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l’Art abstrait

> > l’Art abstrait ; écrit le: 26 mars 2012 par La rédaction


né au début du XX1‘ siècle, l’art abstrait s’oppose, par définition, à l’art figuratif qui régnait jusqu’alors. Les arts plastiques se devaient d’être représentatifs, d’imiter la nature. Il était inconcevable qu’un peintre ou un sculpteur s’aventure à créer une œuvre dont on ne puisse, au premier regard, reconnaître le sujet. Le problème pourtant ne s’était jamais posé en ces termes pour la musique, par exemple. Certains artistes méditèrent sur ce problème. Parmi eux, un précurseur, le peintre russe Wassily Kandinsky.

L’histoire veut qu’en observant par hasard l’une de ses œuvres, accrochée à l’envers, Kandinsky, s’aperçut que celle-ci, bien que tout à coup dénuée d’un sujet reconnaissable, n’en conservait pas moins une grande puissance expressive. Cette simple constatation était, il est important de le préciser, étayée par une longue réflexion qui aboutit, en 1912. Deux ans après la création de sa première aquarelle abstraite, à un ouvrage intitulé Du spirituel dans l’art, livre de base de l’art abstrait. La peinture s’était, il est vrai, libérée de multiples manières de la dictature du sujet : qu’il s’agisse de portraits, de natures mortes ou de paysages, les artistes occidentaux avaient imaginé toutes sortes de déformations, d’interprétations, de colorations fort éloignées de la réalité, privilégiant une théorie de l’image, de la lumière ou.

plus simplement, la propre vision de l’artiste et de son imaginaire. N’oublions pas que la photographie, depuis le siècle précédent, permettait d’obtenir des images parfaitement conformes à la réalité. Mais jamais encore l’abandon total du sujet n’avait été tenté. Cette fois, le pas était franchi, de nouveaux champs d’investigation s’offraient aux artistes. Dès lors, qu’elle soit froide, gestuelle, monochrome, géométrique, lyrique, non objective, minimale, etc., l’abstraction s’est livrée et se livre encore à quantité d’expériences créatives, prouvant en cela la richesse infinie de ses possibilités.

La naissance de l’art abstrait ne peut pas se résumer à la seule aquarelle de Kandinsky, ou à ses séries d « Improvisations » et de « Compositions ». D’autres artistes, en d autres lieux, pressentaient également l’apparition de cette nouvelle forme d’art : le Tchèque Franz Kupka expose lui aussi, dès 1912, des toiles abstraites dont les titres évoquent la musique (Fugue en muge et bleu…) : le Français Robert Delaunay, passionné de couleur, exécute des œuvres principalement fondées sur le jeu chromatique de cercles et de disques; en Italie, Alberto Magnelli réalise des peintures purement abstraites. Mais, en Russie et en Hollande, l’abstraction est poussée, de diverses manières, à son extrême limite.


En Russie, Mikhaïl Larionov et sa femme, Natalia Gontcharova, s’engagent dans la voie du rayonnisme, mouvement qui, bien que de courte durée, reste parmi les précurseurs de l’abstraction. Ils exposent, dès 1911, des œuvres axées sur un jeu de « rayons » (traits plus ou moins nets) de couleurs, parallèles ou non. Le constructiviste Alexandre Rodchenko géométrise ses œuvres, muni de règles et de compas et, en 1918, crée un tableau, Noir sur noir, en réponse au Carré blanc sur fond blanc de Kazimir Malevitch. Ce dernier, théoricien et inventeur du suprématisme, reste l’une des figures majeures de l’art abstrait. En 1915, à Petrograd, une exposition intitulée « 0.10 » présente sa fameuse toile datant de 1913, Carré noir sur fond blanc, accompagnée de trente-sept autres peintures abstraites uniquement faites de rectangles, cercles, triangles et croix, les éléments géométriques du suprématisme. L’année 1918 marque l’apogée de ce mouvement, puisque Malevitch expose au dixième Salon d Etat, à Moscou.

Carré blanc sur fond blanc. Vers 1913, le Hollandais Piet Mondrian va rapidement passer d un style inspiré du cubisme à une abstraction fondée sur un simple jeu de lignes horizontales et verticales, qui aboutira à son tour à une série d’œuvres faites, sur fonds blancs, de simples traits noirs d épaisseurs variables, se croisant à angle choit pour délimiter des carrés ou des rectangles, peints en aplats de couleurs primaires (rouge, bleu, jaune). Le néoplasticisme est né. Mondrian est bien vite rejoint par un autre artiste hollandais, Théo Van Doesburg ; ensemble ils créent la revue De Stijl («Le Style »), dans laquelle seront publiées leurs théories, qui influencèrent en particulier un grand nombre d’architectes.

Après une période d éclipse au cours des années vingt, alors que les théories surréalistes enflammaient les esprits, une première exposition internationale de l’art abstrait est organisée en 1930 à Paris, par la revue Cercle et carré, afin de rassembler, autour de Kandinsky, les acteurs de l’abstraction géométrique. Tandis que la guerre d’Espagne et la Seconde Guerre mondiale inspirent aux artistes un expressionnisme propre à traduire les atrocités dont ils sont témoins, l’après-guerre inaugure un véritable épanouissement de l’abstraction.

Les formes en sont très diverses et parfois contradictoires, allant d’une abstraction dite froide – parce que géométrique, et dénuée de toute sensibilité apparente -, pratiquée entre autres par Auguste Herbin, Jean Gorin, Victor Vasarely, à une abstraction reposant sur l’énergie, le geste ou le corps à corps avec le matériau, représentée, en France, par des artistes tels que Camille Bryen, Hans Hartung, Jean Fautrier, ou, aux Etats-Unis, par un artiste comme Jackson Pollock, chef de file des expressionnistes abstraits américains.


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