voir plusieurs de ses œuvres écartées par le jury de la section artistique de la première Exposition universelle de Paris, il décide de montrer les tableaux refusés dans un bâtiment, proche de l’exposition, qu’il appelle « pavillon du Réalisme ». Peu de visiteurs répondent à son appel, mais l’événement fait du bruit et des critiques prennent parti pour Courbet, notamment Champfleury, qui publiera en 1857 le Manifeste du réalisme.

La réalité sociale

Le Vanneur, Le Semeur, Le Repas des moissonneurs, Des glaneuses, Les Planteurs de pommes de terre : les titres de ces tableaux de Jean-François Millet montrent l’intérêt qu’il porte au monde paysan. Il est vrai qu’il le connaît bien, étant lui-même d origine rurale, et que c’est à la campagne qu’il a choisi de vivre et de travailler. En 1849, il s’installe près de la forêt de Fontainebleau, dans le village de

Barbizon où. avant lui, s étaient regroupés des peintres de paysage. De nombreux artistes ont, comme Millet, évoqué l’image des paysans traditionnels à une époque où les campagnes commencent à se dépeupler au profit des villes, l’industrie naissante ayant besoin de main-d’œuvre.

Cette main-d’œuvre urbaine a également, pour une plus modeste part, inspiré les artistes, qu’il s’agisse des « petits métiers »

  •   La Blanchisseuse (vers 1863) d’H0N0RÉ Daumier – ou des travaux de l’industrie
  •   Un cheval descendu dans la mine (1866) de François Bonhomme. Les laissés-pour-compte du progrès ne sont pas oubliés : Ce qu’on appelle le vagabondage (1855), d’Alfred Steyens, représente une mendiante et ses deux enfants, dans le froid et la neige, emmenés en prison par des gendarmes.

Peindre des « choses réelles et existantes »

Après avoir peint des paysages ou des portraits, Gustave Courbet s ‘oriente vers des thèmes liés à la vie quotidienne et conseille à ses élèves de peindre des « choses réelles et existantes » (lettre datée de 1861). Au Salon de 1849, une scène de genre représentant des habitants de son village natal, Ornans, regroupés pour la veillée [Une après-dînée à Ornans), obtient une médaille d’or. L’année suivante, une composition, Un enterrement à Ornans, est loin de connaître le même succès.

Que reproche-t-on à Courbet ? De montrer des personnages sans aucun souci d idéalisation, « comme ils sont », dans leur costume, avec leur visage banal ou laid ? De ne pas donner plus d importance au prêtre ou aux notables qu’à la population, manifestant ainsi ses penchants pour la démocratie? L’utiliser un si grand format pour une scène de la vie quotidienne, alors qu’il est d’usage de le réserver aux peintures d’histoire ? De laisser apparentes les traces de son pinceau ou de sa brosse ? Les critiques se déchaînent : « Si la peinture démocratique consiste dans les tons les plus sales et les plus communs, modelant les formes les plus grossières et du choix le plus laid, je ne veux certes point nier que Monsieur Courbet soit un peintre démocratique… », Écrit l’un d’eux, Philippe de Chennevières.

Le peintre de la vie moderne

Le poète Charles Baudelaire écrivait en 1845, à la fin de son ouvrage consacré à la critique des œuvres présentées au Salon : « Celui-là sera le peintre, le vrai peintre, qui saura (…) nous faire voit1 et comprendre, avec de la couleur ou du dessin, combien nous sommes grands et poétiques dans nos cravates et nos bottines vernies. » Ce que veut dire Baudelaire, c’est que chaque époque a sa poésie et que l’artiste doit s’attacher à la découvrir et à la traduire. Edouard Manet est l’un des premiers peintres à essayer de représenter la vie « moderne ». Il montre la foule regroupée pour des spectacles en plein air (La Musique aux Tuileries), les bars (Un bar aux Folies- Bergère), l’actualité politique (L’Exécution de Maximilien).. L’Espagne alors à la mode (Lola de Valence). Pour peindre des nus féminins, il ne se sent pas obligé de trouver des prétextes mythologiques et de les entourer de petits anges : Olympia est une courtisane, le modèle en est connu. Manet s’explique : « Je rends aussi simplement que possible les choses que je vois. Ainsi. L’Olympia, quoi de plus naïf ? Il y a des duretés, me dit-011, elles y étaient. Je les ai vues. J’ai fait ce que j’ai vu. »

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