Les mouvements dans la peinture : Purisme
Le purisme est un mouvement de peinture né à Paris à la fin de 1918, fondé par Amédée Ozenfant et Charles-Édouard Jeanneret, le futur Le Corbusier. En réaction à ce qu’ils jugeaient être les dérives décoratives du cubisme, ses deux auteurs prônent un art clair, ordonné et rationnel, inspiré de la précision des machines. Bref, le mouvement a pourtant marqué durablement l’architecture et le design du XXe siècle.
Contexte : « Après le cubisme »
En 1918, Ozenfant et Jeanneret publient un manifeste au titre explicite, Après le cubisme, à l’occasion d’une exposition commune. Ils y reprochent au cubisme d’avoir fragmenté les objets jusqu’à l’arbitraire et réclament un retour à la rigueur. De 1920 à 1925, ils diffusent leurs idées dans la revue L’Esprit nouveau, qui traite aussi bien de peinture que d’architecture, d’industrie ou de littérature. Leurs textes théoriques sont réunis en 1925 dans l’ouvrage La Peinture moderne.
Caractéristiques du style
Le purisme s’inspire du cubisme synthétique, mais il en épure la leçon. Ses tableaux obéissent à quelques principes constants :
- des sujets tirés de la vie quotidienne, appelés « objets-types » : bouteilles, verres, carafes, pipes, guitares, assiettes ;
- des formes simples aux contours nets, qui s’emboîtent et se superposent dans une composition stable et frontale ;
- des couleurs posées en aplats, sans trace visible du pinceau, pour un effet de neutralité ;
- un goût pour les tracés réguliers et les proportions, hérité de l’admiration des deux peintres pour l’ingénierie.
Les contours d’un objet servent souvent aussi à un objet voisin, si bien que les formes se répondent comme les pièces d’une machine bien réglée.
Les artistes
Amédée Ozenfant (1886-1966)
Peintre et théoricien, il cherche à traduire les caractères permanents des objets, au point d’approcher parfois l’abstraction. Il se consacre ensuite largement à l’enseignement.
Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier (1887-1965)
Né en Suisse et naturalisé français, il signe ses toiles puristes de son vrai nom, réservant le pseudonyme de Le Corbusier à ses écrits sur l’architecture. Le Pavillon de l’Esprit nouveau, qu’il conçoit pour l’Exposition internationale des arts décoratifs de Paris en 1925, applique au logement les principes du mouvement.
Fernand Léger (1881-1955)
Sans être membre du mouvement, Léger en est très proche dans les années 1920 : il partage le goût des formes mécaniques, des objets vus en gros plan et des contrastes de couleurs franches.
Fin et héritage
Le purisme se défait vers 1925, lorsque Ozenfant et Jeanneret se séparent. Son influence dépasse pourtant la peinture : l’idéal de clarté, de standardisation et de fonctionnalité qu’il défendait nourrit l’architecture moderne de Le Corbusier et, plus largement, l’esthétique du mouvement moderne en architecture et en design.




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