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Arts de la table : Les verseuses

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Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, on utilise un seul modèle de verseuse indifféremment pour le thé, le café et le chocolat. La théière et la cafetière commencent à se différencier dans la seconde partie du règne de Louis XIV. La théière est, à l’origine, assez petite car elle sert seulement à verser l’eau sur les feuilles de thé mises dans la tasse. Elle est ovoïde ou piriforme et ventrue. Tout comme la cafetière, elle possède un long bec recourbé, une anse galbée et un couvercle bombé surmonté d’une graine.

Pièces de forme

À partir du moment où les consommateurs placent directement les feuilles de thé dans la théière, celle-ci s’agrandit et une petite passoire caractéristique est installée entre l’amorce du bec et le corps de la verseuse. La théière sphérique apparaît vers 1720. La plupart des théières anciennes sont originaires des villes qui entretiennent les relations les plus étroites avec l’Angleterre : Lille, Douai, Arras, Valenciennes, ainsi que Bordeaux et Paris.

Les premières cafetières, qui datent de la fin du XVIIe siècle, sont à fond plat, de type « marabout », selon la bouilloire orientale qui porte ce nom, et pourvues d’un bec situé très haut afin que les marcs puissent rester au fond du récipient. À la fin du xvme siècle, l’éventail des cafetières va de l’«égoïste», pour une seule tasse, à la familiale, un grand modèle pour dix à douze tasses, fabriqué essentiellement dans le Nord. De Louis XIV à Napoléon III, la forme de la cafetière change peu : silhouette en balustre reposant sur trois patins, manche saillant ou anse en S en ivoire ou en ébène tourné, déversoir en bec, plus rarement en col de cygne. Seuls varient quelques détails du décor : pans coupés, côtes droites ou torses, etc.

Quant à la chocolatière, elle a la même forme et les mêmes décors que la cafetière : assez haute, plutôt piriforme, souvent montée sur trois pieds. La seule différence est dans son couvercle percé qui laisse ressortir le manche du moussoir, moulinet en buis à tête cannelée que l’on fait tourner pour mélanger le lait et le chocolat et donner au breuvage une consistance mousseuse, à la manière des Indiens.

À la fin du XIXe siècle, le service du thé prend une grande importance. Il nécessite assiettes, couverts, verres et plats pour la consommation des gâteaux, des sucreries, des fruits et des sirops qui accompagnent le thé. Celui-ci est préparé sur un buffet où trône le samovar ou l’ancienne bouilloire française.

Il faut attendre 1925 et l’influence de Jean Puiforcat pour que les formes des cafetières et les théières se renouvellent complètement : plus simples, plus basses et dépourvues d’ornements, avec de belles anses en bois rares.

Les services

Le petit déjeuner se compose d’un plateau, d’une théière, d’une cafetière, d’un crémier, d’un sucrier et d’une seule tasse. Le cabaret, dont le nom vient de la petite table à plateau creux qui sert pour le service du thé et des liqueurs, désigne ensuite le service à thé et à café lui-même, entouré de plusieurs tasses assorties. Ces ensembles sont parfois complétés par un samovar ou un support à chauffer ainsi que par une «jatte à laver» qui sert à recueillir les feuilles de thé ou le marc de café.

Questions de styles

Les premières verseuses sont de style rocaille. Dans la seconde moitié du xviii’ siècle, elles reposent sur trois pieds et leurs flancs sont couverts de côtes torses ou plates. Durant la période néoclassique, elles prennent la forme d’une urne, d’un tambour ou d’un vase. Sous l’Empire et le Directoire, les verseuses, inspirées de l’antique, sont plutôt ovoïdes et reposent sur des jambes encore plus hautes. Leur bec ressemble à un col de cygne. À partir de 1830 s’effectue le retour aux styles Louis XV et Louis XVI, avec côtes et ciselures. L’Art nouveau la pare de motifs végétaux qui conviennent particulièrement aux rondeurs des théières. L’Art déco révolutionne les styles en adoptant des formes plus géométriques, plus sobres et dépourvues d’ornementation.

Les matières

Thé, café et chocolat étant principalement consommés par l’aristocratie, les premières verseuses sont vraisemblablement en argent, puis en porcelaine de Vincennes, de Sèvres, de Paris, de Limoges et en faïence. Au xix’ siècle, les cafetières en argent puis en métal argenté ont la préférence. Tous les grands orfèvres de l’époque en ont produit, tels Grattepin, Têtard, Durand, Veyrat, Odiot, Cardeilhac et Christofle, pour n’en citer que quelques-uns. Plus modestement, les services à thé et à café ont été produits en très grand nombre par tous les faïenciers et porcelainiers.

Les tisanières

La tisanière est le plus souvent un ensemble composé d’une verseuse, d’un cylindre ouvert en haut et latéralement et d’un godet avec mèche et huile permettant de maintenir la tisane au chaud tout en diffusant une faible lumière.

Il existe peu de tisanières du XVIIe siècle, car ce n’est qu’au XIXe siècle que l’on commence vraiment à consommer les tisanes par plaisir et non plus seulement comme remèdes. Sous l’Empire, les tisanières sont toutes simples, en porcelaine blanche, ornées parfois d’un liseré. Puis elles se parent de décors, de petits tableaux, de paysages. Sous Louis XVIII, elles sont ornées de reproductions d’œuvres célèbres et, sous Charles X, de scènes historiques, militaires, mythologiques ou bibliques.

Les tisanières en faïence d’Apt et de Lunéville, ainsi que celles en porcelaine de Paris et de Limoges comptent parmi les plus belles.[tab:VIDEOS]

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