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Le vêtement : Les cellulosiques

Vous êtes ici : » » Le vêtement : Les cellulosiques ; écrit le: 19 mars 2012 par La rédaction

Le vêtement : Les cellulosiquesLes fibres artificielles sont d’origine végétale à base de cellu­lose. Elles étaient autrefois appelées soie artificielle, car elles imitaient cette fibre. Les cellulosiques sont divisées en deux groupes : les régénérées, faites à partir de substances natu­relles, et les transformées, créées par synthèse chimique.

Du rêve à la réalité

□   L’invention des fibres artificielles est issue d’un rêve : celui de réaliser des tissus ressemblant à la soie. Si les recherches débutèrent de manière intuitive au xvif siècle, il faudra attendre deux siècles pour voir la première fibre chimique. A cette période, les fibres appelées soie artificielle présentaient un certain nombre d’inconvénients, tant techniques que commerciaux.



□   De nombreux chercheurs travaillèrent pour en améliorer les qualités (Despeis- sis en 1890 et Johann Urban en 1897). Mais c’est la firme J.B. Bemberg qui apporta de nets progrès avec l’emploi du cuivre. La soie au cuivre sera détrônée en 1910 par les premières viscoses. Aujourd’hui, les fibres cellulosiques représentent plus de la moitié de la production des fibres en général.

Les régénérées

□   La viscose arrive sur la marché au début du xxe siècle, au moment où on recher­chait des tissus soyeux et bon marché. Dès 1920, la viscose sera produite par six pays, dont les États-Unis et le Japon. Chimiquement, les propriétés de la viscose sont celles du coton. Peu élastiques, les vêtements confectionnés en viscose se froissent plus vite que les cotonnades. Mais, dotées d’un fort pouvoir absorbant, ces fibres ne feutrent pas et ne boulochent pas. La viscose est un produit idéal pour la fabrication des couches-culottes, des doublures et des vêtements de soirée. En mélange avec des fibres synthétiques, elle assure l’élimination de l’électricité sta­tique. En bonneterie, la viscose donne des vêtements en maille très brillants.

□   Le cupro ou bemberg-cupro a été commercialisé en 1918. Il est obtenu par disso­lution de la cellulose dans une liqueur cupro-ammoniacale. Les tissus en cupro se caractérisent par un toucher soyeux. Leur principale utilisation reste la doublure (le bemberg).

□   Les fibres polynosiques sont les dernières-nées de la recherche. Elles ont des propriétés supérieures à celles des fibres naturelles. Elles sont infroissables et ont une excellente affinité tinctoriale. En habillement, elles peuvent être utilisées pour tous les vêtements au contact de la peau.

Les transformées

□   En 1904, la firme Bayer produit un fil sous le nom de « cellit ». Ce n’est qu’en 1920 qu’un fabricant lyonnais tisse la première pièce de tissu en acétate. L’acétate sert à fabriquer, outre les vêtements, les filtres à cigarettes.

□   Dans les années 50, on fabriqua des fibres triacétates mélangées à du chlorure de méthylène. Les tissus en triacétate ont la propriété de sécher plus rapidement et de ne pas se froisser. On peut les thermocoller, ce qui permet d’obtenir des plissés permanents.

La fabrication d’un fil cellulosique

■  Les étapes de fabrication d’un fil cellulosique (viscose)

On utilise soit de la pâte de bois réduite en feuilles semblables à du papier buvard très blanc, soit des linters de coton, duvets courts qui recouvrent les graines de coton. La pâte de bois la plus utilisée provient de toutes les essences, mais le pin et le sapin sont les variétés d’arbres les plus communes. Le bois, réduit en copeaux, est placé dans un bain chimique. Après deux ou trois heures d’immersion, seule la cellulose pure subsiste. La matière ainsi obtenue est lavée puis pressée. Les linters, eux, sont épurés et blanchis afin d’obtenir un coton blanc très pur. Les produits chi­miques employés sont différents selon le procédé mis en œuvre. En général, on retrouve la soude, le sulfate de carbure et le sulfite de soude. Quatre étapes sont alors nécessaires.

■   L’évolution des cellulosiques

À leurs débuts, les fibres cellulosiques étaient appelées fibranne ou rayonne. Mais, historiquement, elles sont ratta­chées dans la mémoire collective à la période de pénurie textile de la Seconde Guerre mondiale. En effet, ces fibres étaient obtenues à partir de pâte de bois de médiocre qualité. Dans les années 70, elles cessèrent de correspondre aux normes françaises de qualité et de plaire aux consommateurs, ce qui conduisit à la disparition, en 1976, des appellations « fibranne » et « rayonne » au profit de « viscose », terminologie garante d’une certaine qualité.

Ce changement de vocabulaire reflète en fait les progrès enregistrés quant à la fabrication des fibres cellulosiques et de la viscose. Toutes les grandes firmes de l’industrie chimique rivalisent de tech­nologie et d’imagination pour mettre sur le marché de nouveaux produits tou­jours plus nobles, toujours plus proches des fibres naturelles, retrouvant ainsi le vieux rêve des pionniers. Ainsi la firme Courtaulds a lancé une nouvelle fibre cellulosique : le Tencel. Son originalité réside dans sa fabrication ; les produits chimiques entrant dans sa composition ne sont pas toxiques. Fibre caméléon, le Tencel peut générer de multiples aspects, allant des tissus au toucher lisse à des tissus d’aspect granuleux.

Nature et culture

Dans la typologie des fibres, les chi­miques sont parfois classées parmi les fibres naturelles, comme le coton, le lin, le chanvre, le sisal et la ramie. Mais si toutes contiennent bien de la cellulose, les pre­mières ne sont qu’à base de cellulose alors que les secondes sont entièrement faites de cellulose d’origine végétale.

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