Arts de la table : Bouteilles, carafes et pichets

> > Arts de la table : Bouteilles, carafes et pichets ; écrit le: 19 mars 2012 par La rédaction

Faut-il servir le vin en carafe ? On a tendance à laisser un très bon vin dans sa bouteille. Mais pour les vins de pays, pour les vins légers et frais, une carafe est idéale (d’où l’expression «vins de carafe »), avec ses rondeurs et ses belles formes qui sont un régal pour les yeux. Pour l’eau, une carafe convient parfaitement aussi mais pourquoi pas, pour changer, un pichet amusant ?

Les bouteilles anciennes

Le mot carafe vient de l’arabe gharaf qui désigne une bouteille. Jusqu’à la fin du XVIIIsiècle, les bouteilles destinées au service du vin (la mise en bouteilles viendra plus tard), sont fabriquées dans les régions vinicoles. Ces bouteilles sont en métal, en faïence ou en verre soufflé translucide ou, selon les régions, vert clair, vert foncé ou ambré ; elles sont de différentes formes : cylindriques, sphériques à long col bagué ou à anse, à parois lisses ou côtelées ; un fond rentrant permet le dépôt de la lie. Au XVIIIe siècle, certaines bouteilles représentent les unités de mesure et, destinées à un vin particulier, elles prennent des noms de terroir : ainsi le frontignan, la bordelaise ou la bouteille plate d’Armagnac héritée de la flasque de vin d’Espagne très apprécié jusqu’à cette époque. Certaines sont en verre noir, matière inventée en Angleterre un siècle plus tôt à partir de charbon.

Pendant les repas, aux XVIIe et XVIIIe siècles, on consomme du vin car l’eau est de mauvaise qualité ; celle-ci n’est utilisée que pour couper le vin, qui est servi très frais. Comme les verres, qui reposent dans les verrières, les bouteilles sont conservées pendant tout le repas dans des rafraîchissoirs posés sur un buffet ou par terre. Longtemps, les bouteilles sont soufflées à la canne, ce qui explique la diversité de leurs formes, leurs irrégularités et leurs défauts. Au xvme siècle, elles sont soufflées dans des moules en deux pièces décorés de côtes de melon, de nervures et de spirales. Le décanteur est inventé en 1780 en Angleterre.

Les carafes passent à table

C’est au XIXe siècle que la carafe trouve sa place sur la table, tout comme la série des verres individuels auxquels elle est toujours coordonnée. Chaque service comporte en général deux modèles de carafes : le plus grand est destiné à l’eau, le plus petit au vin. En référence au passé, certaines ont la forme d’une aiguière, d’une amphore, d’un casque. D’autres sont pansues, d’autres encore sont droites, avec ou sans anse, avec ou sans bouchon. En verre taillé, gravé, décoré d’or pour le vin rouge, en cristal doublé et taillé pour les vins du Rhin, opaques ou translucides, incolores ou teintées, les carafes sont le fruit de l’imagination sans bornes des cristalliers. Pour les inconditionnels du vin servi dans sa bouteille, les porte-bouteille métalliques ou les paniers à vin en fil d’argent tressé ou en vannerie existent depuis le XIXe siècle. Pour les autres, le décanteur, à manivelle ou non, et l’entonnoir sont des objets indispensables.

Variété des pichets

Les pichets sont de petites cruches à bec qui servent d’abord de mesures de capacité. Leurs parois épaisses conservent l’eau à bonne température. Elles sont en terre émaillée ou en étain dans les campagnes, en faïence à la ville. Chaque région a sa spécialité : grès azurés du Beauvaisis, grès bleus de Bourgogne, grès émaillés pour les pichets sphériques ou ovoïdes, à haut col, de Puisaye…

À la fin du xix’ siècle, les manufactures de faïence comme Sarreguemines, Saint- Clément, Clairefontaine, Salins, Saint- Amand, Hamage, Dévers, qui se sont lancées avec enthousiasme dans la barbotine, inventent des pichets aux thèmes souvent humoristiques qui prennent la forme d’humains ou d’animaux. Dans le Nord, Orchies fait preuve d’originalité en représentant des animaux inattendus comme la murène, le cygne ou l’âne. Mais les pichets les plus intéressants et les plus soigneusement exécutés proviennent peut-être de la manufacture d’Onnaing, près de Valenciennes. Sa production est très variée avec des animaux traités de manière amusante, des personnages célèbres de l’époque, des métiers – marin, cheminot, mineur, moine, etc. L’intérieur de ces carafes est en général recouvert d’émail rouge.

Une curiosité : les pichets « trompeurs » ou à secrets. L’anse creuse, reliée à un bourrelet creux disposé tout autour du col ajouré, permet, à condition de boucher avec le pouce un petit trou sous l’anse, d’aspirer le liquide directement du pichet dans la bouche. À la fin du XIX siècle, Malicorne a produit nombre de ces pichets.

Les seaux à frapper le champagne

En métal précieux, en faïence et en porcelaine, les rafraîchissoirs se transforment au XIXe siècle pour devenir seaux à frapper le champagne. La plupart sont en cristal taillé avec un bord cerclé de métal mais surtout, à partir de 1850, en métal argenté. Ils ont la forme d’un tonnelet cylindrique ou conique, reposent ou non sur un pied bas et sont pourvus d’oreilles, d’anses à anneaux ou de boutons. Le même type de seau, plus étroit et plus haut, sert pour les bouteilles de vin blanc du Rhin. Pour compléter les objets du champagne, on peut citer la pince à déboucher et le bouchon avec anneaux, mobiles ou non.

Vidéo : Arts de la table : Bouteilles, carafes et pichets

Vidéo démonstrative pour tout savoir sur : Arts de la table : Bouteilles, carafes et pichets

https://www.youtube.com/embed/8FFG8AGbNXs

← Article précédent: Arts de la table : Verre ou cristal ? Article suivant: Arts de la table : Gobelets, timbales et verres à eau


Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles de tout le site